Connexion

 

Survol

Récemment, la sepsie (septicémie) a été redéfinie comme un « dysfonctionnement organique mortel causé par la réponse perturbée de l'hôte à l'infection » (Singer, 2016). Elle affecte les patients néonatals, pédiatriques et adultes dans le monde entier et est distincte d'une infection non compliquée en vertu de la réponse dérégulée de l'hôte à l'infection et du dysfonctionnement aigu des organes. La septicémie peut se présenter comme ou évoluer vers le choc septique, récemment redéfini comme « un sous-ensemble de la septicémie où des anomalies cellulaires, métaboliques et circulatoires particulièrement profondes sont associées à un plus grand risque de mortalité que la septicémie seule » (Singer, 2016).

Pour le dépistage du patient, le dysfonctionnement des organes peut être représenté par une augmentation du pointage « Sequential Organ Failure Assessment » (SOFA) (Vincent, 1996) de deux points ou plus, qui est associée à une mortalité à l'hôpital de plus de 10 pour cent. Les patients atteints de choc septique peuvent être identifiés par une exigence de vasopresseur pour maintenir une pression artérielle moyenne de 65 mm Hg ou plus ET un niveau de lactate sérique supérieur à 2 mmol/L en l'absence d'hypovolémie (par exemple, après une réanimation liquidienne adéquate). Cette combinaison est associée à des taux de mortalité à l'hôpital de plus de 40 pour cent (Singer, 2016).

Ces modifications récentes ont été effectuées afin de mieux intégrer les définitions, étant donné l'évolution des concepts liés à ce syndrome. En attendant des rapports futurs, les définitions et les critères de diagnostic pour la septicémie pédiatrique et néonatale doivent être considérés comme étant similaires aux définitions adultes, incluant les valeurs seuils spécifiques à l'âge (Goldstein 2005, Dellinger 2013). La septicémie maternelle est une septicémie survenant pendant la grossesse, l'accouchement et la période puerpérale. Elle comprend un scénario clinique compliqué en raison de la présence d'un autre patient (le fœtus) et des changements cardiorespiratoires, immunologiques et métaboliques significatifs causés par la grossesse.

Implications

La septicémie est un problème de santé croissant au Canada ainsi que dans le reste du monde (ICIS 2009, Adhikari 2010). Dans les pays occidentaux, l'incidence de l'infection chez les adultes et les enfants continue d'augmenter malgré un taux de mortalité qui a fortement diminué, mais qui à 20-30 % est encore inacceptable (Annane 2003; Dombrovskiy 2007; Angus 2001, 2013; Friedman 1998; Stevenson 2014; Lagu 2012; Kaukonen 2015).

Malgré les progrès réalisés sur le plan de la physiopathologie de la septicémie et de la formation des prestataires; une meilleure surveillance et le suivi et l'amorçage rapide de la thérapie, il y a encore beaucoup à améliorer puisque la septicémie demeure l'une des conditions constatées à l'arrivée aux urgences ou acquise à l'hôpital les plus mortelles (Donald 2015). Comme pour d'autres troubles urgents tels que le polytraumatisme, les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux, la vitesse et la pertinence du traitement administré dans les premières heures après l'émergence de la septicémie sont susceptibles d'affecter les résultats. Ces éléments suggèrent la possibilité d'améliorer les résultats de ces patients grâce à la reconnaissance et à la gestion ponctuelles de la septicémie (Liu 2014), ce qui n'arrive malheureusement pas souvent. En effet, dans deux études, le démarrage et l'achèvement ponctuels d'une gestion adéquate de la septicémie ne se produisaient respectivement que dans 40-58 % et 10-43 % des cas (Mikkelsen 2010, Ferrer 2008). Des observations similaires ont été relevées pour la septicémie pédiatrique et maternelle (Soins de santé plus sécuritaires maintenant! La septicémie, 2015).

La septicémie peut être évitée de deux façons :

  1. le traitement d'infections le plus tôt possible et de manière appropriée avant qu'elles ne deviennent une septicémie.
  2. identifier, atténuer ou prévenir les facteurs de risque liés soit au patient, soit à la suite de soins qui leur est livrée.

    Exemples de facteurs de risque :
  • l'âge (risque plus élevé chez les nourrissons et les personnes âgées que dans les autres groupes d'âge),
  • les maladies chroniques avec/sans dysfonctionnement grave d'un organe .
  • l'immunodéficience.
  • les agents immunosuppresseurs.
  • l'utilisation inappropriée d'antibiotiques.
  • la présence de dispositifs médicaux implantés (intravasculaire ou autre).
  • la prématurité.
  • l'infection est plus susceptible de se produire lorsque l'anatomie normale est altérée par un processus - bénin ou malin – lequel soit obstrue un passage normal (par exemple, la cholécystite calculeuse, la prostatite), soit pénètre et s'introduit dans un système précédemment stérile (par exemple, une rupture de la peau par un traumatisme, des conditions dermatologiques).
  • les patients incapables de communiquer leurs symptômes sont souvent traités à des étapes plus avancées de leur maladie, ces derniers atteints souvent de septicémie.

    Les facteurs de risque liés au développement de la septicémie maternelle comprennent également les facteurs affectant la grossesse même (l'accouchement à domicile dans des conditions insalubres, un faible statut socio-économique, des antécédents d'infection pelvienne ou d'infection streptococcique du groupe B, une mauvaise nutrition, le diabète, l'anémie, la primiparité, la rupture prolongée des membranes, un travail prolongé, une grossesse multiple, la manipulation/les procédures génitales liées à la grossesse (multiple (> 5)), les examens vaginaux durant le travail), le cerclage du col utérin, l'amniocentèse, les techniques de reproduction artificielle, les manœuvres obstétricales, l'accouchement par voie vaginale sans aide, la césarienne, la prééclampsie et l'hémorragie du post-partum.

    Les infections nosocomiales peuvent mener à une septicémie et à ses conséquences délétères (Riley 2012). Les infections nosocomiales sont la complication la plus commune affectant les patients hospitalisés aujourd'hui - actuellement de 5 à 10 pour cent des patients dans les hôpitaux de soins de courte durée acquièrent une ou plusieurs infections. Les infections du tractus urinaire associées à l'usage de sonde (ITUAUS), les infections liées aux cathéters intravasculaires centraux (CIC), les infections du site opératoire (ISO) et la pneumonie acquise sous ventilation (PAV) constituent la grande majorité de toutes les infections nosocomiales. Chaque année, environ 8 000 Canadiens meurent d'infections nosocomiales et 220 000 autres sont infectés (Zoutman 2003). Le non-respect des pratiques de prévention des infections nosocomiales fondées sur des données probantes augmente l'incidence de la septicémie nosocomiale.

Objectif

Diminuer la morbidité et la mortalité causées par la septicémie et prévenir la septicémie nosocomiale dans la population pédiatrique et adulte hospitalisée.