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Survol et Implications

Le choc est un état d'hypoperfusion des organes avec dysfonctionnement et mort cellulaires. Les mécanismes en cause peuvent être une hypovolémie, une diminution du débit cardiaque ou une vasodilatation, avec quelquefois dérivation de la circulation sanguine destinée à shunter les zones d'échange capillaires (Procter, 2020). Cet état clinique survient lorsqu'une inadéquation entre l'apport d'oxygène et la demande métabolique entraîne une hypoxie cellulaire. Si le choc passe inaperçu et n'est pas traité de façon appropriée, il évolue vers une défaillance d'organe (Broussard et Ural, 2018; Gaieski et Mikkelsen, 2018; Vincent et De Backer, 2013). Il s'agit de l'une des principales causes de décès chez les patients hospitalisés (Nichol et Ahmed, 2014).

Plusieurs types de choc peuvent survenir pendant ou après une intervention. Les mécanismes d'hypoperfusion viscérale et d'état de choc peuvent être dus à un volume circulant bas (choc hypovolémique), une vasodilatation (choc distributif), une diminution primaire du débit cardiaque (à la fois choc cardiogénique et obstructif) ou à une association de toutes ces options. Non traité, un état de choc est habituellement mortel. Même avec traitement, la mortalité du choc cardiogénique par infarctus du myocarde (IDM) (60 à 65 %) et du choc septique reste très élevée (30 à 40 %). Le pronostic dépend de la cause, d'une affection préexistante ou d'une complication, du délai pour établir le diagnostic et de la rapidité et de l'adéquation du traitement (Procter, 2020).

Le dysfonctionnement des organes chez les patients peut être représenté par une augmentation du score SOFA (Sequential Organ Failure Assessment ou Évaluation de l'insuffisance organique séquentielle) (Vincent et coll., 1996) de deux points ou plus, qui est associée à une mortalité hospitalière supérieure à 10 %. Les patients en état de choc septique peuvent être décelés par la nécessité d'un support vasopresseur pour maintenir une pression artérielle moyenne de 65 mm Hg ou plus ET un taux de lactate sérique supérieur à 2 mmol/L en l'absence d'hypovolémie (c.-à-d. après une restauration volémique adéquate). Cette combinaison est associée à des taux de mortalité hospitalière supérieurs à 40 % (Singer et coll., 2016).

Le tableau 1 ci-dessous a été créé par le Dr Denny Laporta de l'Hôpital général juif, rattaché à l'Université McGill de Montréal, Québec (Laporta, 2018). Il résume les différents types de chocs pouvant survenir durant la période périopératoire. Dans le cas du choc hypovolémique, la chute du débit cardiaque est causée par une réduction du volume sanguin circulant et, par conséquent, du retour veineux, une condition découlant d'une hémorragie ou d'une perte massive de fluides, anticipée ou non, durant la période périopératoire. 

Tableau 1: Exemples de chocs1 survenant pendant ou après une intervention

Période périopératoire Type de choc Causes
HypovolémiqueSaignement
  • Pertes liquidiennes (non sanguines) excessives
    •  Drainage
    •  3e espace
CardiogéniqueInfarctus du myocarde
  • Condition préexistante
    • Cardiomyopathie (hypertrophique dilatée)
    • Valvulopathie
ObstructifEmbolie pulmonaire
  • Pneumothorax sous tension
  • Tamponnade cardiaque

Distributif

 

Syndrome septique
  • Autres causes (non infectieuses) de réaction inflammatoire systémique (SRIS) :
    • Anaphylaxie
    • Réaction transfusionnelle
  • Autres réactions indésirables à un médicament :
  • Antihypertenseurs
    • Anesthésiques
  • Choc spinal (blocage neuraxial)
  • Insuffisance surrénalienne (usage prolongé de stéroïdes)
  • Divers
    • Brûlures
    • Insuffisance hépatique
    • Crise thyréotoxique

1Peuvent constituer des causes uniques ou concomitantes

Objectif

Réduire l'incidence des chocs liés à une intervention

Table des matières