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Survol et implications

Une infection post-intervention est associée à un acte médical ou à une intervention chirurgicale et découle d'une colonisation par une charge bactérienne supérieure à celle que le système immunitaire est en mesure de gérer. Ce genre d'infection peut accroître considérablement les coûts, la morbidité et même la mortalité.

Les infections du site opératoire sont généralement causées par le staphylocoque, le streptocoque et le pseudomonas. Toute intervention chirurgicale qui provoque une rupture de la peau ou d'une muqueuse peut entraîner une infection postopératoire. Les infections du site opératoire sont une cause fréquente de morbidité après une intervention chirurgicale. Il a aussi été démontré que les infections du site opératoire accroissent la mortalité, le taux de réadmission et le fardeau financier des patients, et prolongent l'hospitalisation. Aux États Unis, le taux d'infection du site opératoire se situe entre 2 % et 3 % en moyenne pour les interventions propres (catégorie I, Propre, selon la définition des CDC), et l'on estime que 40 % à 60 % de ces infections sont évitables. L'infection du site opératoire est l'infection associée aux soins de santé la plus courante chez les patients opérés, 77 % des décès de patients déclarés ont été liés à une infection (Cataife et coll., 2014).

Dans les pays occidentaux, de 2 % à 5 % des patients qui subissent une intervention chirurgicale propre et jusqu'à 20 % des patients opérés dans la région intra abdominale contractent une infection du site opératoire (Auerbach, 2011). Les patients opérés sont deux fois plus à risque de mourir, passent 60 % de temps de plus à l'unité de soins intensifs et sont cinq fois plus susceptibles d'être admis de nouveau à l'hôpital après leur congé initial (Kirkland et coll., 1999). Ces infections donnent lieu à 3,7 millions de jours d'hospitalisation supplémentaires et à des frais d'hospitalisation excédentaires de 1,6 à 3 milliards de dollars américains par an (Kirkland et coll., 1999; Martone et coll., 2001).

Les remplacements du genou et de la hanche sont deux des opérations les plus couramment effectuées aux États Unis, plus de 1,1 million de ces interventions combinées étant réalisées chaque année. On estime que 6 000 à 20 000 infections du site opératoire se déclarent chaque année aux États Unis après un remplacement du genou ou de la hanche et l'on s'attend à ce que ces chiffres augmentent (Hussaini, Martin, 2013).

L'endocardite infectieuse est une infection de l'endocarde qui touche particulièrement les valvules cardiaques; elle est principalement causée par des bactéries, mais elle est parfois due à d'autres agents infectieux. Elle peut être causée par plusieurs organismes distincts, dont beaucoup peuvent passer dans le sang au cours d'une opération (Centre for Clinical Practice au National Institute for Health and Clinical Excellence [NICE], 2008). L'endocardite infectieuse touche souvent les patients âgés, qui la contractent fréquemment à la suite d'une procédure liée aux soins de santé. Elle peut se manifester chez des patients sans valvulopathie antérieure connue ou dotés de valves prothétiques (Habib et coll., 2009).

L'endocardite est une affection rare, dont l'incidence annuelle est de moins de 10 cas sur 100 000 dans l'ensemble de la population. Malgré les progrès réalisés en matière de diagnostic et de traitement, elle demeure une maladie mettant en danger la vie du patient, présentant un taux élevé de mortalité (environ 20 %) et de morbidité (Centre for Clinical Practice au NICE, 2008).

Infections liées au cathéter central : Le cathéter veineux central est de plus en plus utilisé dans le milieu hospitalier et les services de consultations externes afin de fournir un accès veineux de longue durée. Il affecte l'intégrité de la peau et peut causer des infections bactériennes ou des mycoses. L'infection peut se répandre dans la circulation sanguine, provoquant des changements hémodynamiques et des défaillances au niveau des organes (septicémie grave) qui peuvent entraîner la mort. Environ 90 % des infections du sang liées au cathéter central se produisent en cas d'utilisation d'un cathéter veineux central. Les infections du sang peuvent aussi se produire en association avec un cathéter artériel (Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! 2012).

Dans 48 % des cas, les patients des unités de soins intensifs aux États Unis sont munis d'un cathéter veineux central, ce qui représente 15 millions de jours cathéter-veineux-central par an. Des études sur les infections du sang liées aux cathéters qui vérifient la gravité sous jacente de la maladie indiquent que la mortalité attribuable à ces infections varie entre 4 % et 20 %. On estime donc que 500 à 4 000 patients aux États Unis meurent chaque année des suites d'une infection du sang. Les infections du sang nosocomiales prolongent l'hospitalisation en moyenne de sept jours. On estime que le coût associé à une infection du sang se situe entre 3 700 $ US et 29 000 $ US. Il n'existe aucune donnée canadienne équivalente sur le fardeau financier associé à la maladie (Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! 2012). 

Objectif

Prévenir les infections post-intervention et les décès chez les patients hospitalisés en mettant en œuvre des soins liés aux interventions fiables basés sur des données probantes pour tous les patients qui subissent une intervention invasive.