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Un pneumothorax (ou affaissement pulmonaire) se produit lorsqu'il y a des fuites d'air dans l'espace entre les poumons et la paroi thoracique, créant une pression contre le poumon. Selon la quantité d'air qui s'est introduit dans l'espace pleural, le poumon peut être partiellement, ou sinon complètement, affaissé. Plus le pneumothorax est important, plus il entravera la respiration normale et plus il constituera une menace pour la vie. La survenue d'un pneumothorax pendant l'hospitalisation est susceptible de prolonger le séjour. Bien que faible, le risque de récidive demeure présent après avoir été traité pour un poumon affaissé à l'aide d'un drain thoracique. Les patients devraient éviter la plongée sous-marine et les voyages en avion pendant au moins 72 heures.

Récit de patients

Un cas de pneumothorax iatrogène

Mme I. Ava Numeau, âgée de 72 ans, s'est fait insérer un cathéter veineux central par voie sous-clavière en préparation pour une hémicholectomie droite. Elle est agitée et se plaint d'essoufflement et de douleur thoracique pleurétique. La prise de ses signes vitaux a révélé : 175/95 de tension artérielle, une fréquence cardiaque de 115, ses respirations à 28 et une SpO2 à l'air ambiant de 89 %. À l'examen, elle souffrait de détresse respiratoire légère à modérée. Au-dessus de la partie gauche du thorax, il y avait hyper résonance à la percussion et l'auscultation a révélé que l'entrée d'air était réduite.

Mme Numeau a été admise le jour précédent pour une résection d'un adénocarcinome du caecum qui lui a causé une perte de poids significative due à une obstruction intestinale symptomatique récurrente intermittente incomplète. Ses antécédents médicaux comprennent l'hypertension contrôlée par des médicaments et l'arthrite rhumatoïde pour laquelle elle prend des corticostéroïdes chroniques. Son examen de préadmission était sans particularités à l'exception des signes inter tégumentaires liés à l'utilisation de stéroïdes chroniques, un début d'atrophie musculaire et une distension abdominale modérée. Après des tentatives infructueuses pour obtenir un accès veineux périphérique et l'incapacité à insérer un cathéter veineux jugulaire interne en raison de la mobilité réduite de la colonne cervicale et de l'épaule, le médecin a inséré un cathéter veineux central par la veine sous-clavière gauche.

L'historique de Mme Numeau révèle plusieurs facteurs de risque de pneumothorax et l'évaluation au chevet suggère un pneumothorax iatrogène.

Cet événement aurait pu être évité par l'utilisation au chevet de l'insertion de la veine jugulaire interne guidée par échographie, qui n'aurait nécessité qu'un léger repositionnement du cou / de l'épaule. De plus, un positionnement Trendelenburg aurait augmenté la taille des grandes veines thoraciques, facilitant ainsi l'insertion veineuse centrale de la canule. Finalement, l'insertion d'un cathéter central par voie périphérique (CCIP) aurait pu être envisagée, en fonction du niveau de compétence du prestataire de soins.

L'infirmière de Mme Numeau lui a fourni 100 % d'oxygène tout en surveillant ses signes vitaux. Une radiographie portative a été faite, confirmant le diagnostic et l'équipe d'intervention rapide s'est préparée pour insérer un tube dans la poitrine avec un cathéter IV de calibre 14 au chevet si la patiente montrait des signes de pneumothorax sous tension. La patiente a reçu la sédation et l'analgésie procédurales appropriées. Quelques minutes suivant l'insertion d'un drain thoracique, ses signes vitaux s'étaient normalisés et sa douleur thoracique et la dyspnée se sont dissipées. Une seconde radiographie pulmonaire a confirmé le bon positionnement du tube et la résolution du pneumothorax.