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Vue d'ensemble et conséquences

Les données présentées dans l'Étude sur les effets indésirables au Canada indiquent que les effets indésirables classés sous la catégorie « autre », incluant les brûlures et les chutes, représentaient la sixième cause la plus importante d'un effet indésirable au Canada (Baker, Norton, et al, 2004).

Chutes

Une chute est définie comme : un événement imprévu qui amène une personne à se retrouver sur le sol ou à un niveau inférieur, et qui peut causer ou ne pas causer une blessure. Cela comprendrait une chute sans témoin où le client est capable/incapable d'expliquer les événements, mais où il existe des preuves démontrant que la chute a eu lieu.

Une blessure liée à une chute est définie comme : une blessure liée à une chute, qui peut nécessiter ou non un traitement. La blessure peut être temporaire ou permanente et être légère, modérée ou grave (Soins de santé plus sécuritaires maintenant! Trousse de départ sur la prévention des chutes, 2013).

Des chutes se produisent en raison d'une perte d'équilibre ou de l'incapacité de retrouver l'équilibre. De nombreux facteurs de risque (+ de > de 400) ont été identifiés comme déterminants sur le potentiel de chute des individus. Le modèle BBSE des facteurs de risque liés aux chutes identifie facteurs de risque biologiques (intrinsèques), comportementaux, sociaux et économiques ainsi que les facteurs de risque environnementaux (extrinsèques) (exemples : voir la trousse de départ Soins de santé plus sécuritaires maintenant! 2013, page 30). Plus une personne a des facteurs de risque, plus le risque de chute est élevé (Soins de santé plus sécuritaires maintenant! 2013; AIIAO, 2012).

Les chutes peuvent causer des blessures physiques considérables, y compris des fractures, des lésions aux tissus, des hématomes, des lacérations et des plaies de pression dues à l'immobilité résultante; ainsi que la détresse psychologique comme la peur de tomber et l'humiliation, entraînant possiblement la douleur chronique, une perte d'autonomie, une qualité de vie réduite et même la mort (Johal, 2009; Agence de la santé publique du Canada, 2014; Agrément Canada, ICIS, ICSP, 2014). Les lignes directrices de pratique clinique et les examens systématiques mettent en évidence l'importance d'identifier les facteurs de risque propres à l'individu et de fournir des stratégies multifactorielles pour répondre à ces facteurs de risque (AGS / BGS, 2012; Cameron et al, 2012; National Institute for Health and Care Excellence, 2013; Agence de la santé publique du Canada, 2014; Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, 2012; Soins de santé plus sécuritaires maintenant! 2013; Collège royal des médecins, 2015).

Les études sur les chutes à l'hôpital ont révélé que (Chari et al, 2013; Pulcins & Wan, 2004; Johal 2009; Maki et al, 2011; Deandrea et al, 2013...) :

  • Les femmes étaient presque deux fois plus susceptibles de subir des fractures en tombant.
  • Marcher augmente la probabilité d'une fracture liée à une chute comparée aux chutes à partir d'une position statique.
  • Les chutes signalées comme ayant lieu lors d'un changement de quart de soins infirmiers étaient associées à un risque accru de fracture.
  • Les patients non dépistés pour les risques de chute lors de l'admission ont une plus forte probabilité de chuter.
  • Le vieillissement est un facteur contributif majeur aux chutes.
  • Le contrôle affaibli de la marche et de l'équilibre est largement reconnu comme un facteur contributif majeur.
  • Des antécédents de chutes, l'utilisation des aides à la marche et les handicaps sont des prédicteurs importants de futures chutes.


Les études dans les établissements de soins de courte durée montrent que les taux de chute se situent entre 1,3 et 8,9 chutes pour 1 000 jours-patients, alors que des taux plus élevés ont été constatés dans les unités de soins gériatriques, de neurologie et de réadaptation (Oliver, 2010). La plupart des fractures de la hanche surviennent dans la communauté, mais près d'une personne âgée sur 1 000 admise à l'hôpital se fracture la hanche au cours de son séjour (Pulcins & Wan, 2004). Les répercussions à la fois médicales et financières à la suite d'une chute à l'hôpital sont immenses. Les patients souffrant de fractures de la hanche après une chute à l'hôpital sont plus fragiles, ont une fonction cognitive affaiblie et plusieurs comorbidités comparés à ceux qui subissent une fracture dans la communauté. Ces patients ont une mortalité accrue, atteignant presque 50 pour cent dans l'année suivant la chute (Johal, 2009).

Brûlures / ébouillantements

Des brûlures à la peau (ou à d'autres organes) sont une fonction de la température et de la durée. Même la chaleur modérée appliquée pendant une longue période de temps est capable de produire des brûlures. Il y a trois conditions clés qui prédisposent les patients à des brûlures, notamment l'insensibilité à la douleur / la température, l'absence de réaction ou l'incapacité à communiquer. En outre, la capacité réduite du système vasculaire à aider à dissiper la chaleur par la peau peut prédisposer un patient à une brûlure (Patient Safety Solutions, 2010).

Une recherche dans les systèmes de rapports/d'alertes sur la sécurité des patients a révélé que les causes potentielles de brûlures accidentelles comprennent :

  • Une serviette chaude préparée dans un sac en plastique venant en contact avec le corps du patient pendant un bain à l'éponge (Japan Council for Quality Health Care, 2010).
  • L'utilisation d'une bouteille d'eau chaude (Japan Council for Quality Health Care, 2010).
  • Incendie et utilisation de nettoyants pour les mains à base d'alcool (New South Wales Department of Health, 2007).
  • Une température d'eau du bain trop chaude (Japan Council for Quality Health Care, 2007).
  • La vaseline et les traitements à l'oxygène (European Union Network for Patient Safety, 2011).
  • Thérapie par chaleur telle que coussins chauffants ou compresses chaudes (Data snapshot, 2009).
  • La préparation des aliments et les déversements de liquides chauds (Data snapshot, 2009).
  • Les brûlures provoquées par l'extrémité d'une source de lumière lors de la chirurgie (Japan Council for Quality Health Care, 2012).
  • Risque d'incendie lié aux solutions de préparation de la peau dans les salles d'opération (National Health Service Commissioning Board, 2012).

Les incendies dans les salles d'opération sont des événements rares qui ne devraient jamais se produire, mais qui surviennent. Ils sont dangereux, non seulement pour le patient, mais pour les membres de l'équipe de la salle d'opération (Clarke & Bruley, 2012).

Un incident d'incendie chirurgical près d'un patient durant la chirurgie est un danger réel, qui peut être particulièrement dévastateur si des sources d'oxygène ouvertes sont présentes lors de la chirurgie de la tête, du visage, du cou et de la poitrine (ECRI, 2016).

Dans le triangle du feu - chaleur, combustible et oxygène - chaque élément doit être présent avant que la combustion ne puisse commencer.

Les salles d'urgence et les salles d'opération des hôpitaux contiennent les trois éléments principaux nécessaires aux incendies :  

  • Oxydants (produits d'anesthésie tels que l'oxygène et l'oxyde d'azote).
  • Éléments combustibles (draps chirurgicaux, tampons à l'alcool, etc.).
  • Source d'inflammation (lasers, appareils d'électrochirurgie comme un couteau de cautérisation, etc.).

Une foule de matériaux inflammables sont présents dans les salles d'opération, que ce soit l'éventail d'agents et de tissus de préparation à base d'alcool tels que des champs, serviettes, blouses, hottes et masques; ou une multitude de types de pansements, des onguents et de l'équipement et des fournitures utilisées pendant la chirurgie. Parmi les sources d'ignition dans les salles d'opération, on trouve des unités électrochirurgicales ou d'électrocoagulation; des câbles et sources lumineuses à fibre optique et des lasers. En outre, les unités électrochirurgicales, lasers et perceuses à grande vitesse peuvent produire des étincelles incandescentes qui peuvent quitter le tissu cible et enflammer certains combustibles, en particulier dans des atmosphères riches en oxygène. Le chirurgien et l'anesthésiste contrôlent ces éléments et ils sont formés en protection contre les incendies d'hôpital (Joint Commission, 2003).

La Pennsylvania Patient Safety Advisory a indiqué qu'en 2007, on estimait que 11,9 brûlures se produisaient pour 100 000 admissions en Pennsylvanie. Selon leur système de notification des incidents, il y avait 224 rapports de brûlures, dont deux tiers étaient de nature thermique. Plus de la moitié des brûlures signalées auraient été causées par des instruments ou dispositifs utilisés lors de procédures, dont des unités de cautérisation, des sources lumineuses (par exemple, l'oxymétrie de pouls), et les cordons de ces dispositifs. Neuf pour cent des brûlures rapportées étaient attribuées à des sources de chaleur thérapeutiques, comme des coussins chauffants ou des compresses chaudes; cinq pour cent ont été signalés en rapport avec des procédures d'imagerie par résonance magnétique. Près de 14 pour cent des brûlures rapportées étaient attribuées à la préparation ou la distribution alimentaire. Ces rapports comprennent les déversements de liquides chauds et la manutention des contenants chauds (Data snapshot, 2009).

Bien que le nombre exact (d'incendies chirurgicaux) ne soit pas disponible, des plus de 23 millions de chirurgies à l'hôpital et 27 millions de chirurgies ambulatoires effectuées chaque année, on estime - selon les données de la US Food and Drug Administration (FDA) et de l'ECRI, un OBNL indépendant de recherche sur les services de santé – qu'il y a environ 100 incendies chirurgicaux chaque année causant jusqu'à 20 blessures graves et un à deux décès de patients par an (Joint Commission, 2003). Une atmosphère enrichie en oxygène était citée comme facteur contributif dans 74 pour cent de tous les incendies d'hôpital. Près de 70 pour cent de tous les incendies chirurgicaux sont causés par des outils électrochirurgicaux qui utilisent un courant électrique à haute fréquence pour couper les tissus ou arrêter le saignement. Près de 20 pour cent des incendies d'hôpital sont déclenchés par des bavures, des défibrillateurs, des fils chauds ou des sources de lumière, tandis qu'environ 10 pour cent sont déclenchés par des lasers (Lawyers and Settlements, 2012).

Asphyxie

L'asphyxie est une hypoxie sévère menant à l'hypoxémie et l'hypercapnie, la perte de conscience, et, si non corrigée, la mort. Il y a beaucoup de circonstances qui peuvent induire l'asphyxie; quelques-unes des causes les plus fréquentes sont la noyade, un choc électrique, l'aspiration des vomissures, le blocage des voies respiratoires par un corps étranger, l'inhalation de gaz toxiques ou de fumée et l'empoisonnement (Mosby's Medical Dictionary, 2009). La recherche parmi les rapports/systèmes d'alerte sur la sécurité des patients a révélé que les causes potentielles de l'asphyxie iatrogène comprennent :

  • Les dispositifs de contention (Joint Commission, 1998; Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, 2012).
  • L'asphyxie positionnelle se produit lorsque la position du corps interfère avec la respiration et il s'est avéré que cela se produisait lorsque les individus étaient placés dans une position qui ne permettait pas une respiration adéquate. Le plus souvent, une position couchée ou restrictive ou de confinement, une simple flexion de la tête sur la poitrine, une obstruction partielle ou complète des voies respiratoires externes ou une compression du cou (Mohr et al, 2003).
  • Étranglement (Joint Commission, 1998, Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, 2012).
  • Ridelles de lit et piégeage au lit - asphyxie provoquée par l'une des situations suivantes : être piégé entre la ridelle de lit et le matelas; être piégé entre l'extrémité de la tête de lit et la ridelle de lit; la tête du patient devenant coincée dans la ridelle de lit; ou être étranglé entre les ridelles par une veste de contention (Joint Commission, 2002).
  • Ingestion accidentelle de poudre d'épaississement alimentaire/fluide (NHS, 2015).
  • Intubation traumatique (Pazannin et al., 2008).
  • Les facteurs qui peuvent contribuer à un risque accru de décès par contention et les causes souches de l'asphyxie liée à la contention ou liée à la ridelle de lit peuvent être consultés dans Alertes mondiales sur la sécurité des patients de l'ICSP (asphyxie liée aux soins de santé).

Une recherche documentaire n'a pas trouvé de données concernant l'incidence de l'asphyxie liée aux soins de santé; cependant, une alerte sentinelle JCAHO de 1998 qui a examiné 20 décès liés à la contention a révélé que 40 pour cent des décès ont été causés par l'asphyxie. La mesure dans laquelle les contentions peuvent être classées comme des interventions thérapeutiques est discutable: leur efficacité comme mesure thérapeutique n'a pas été démontrée de façon empirique dans les études sur les résultats (Mohr, 2003).

Bien que l'intervention physique soit considérée par la majorité des intervenants en sécurité des soins de santé comme méthode de dernier recours, parfois les employés d'hôpital n'ont pas d'autre alternative que d'utiliser cette approche sur quelqu'un qui devient un danger pour lui-même ou les autres. La sensibilité à l'asphyxie positionnelle liée aux dispositifs de contention et la façon d'éviter un positionnement qui pourrait limiter la respiration est d'une importance critique (Schubert, 2011). Lorsque l'utilisation de dispositifs de contention est inévitable, le dispositif de contention le moins restrictif doit être utilisé pour la plus courte période de temps possible pour éviter que le patient ne se blesse ou blesse d'autres personnes; l'utilisation de la contention doit être temporaire et on doit continuer à envisager d'autres alternatives (AIIAO, 2012).

Objectif

Prévenir les blessures aux patients hospitalisés, comme des fractures, luxations, brûlures, l'asphyxie, etc.