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Survol et implications

Selon le rapport intitulé Les événements qui ne devraient jamais arriver dans les soins hospitaliers au Canada, trois des quinze événements qui ne devraient jamais arriver sont associés à un trauma subi par le patient durant l'hospitalisation :

  • Décès ou préjudice grave dû au mouvement non contrôlé d'un objet ferromagnétique dans une salle d'IRM
  • Décès ou préjudice grave dû à des brûlures accidentelles
  • Décès ou préjudice grave dû au transport d'un patient à la santé fragile ou atteint de démence au cours duquel on n'a pas suivi les protocoles visant à assurer que le patient soit laissé dans un environnement sécuritaire

(Institut canadien pour la sécurité des patients 2015)

De plus, les données présentées dans l'Étude canadien sur les événements indésirables indiquent que les événements indésirables classés sous la catégorie « autre », incluant les brûlures et les chutes, représentaient la sixième cause la plus importante d'événement indésirable au Canada (Baker, Norton et al. 2004).


Chutes

Une chute se définit comme un changement de position soudain et non intentionnel causant une personne à atterrir à un niveau inférieur sur un objet, le plancher, le sol ou toute autre surface (par ex. paillasson). Les blessures subies en raison de ces glissades, culbutes et chutes peuvent entraîner de graves préjudices et des coûts importants. Les chutes peuvent être catégorisées de la façon suivante :

  • Prévisibles (les patients montrent des signes cliniques les rendant plus à risque à des chutes)
  • Non prévisibles (les chutes qu'on ne peut anticiper avant la première occurrence) et
  • Accidentelles (résultant d'une malchance)  

Les chutes prévisibles peuvent être prévenues à la faveur d'un dépistage des facteurs de risques de chute, de la communication et d'une évaluation rigoureuse, ainsi que de la mise en place de stratégies de prévention ciblées. (HIROC 2016)

De nombreux facteurs de risque ( > 400) ont été identifiés comme ayant une influence sur la probabilité qu'une personne chute. Le modèle BBSE des facteurs de risque liés aux chutes identifie les facteurs de risque biologiques (intrinsèques), comportementaux, sociaux et économiques ainsi que les facteurs de risque environnementaux (extrinsèques). Plus une personne a des facteurs de risque, plus le risque de chute est élevé (Soins de santéplus sécuritaires maintenant! 2013; AIIAO 2017).

Les chutes peuvent causer des blessures physiques considérables, y compris des fractures, des lésions aux tissus, des hématomes, des lacérations et des plaies de pression dues à l'immobilité résultante; ainsi que la détresse psychologique comme la peur de tomber et l'humiliation, entraînant possiblement la douleur chronique, une perte d'autonomie, une qualité de vie réduite et même la mort (Johal 2009; Agence de la santé publique du Canada 2014; l'Organisation de normes en santé, ICIS, ICSP, 2014).

Les études dans les établissements de soins aigus montrent que les taux de chute se situent entre 1,3 et 8,9 chutes pour 1 000 jours-patients, alors que des taux plus élevés ont été constatés dans les unités de soins gériatriques, de neurologie et de réadaptation (Oliver 2010). Les études démontrent que près d'un tiers des chutes peuvent être évitées (Ganz et coll. 2013/2018).

Brûlures / ébouillantements

Des brûlures à la peau (ou à d'autres organes) sont en fonction de la température et de la durée. Même la chaleur modérée appliquée pendant une longue période de temps est capable de produire des brûlures. Il y a trois conditions clés qui prédisposent les patients à des brûlures, notamment l'insensibilité à la douleur / la température, l'absence de réaction ou l'incapacité à communiquer. De plus, la capacité réduite du système vasculaire à aider à dissiper la chaleur par la peau peut prédisposer un patient à une brûlure (Patient Safety Solutions 2010).

Les salles d'urgence et les salles d'opération contiennent les trois principaux ingrédients pour provoquer un incendie :

  • Un comburant (produits d'anesthésie tels que l'oxygène et l'oxyde d'azote)
  • Un combustible (draps chirurgicaux, tampons imbibés d'alcool, etc.)
  • Une source d'ignition (lasers, instruments électrochirurgicaux tels qu'un bistouri diathermique, etc.)

Un feu qui se déclare à proximité du patient durant une chirurgie constitue un réel danger et est particulièrement dévastateur s'il y a des sources d'oxygène ouvertes lors d'une intervention à la tête, au visage, au cou ou au tronc supérieur. (ECRI 2016)

Une recherche dans les systèmes de rapports/d'alertes sur la sécurité des patients a révélé que les causes potentielles de brûlures accidentelles comprennent :

  • Une serviette chaude préparée dans un sac en plastique venant en contact avec le corps du patient pendant un bain à l'éponge (Japan Council for Quality Health Care 2010).
  • L'utilisation d'une bouillotte d'eau chaude (Japan Council for Quality Health Care 2010).
  • Incendie et utilisation de nettoyants pour les mains à base d'alcool (New South Wales Department of Health 2007).
  • Une température d'eau de bain trop chaude (Japan Council for Quality Health Care, 2007).
  • La vaseline et les traitements à l'oxygène (European Union Network for Patient Safety 2011).
  • Thérapie par la chaleur telle que des coussins chauffants ou des compresses chaudes (Data snapshot 2009).
  • La préparation des aliments et les déversements de liquides chauds (Data snapshot 2009).
  • Les brûlures provoquées par l'extrémité d'une source de lumière lors d'une chirurgie (Japan Council for Quality Health Care 2012).
  • Risque d'incendie lié aux solutions de préparation pour la peau dans les salles d'opération (National Health Service Commissioning Board 2012).

Asphyxie

L'asphyxie est une hypoxie sévère menant à l'hypoxémie et l'hypercapnie, la perte de conscience, et, si non corrigée, la mort. Il existe de nombreuses circonstances qui peuvent induire l'asphyxie; quelques-unes des causes les plus fréquentes sont la noyade, un choc électrique, l'aspiration des vomissures, le blocage des voies respiratoires par un corps étranger, l'inhalation de gaz toxiques ou de fumée et l'empoisonnement (Mosby's Medical Dictionary, 2009). La recherche parmi les rapports/systèmes d'alerte sur la sécurité des patients a révélé que les causes potentielles de l'asphyxie iatrogène comprennent :

  • Les contentions (Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, 2017).
  • L'asphyxie positionnelle. Cela se produit lorsque la position du corps entrave l'échange normal de gaz, produisant, par exemple, une obstruction des voies respiratoires supérieures ou une limitation de l'expansion de la cage thoracique (Segen's Medical Dictionary 2012).
  • Étranglement (Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, 2012).
  • Emprisonnement dans les ridelles- lorsque pris, coincé ou piégé entre le matelas/lit et la ridelle, entre les barres de la ridelle, entre la commode et la ridelle, entre le plancher et la ridelle ou entre la tête de lit et la ridelle (U.S. Food and Drug Administration 2018).
  • Ingestion accidentelle de poudre d'épaississement alimentaire/liquide (NHS, 2015).
  • Intubation traumatique (Pazannin et al., 2008).

Objectif

Prévenir les blessures aux patients hospitalisés, comme des fractures, luxations, brûlures et l'asphyxie, etc.

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