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Au Canada, il y a près de 390 000 naissances par an (Statistique Canada, 2017). Bien que de nombreuses naissances puissent sembler « normales » et sans incident, les données dépeignent un autre tableau. Selon les données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), sur les 21 pays recensés en 2015, le Canada avait le taux le plus élevé de traumatismes obstétricaux déclarés pour les accouchements vaginaux avec et sans instruments (16,9 % et 3,1 %, respectivement) (OCDE, 2015).

Le traumatisme obstétrical est l'un des événements indésirables les plus courants au Canada. Les traumatismes obstétricaux, y compris les traumatismes du troisième degré et les déchirures plus importantes, peuvent entraîner des séjours prolongés pour les mères, ainsi que des complications chroniques comme l'incontinence anale, la dyspareunie, la douleur périnéale et autres dysfonctions du plancher pelvien (Institut canadien d'information sur la santé, 2018). Les répercussions psychologiques et physiques immédiates et à long terme de ces complications sur la mère et la famille sont difficiles à mesurer. Bon nombre des événements indésirables qui surviennent sont le résultat de défaillances du système plutôt que de défaillances individuelles. On sait maintenant qu'en créant un système de soins plus fiable, nous serons en mesure de prévenir, d'atténuer et de cerner les possibilités de prévenir les préjudices (IHI, 2012).

Récit d'une patiente

Exemple de survie à une rupture utérine (Allen, 2014)

Bonjour, je m'appelle Jessica Allen… J'ai trois enfants : deux garçons, qui sont nés par césarienne, et ma fille, pour qui j'ai essayé, sans succès, un AVAC (accouchement vaginal après césarienne). C'est d'elle qu'il s'agit dans cette histoire. En fait, d'elle et moi, je suppose. J'ai décidé d'essayer un AVAC quand j'ai découvert que j'étais enceinte d'elle, parce qu'il y avait en moi un grand désir de vivre un accouchement « normal ». J'ai cherché partout un médecin qui me laisserait tenter un AVA2C (accouchement vaginal après deux césariennes) et j'ai même considéré une naissance à domicile, parce que je voulais désespérément avoir mon bébé comme je le désirais…

… J'y suis presque arrivé. J'étais probablement à une heure ou deux de tenir ma petite fille dans mes bras. J'ai poussé et sa tête est apparue! Puis c'est devenu terrifiant. J'ai commencé à avoir les douleurs les plus intenses et les plus aiguës que l'on puisse imaginer dans tout mon ventre. Je pleurais et je leur disais que quelque chose n'allait pas parce que je ne devais pas ressentir de telles douleurs avec mon épidurale! Puis mon médecin a vu du sang dans mon cathéter et a dit à tout le monde que je devais aller au bloc tout de suite. Mon utérus s'était rompu.

Nous savions qu'il y avait un risque de rupture utérine... Cette idée m'avait traversé l'esprit lorsque j'avais discuté avec mon médecin des risques d'essayer un AVAC, mais elle était partie aussi vite qu'elle était venue… Je n'aurais jamais pensé vivre un tel accouchement.