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Les programmes de soutien entre pairs, où les professionnels de la santé peuvent discuter de leur expérience liée à un ISP dans un environnement sans crainte de jugement avec des collègues susceptibles de comprendre ce qu’ils éprouvent, sont maintenant considérés comme des moyens potentiellement utiles d’aider ces professionnels à composer avec l’ISP. On assiste à l’émergence de plusieurs programmes de soutien aux États-Unis et les établissements canadiens commencent à reconnaître que ces programmes, en combinaison avec d’autres types de soutien comme les programmes d’aide aux employés et les équipes de crise en traumatologie, offrent un service approprié et utile à leur personnel. Il est également bien reconnu que de tels programmes peuvent améliorer la sécurité des patients puisque les professionnels de la santé seront dans un état émotionnel plus sain pour continuer à soigner leurs patients en toute sécurité et participer plus efficacement aux analyses et aux divulgations liées aux ISP.

L’ambiguïté entourant le type de protection juridique disponible afin de prévenir la divulgation de ces communications dans le cadre de procédures judiciaires comme des poursuites pour faute professionnelle ou des audiences disciplinaires professionnelles ou d’ordres professionnels constitue l’un des premiers défis auxquels de nombreux établissements doivent faire face lorsqu’ils explorent la faisabilité d’un tel programme de soutien. En publiant ces lignes directrices, l’Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP) entend clarifier le privilège juridique et les éléments de la confidentialité professionnelle concernant la mise en oeuvre de programmes de soutien entre pairs
pour les professionnels de la santé qui sont touchés émotionnellement par un ISP. Nous espérons que ce travail aidera les établissements de soins de santé à créer des programmes de soutien psychologiquement sécuritaires, qu’il aidera les professionnels de la santé ayant besoin de soutien à comprendre ce qui est protégé et ce qui ne l’est pas, qu’il permettra aux patients de mieux comprendre l’expérience des professionnels de la santé, et enfin, qu’il encouragera les décideurs politiques à tenir compte de ce qui doit changer – notamment, une meilleure protection pour ces communications – pour veiller à ce que les professionnels de la santé aient accès au soutien dont ils ont besoin après un ISP.