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1/9/2020 2:00 AM

Dr. Doug Cochrane - photoLe #SuperSHIFTER Doug Cochrane, MD, est président du conseil d'administration d'Interior Health en Colombie-Britannique. Il a été président du conseil d'administration du British Columbia Patient Safety and Quality Council depuis sa création en 2008 jusqu'en octobre 2019. Il a également été responsable provincial de la sécurité des patients et de la qualité des soins pour la Colombie-Britannique, et est un ancien membre et président du conseil d'administration de l'Institut canadien pour la sécurité des patients. Neurochirurgien pédiatrique de formation, le Dr Cochrane a obtenu son diplôme en médecine à l'Université de Toronto et a achevé ses études postdoctorales en neurochirurgie pédiatrique à l'Hôpital pour enfants malades de l'Université de Toronto.

De quelle réalisation professionnelle êtes-vous le plus fier?

Il y en a deux. La première est d'avoir acquis les compétences, la capacité et la possibilité d'aider beaucoup d'enfants qui avaient des maladies neurochirurgicales traitables efficacement par chirurgie. C'était une question de prise de décisions et de compétences techniques, mais surtout de soutenir les familles et leurs enfants. La deuxième est l'établissement du BC Patient Safety and Quality Council (BCPSQC). L'organisme a vu le jour parce qu'un groupe de prestataires de soins et d'administrateurs croyaient que nous avions, en tant que professionnels de la santé, une obligation d'améliorer les soins pour les patients, les clients et les pairs, et que nous avions les connaissances et les outils pour le faire. La création d'un organisme appuyant cet idéal a donné un objectif à notre système de santé d'être axé sur la « poursuite incessante de la qualité », en vue de fournir les meilleurs soins possible.

Parlez-nous de votre travail au BC Patient Safety and Quality Council.

Le BCPSQC est un moteur de changement. Il s'agit d'un organisme actif, dynamique et à mon point de vue (non impartial) très influent qui fait appel à des collègues partenaires à l'échelle mondiale : de partout au Canada ainsi que des États-Unis, de la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et ailleurs, pour orienter la façon dont notre système de soins de santé peut être amélioré. Le Conseil soutient la compréhension des questions et fournit aux partenaires le soutien, les meilleurs cadres et outils pour parvenir à l'amélioration. Le Conseil est uniquement axé sur l'amélioration des soins aux patients et agit avec des partenaires pour améliorer les soins de santé. C'est un organisme qui fournit également des conseils d'experts et des examens confidentiels aux organismes gouvernementaux, aux collèges et aux autorités sanitaires au besoin.

Est-ce que vous travaillez sur quelque chose qui vous passionne personnellement en ce moment?

Ma plus grande passion en ce moment est d'essayer de comprendre la vision et l'expérience de vie des peuples autochtones de l'intérieur de la Colombie-Britannique. L'intérieur de la Colombie-Britannique compte plus d'autochtones que toute autre autorité sanitaire en Colombie-Britannique. L'intérieur compte aussi bien des populations extraordinairement pauvres qu'extrêmement riches au sein de nos Premières nations. Ma compréhension de la perspective autochtone sur la santé fut une révélation pour moi. Elle m'a permis d'élargir ma perspective à l'égard de la santé au-delà des soins de santé et définitivement au-delà du domaine étroit de la neurochirurgie. Je profiterai de cette occasion d'apprentissage tout au long de ma vie.

Qu'est-ce qui a inspiré votre travail dans le domaine de la sécurité des patients?

Lorsque je présidais le BCPSQC, je jouais plusieurs rôles administratifs de première ligne. J'ai été chef de chirurgie à l'Hôpital pour enfants de Vancouver et j'ai évolué grâce à cet organisme et à ses nombreuses restructurations qui ont forgé la structure actuelle des autorités sanitaires de la Colombie-Britannique. J'ai prodigué des soins neurochirurgicaux et j'étais administrateur principal appuyant les soins prodigués par d'autres personnes. En tant que vice-président médical et vice-président de la sécurité et de la qualité de l'administration provinciale des services de santé, j'ai eu l'occasion unique d'observer la prestation des soins et d'en être la personne responsable dans le système de soins de santé diversifié à l'échelle de la province, système que j'ai aidé à améliorer avec la collaboration de collègues.

Il y eut un événement suite auquel la Colombie-Britannique et la direction de l'Hôpital pour enfants ont pris les devants au pays en matière d'ouverture, de transparence, de respect des patients et d'enseignements à partir d'événements indésirables. Cette mort tragique d'un enfant s'est produite à la suite d'une erreur dans l'administration de la chimiothérapie. À l'époque, Lynda Cranston (directrice générale du Children's and Women's Health Centre), DavidMatheson (vice-président médical) et Pat Evans (responsable des communications) avaient joué un rôle déterminant en m'expliquant quelles étaient mes responsabilités en tant que gestionnaire de la prestation des soins : mener une enquête complète et respectueuse; assurer une communication ouverte et continue avec la famille du patient et divulguer l'événement publiquement afin que d'autres puissent apprendre de cette expérience. J'ai appris que la pierre angulaire de la responsabilité de l'établissement devait être la communication respectueuse, ouverte et transparente avec la famille, un engagement envers l'apprentissage des autres prestataires de soins et l'utilisation de notre expérience pour inciter des changements du système qui empêcheraient que des événements similaires se produisent à l'avenir.

Quelle leçon importante avez-vous apprise à propos de la sécurité des patients?

Il y a toujours moyen de faire des améliorations. Si nous avons la bonne perspective et l'engagement requis, et si nous comprenons le contexte et la nature des soins que nous fournissons, l'amélioration des soins est possible.  La perfection n'existe pas, que ce soit dans le secteur de la santé ou ailleurs, mais si on s'engage à améliorer les soins, on arrive toujours à réaliser des progrès.

Quel est le meilleur conseil de carrière qu'on vous ait donné?

Ce que j'ai appris et qui m'a le plus aidé dans ma carrière, faisant appel aussi bien à mes aptitudes de chirurgien que de communicateur, est venu des familles. Les familles savent ce qui leur importe alors que ma perspective de chirurgien est axée sur la maladie ou la technologie. Même si je pouvais apporter mes compétences chirurgicales, je devais aussi apporter du réalisme, d'une manière appropriée et sensible, à mes discussions avec les familles et à mes recommandations. Ce qui compte pour les patients et les familles, c'est la question la plus importance. Si on choisit de ne pas leur poser la question, on a seulement notre propre perspective - trop souvent peu pertinente pour ceux à qui reçoivent nos soins. Cette philosophie respecte l'autonomie du patient, soutenue par un réalisme respectueux et honnête. Elle définit pour les soignants ce qui est important pour leurs patients.

Pour en savoir davantage, envoyez un courriel au Dr Doug Cochrane à dcochrane@bcpsqc.ca