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6/13/2019 6:00 PM

Un projet d'amélioration de la qualité de la mesure et de la surveillance de la sécurité

Au printemps dernier, l'Institut canadien pour la sécurité des patients lançait un projet d'amélioration de la qualité (PAQ) axé sur la mesure et la surveillance de la sécurité. Le PAQ est fondé sur le succès du projet de démonstration du Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité 2017-2018 mené par le Dr Ross Baker à l'Université de Toronto. Au cours des 18 prochains mois, 11 équipes participantes recevront de l'appui alors qu'elles repensent la façon dont elles envisagent la sécurité des patients et favorisent une nouvelle approche de la sécurité au sein de leur organisme. 

« Le cadre de mesure et de surveillance de la sécurité vient dénoncer les idées reçues en matière de sécurité des patients, affirme Virginia Flintoft, chargée de projet principale à l'Institut canadien pour la sécurité des patients. Le cadre aide à transformer notre façon de penser. Plutôt que de se concentrer sur ce qui s'est produit dans le passé, il s'agit de changer de point de vue et de langage. Nous devons passer d'une culture axée sur l'absence de préjudices à une culture axée sur la présence de sécurité. »

« Le cadre a pour but de transformer la nature de la conversation vers une approche plus réfléchie et davantage axée sur l'avenir, explique Wayne Miller, chargé de projet principal et chef du PAQ. Nous devons délaisser l'approche centrée sur l'assurance et privilégier une approche centrée sur l'enquête. Plutôt que de mettre l'accent sur les cas de préjudice du passé, nous devons nous concentrer sur notre rendement actuel, sur les risques éventuels et sur la résilience organisationnelle. »

Le Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité comporte cinq dimensions conçues pour vous inciter à répondre à des questions clés visant à traiter tout problème lié à la sécurité sur le plan conceptuel. Ces questions ont pour but de privilégier une démarche d'enquête plutôt qu'une démarche d'assurance. Les questions fondamentales sont :

  • Les soins aux patients ont-ils été sécuritaires dans le passé?

  • Nos systèmes et processus cliniques sont-ils fiables?

  • Nos soins sont-ils sécuritaires en ce moment?

  • Nos soins seront-ils sécuritaires à l'avenir?

  • Est-ce que nous répondons de mieux en mieux aux besoins?

Measuring and Monitoring of SafetyL'équipe du Centre de santé St. Joseph's figurait parmi les huit équipes ayant participé au projet de démonstration de mesure et de surveillance de la sécurité 2017-2018. Cet hôpital universitaire de 376 lits situé à Toronto a d'abord mis en œuvre le cadre de mesure et de surveillance de la sécurité au sein de son Centre familial des naissances. L'unité comportant 44 lits traite plus de 3 300 naissances chaque année et est dotée d'un personnel de 75 infirmières, 13 obstétriciens, 25 sages-femmes, 15 médecins de famille, quatre professionnels alliés de la santé et 11 employés administratifs.

Le cadre de mesure et de surveillance de la sécurité a servi de toile de fond pour structurer et stimuler les discussions, et établir les fondements d'une culture d'amélioration de la qualité au sein du Centre familial des naissances. Au cours d'une période de huit mois, 285 employés ont participé à des caucus sur la sécurité, 75 employés ont participé à des caucus sur les patients et leurs familles, et 49 nouvelles idées et initiatives ont été générées et mises en œuvre.

Un conseil de sécurité a également été implanté au sein du Centre familial des naissances, par l'entremise duquel le personnel pouvait documenter leurs préoccupations touchant la sécurité à l'aide d'un « système de billets ». Les caucus d'employés sur la sécurité étaient fixés à l'horaire deux fois par semaine et avaient pour but de discuter des préoccupations et des questions liées à la sécurité. Un caucus d'employés sur la sécurité des patients avait lieu immédiatement avant le caucus des employés et un sommaire des questions abordées était par la suite relayé aux membres du personnel. 

« Notre but était de trouver des façons de faire participer les patients aux caucus sur la sécurité, explique Luisa Guerrera, la directrice des soins aux patients du Centre familial des naissances. Au départ, nous ne savions pas comment engager les patients de façon efficace. Toutefois, lorsque nous avons réussi à intégrer le cadre du caucus d'employés sur la sécurité, nous avons été en mesure de solliciter la participation continue d'un conseiller des patients et des familles. Depuis que nous faisons équipe avec les patients et leurs proches, la nature de nos conversations est maintenant fondée sur les solutions. »

Le Centre de santé St. Joseph's a toutefois connu certaines difficultés en cours de route, surtout en termes de durabilité, en raison du roulement de personnel dirigeant et de l'expansion du projet. Celui-ci a néanmoins su maintenir l'élan du programme en travaillant sur le projet, en effectuant des sondages, en procédant à des rondes de mesure et de surveillance, et grâce à l'évolution personnelle des membres de l'initiative.

Les caucus sur la sécurité ont depuis été mis en œuvre deux fois par semaine au sein de l'USIN, ce qui a mené à une collaboration entre celle-ci et l'équipe du Centre familial des naissances en ce qui a trait aux questions communes touchant la sécurité. L'USIN a également instauré des caucus bihebdomadaires sur la sécurité fondés sur des problèmes de sécurité spécifiques aux patients. De plus, le service d'inhalothérapie a créé son propre conseil de sécurité et travaille présentement en collaboration avec la direction à la mise en œuvre de caucus sur la sécurité des soins d'inhalothérapie à l'échelle de l'organisme.

« Les changements culturels d'abord implantés au Centre familial des naissances s'étendent maintenant à l'échelle de l'hôpital, affirme Sabrina Encalada, infirmière autorisée. Nous sommes passés d'une culture selon laquelle nous ne posions pas trop de questions, à une culture selon laquelle nous explorons comment éviter la récurrence des problèmes de sécurité. Maintenant, lorsque nous parlons de sécurité, il s'agit d'une approche plus collaborative, proactive et axée sur la qualité. »

« L'adoption de ce cadre de travail s'est avérée très utile à la transformation de la culture au sein du Centre de santé St. Joseph's, explique Jelena Sparavalo, pharmacienne clinique. Les patients et le personnel affirment qu'en s'appuyant sur ce cadre, ils se sentent davantage en sécurité et sont en mesure de discuter des questions de sécurité de façon plus proactive. » 

Les organismes participants au PAQ de la mesure et de la surveillance de la sécurité comprennent des équipes provenant de la Régie de santé de l'Est à Terre-Neuve (le programme de télésurveillance des patients); de l'Autorité sanitaire de la Nouvelle-Écosse (le Centre de santé de Colchester East Hants); de l'Hôpital William Osler de l'Ontario; de l'Office régional de la santé de Winnipeg (l'Hôpital général Victoria et le Programme des sciences cardiaques); de l'Autorité sanitaire de la Saskatchewan (les Programmes de santé mentale et de soins de longue durée); des Services de santé de l'Alberta (le Programme des aînés du secteur de Calgary, du secteur central et du secteur nord); et de l'Autorité sanitaire de la Colombie-Britannique. « Il est fort stimulant d'être témoin de la transformation au sein des équipes et de voir évoluer leur compréhension et leur approche de la sécurité des patients », affirme Anne MacLaurin, gestionnaire principale de programme à l'ICSP. Enfin, les équipes présenteront un rapport des progrès réalisés grâce au projet dans le cadre d'un congrès de clôture prévu pour le mois de mars 2020.