Connexion
CPSI partager              
Leader; Fournisseur
12/1/2019 5:00 PM

Par Anne MacLaurin, Virginia Flintoft, Wayne Miller et Alex Titeu

Quote: La pratique traditionnelle consistait à regarder dans le rétroviseur et à examiner les données sur les préjudices antérieurs comme une mesure de la sécurité. Une nouvelle approche qui change notre perception de la sécurité la manière consiste à examiner ce qui rend une organisation sécuritaire, à être proactif et à tenir compte de ce qui nous attend, au lieu de se concentrer uniquement sur ce qui est arrivé par le passé. La mesure et la surveillance de la sécurité nous apprend à délaisser progressivement la gestion du risque et à aborder la sécurité sous un angle plus global.

Tous les dirigeants et professionnels des soins de santé, les patients et le grand public devraient se poser la question à savoir dans quelle mesure nos soins de santé sont sécuritaires? L'approche traditionnelle consistait à mesurer les préjudices comme un indicateur de la sécurité, ce qui veut dire que l'absence de préjudices signifie présence de sécurité. Mais sommes-nous en sécurité ou simplement chanceux?  Jim Reinertsen, MD, ancien PDG de systèmes de santé complexes et un leader dans le domaine de l'amélioration des soins de santé, suggère que les préjudices passés n'indiquent pas dans quelle mesure nous sommes en sécurité, mais plutôt à quel point nous avons eu de la chance. Après s'être familiarisé avec le Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité (CMSS), Dr Reinertsen a trouvé la réponse à sa question « Sommes-nous en sécurité ou simplement chanceux? »

« Le cadre de mesure et de surveillance de la sécurité remet en question nos idées reçues concernant la sécurité des patients », dit Virginia Flintoft, gestionnaire principale de projet à l'Institut canadien pour la sécurité des patients. « Le cadre nous aide à cesser de nous concentrer sur ce qui s'est passé et à adopter une nouvelle perspective et un nouveau langage moins axés sur l'absence de préjudices et davantage axés sur la présence de sécurité. »

Charles Vincent, professeur de psychologie à l'université Oxford, soutient qu'évaluer la sécurité n'équivaut pas à quantifier les préjudices. En tant que premier auteur du CMSS, il croit qu'il est essentiel pour nous de se poser cinq questions portant chacune sur une dimension particulière de la sécurité afin de déterminer si une organisation est sécuritaire. Cette approche, souvent utilisée par l'industrie, examine les indicateurs avancés et retardés et s'appuie sur l'intelligence émotionnelle. Une approche globale encourage les leaders et les professionnels à faire preuve d'initiative et habilite tous les intéressés à assumer un rôle proactif en matière de sécurité.

Les cinq questions critiques sont les suivantes :  

  1. Les soins aux patients ont-ils été sécuritaires par le passé? Un examen systématique des mesures actuelles et la surveillance des préjudices passés peuvent vous aider à mieux comprendre la situation et à intervenir de façon appropriée quand des préjudices se produisent.
  2. Nos systèmes et nos processus cliniques sont-ils fiables? Cette dimension mesure la probabilité qu'une tâche, un processus, une intervention ou une trajectoire sera exécuté ou suivi selon les spécifications. 
  3. Les soins sont-ils sécuritaires aujourd'hui? Le souci des activités met l'accent sur la gestion de la sécurité de jour en jour, d'heure en heure ou même de minute en minute et fait appel à un éventail d'intelligences pour aider le personnel, les cliniciens, les gestionnaires et les leaders à évaluer la sécurité et à prendre les mesures nécessaires en temps réel.
  4. Les soins seront-ils sécuritaires à l'avenir?  En veillant à repérer les sources possibles de préjudices futurs, vous pouvez prendre des mesures pour devenir plus résilient face à ces risques. N'attendez pas qu'un incident se produise avant d'essayer d'améliorer la sécurité.
  5. Prenons-nous des mesures d'amélioration à la suite d'incidents? À savoir, l'élaboration de systèmes visant à promouvoir un cycle d'apprentissage et d'échange d'information à la suite d'incidents de sécurité, le recours à plusieurs sources de renseignements sur la sécurité et l'analyse de connaissances acquises dans d'autres domaines. L'intégration et l'apprentissage sont le ciment qui aide à dresser un portrait cohérent de la sécurité.

A visual Model of a framework for safety measurement andmonitoring - past harm, reliability, sensitivity to operations, anticipation and preparedness, integration and learning

« Le cadre change la nature de la conversation et la rend plus attentive et plus avant-gardiste », dit  Wayne Miller, gestionnaire principal de projet à l'Institut canadien pour la sécurité des patients et formateur sur le CMSS.

En 2017, l'Institut canadien pour la sécurité des patients a lancé un projet de démonstration sur la mesure et la surveillance de la sécurité dirigé par Dr Ross Baker à l'Université de Toronto. Un projet d'amélioration de la sécurité d'une durée de 18 mois a par la suite été lancé en 2018 dans le but d'aider les équipes de soins de santé à changer leur façon de penser en ce qui a trait à la sécurité des patients et à travailler au sein de leurs organisations pour favoriser et promouvoir cette nouvelle approche en matière de sécurité.

Les formateurs qui appuient les projets de collaboration liés au CMSS ont constaté que cette vision élargie aide à fournir une compréhension partagée et cohérente de la sécurité. Elle aide tous les intéressés à assumer un rôle proactif et favorise une culture de responsabilité collective en matière de sécurité. Le CMSS souligne comment les patients et les soignants contribuent à assurer des soins plus sécuritaires. Surtout, il renforce le message selon lequel la sécurité va plus loin qu'un simple recensement des préjudices.

« C'est très gratifiant de voir la transformation qui se produit au sein des équipes et de constater leur compréhension approfondie et l'importance qu'elles accordent à la sécurité des patients », dit Anne MacLaurin, gestionnaire principale de projet à l'Institut canadien pour la sécurité des patients et formatrice sur le CMSS.

Danielle Bellamy, directrice des soins continus au Yorkton & District Nursing Home (Saskatchewan Health Authority) a participé au projet de collaboration sur le CMSS. Selon elle, la valeur de cette initiative tient au fait qu'elle aide les membres d'équipe à se concentrer sur la présence de la sécurité.

« On dit souvent que la sécurité est la responsabilité de tout le monde, mais les membres d'équipe nous ont confié par le passé qu'ils n'ont pas l'impression d'avoir les outils nécessaires pour prendre des mesures concrètes, dit Mme Bellamy. Ce cadre nous donne l'occasion de concevoir ensemble un outil apte à habiliter notre équipe de première ligne non seulement à repérer les risques de préjudices, mais à prendre des mesures pour réduire ou éliminer ces derniers. On assiste donc à un virage dans la culture de sécurité dans notre établissement de soins, et nous sommes en mesure d'offrir un milieu plus sécuritaire à la fois à nos résidents et à notre équipe. »

« Je pense que la principale leçon que j'ai retenue de ce projet collaboratif est que la sécurité n'est pas un 'projet' avec un début, un milieu et une fin bien définis. C'est plutôt l'adoption d'une mentalité d'interrogation continue à tous les paliers de l'organisation en vue d'essayer de déterminer si les soins sont sécuritaires aujourd'hui et s'ils le seront demain », de dire Crystal Browne, directrice des opérations cliniques à Alberta Health Services – région 4 (zone nord).

Virginia Flintoft, Anne MacLaurin, Wayne Miller et Alex Titeu assurent la formation des onze équipes au pays qui participent au projet d'amélioration de la sécurité axé sur CMSS et les aident à mettre en œuvre cette nouvelle approche en matière de mesure et de surveillance de la sécurité. Pour plus de renseignements, visiter le site www.securitedespatients.ca.