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5/20/2014 6:00 PM

Deux jours après son accident de voiture, Vance Davis luttait contre la mort dans un hôpital de Regina.

Sa mère Donna n'était pas dans la chambre lorsque Vance posa une question qui semblait étrange. « Est-ce que je vais mourir? »

« Ce n'est pas prévu », lui répondit l'infirmière de garde, en riant sous cape. 

Le personnel était bien conscient de la blessure à la tête de Vance. Mais il répétait sans cesse que ce n'était pas grave – à peine plus qu'une commotion.

Sa mère, Donna, n'en était pas si sûre. Le comportement de Vance - tantôt agressif, tantôt léthargique - n'était pas dans son caractère. Le Vance qu'elle connaissait était toujours prêt. À l'âge de neuf ans, il était Carievale, le Pony Express de la Saskatchewan qui livrait les journaux sur son cheval. À 19, il travaillait sur un champ de pétrole et avait déjà acheté sa propre maison.

« Il rendait service en ville », raconte Donna. « Il pelletait les trottoirs des personnes âgées, ou tondait leur pelouse. Il fallait toujours qu'il soit occupé. »

À présent, il était inconscient et pour sa mère, infirmière, il s'en allait lentement.

Le supplice de Vance commença sur une route rurale aux petites heures d'un matin de mars. Vance perdit le contrôle de son camion pour une raison que nous ne connaîtrons jamais. Il téléphona à la police, attendit, puis marcha six kilomètres pour se mettre à l'abri.

Il fut finalement retrouvé, à demi-conscient, dans une remorque et transporté dans un centre de santé local, puis transféré à Regina.

À son arrivée, Vance fut examiné par un neurochirurgien, il passa un tomodensitogramme et fut admis à l'unité de soins intensifs de chirurgie.

Donna explique qu'elle entendit le personnel parler de Vance et dire qu'il conduisait en état d'ébriété. Elle leur dit alors que la Gendarmerie royale du Canada n'avait pas retenu l'alcool comme possible cause de l'accident.

« Mais ce fut vraiment le moment où le personnel commença à ne plus écouter ce que nous disions, explique Donna. Ils étaient persuadés que Vance était le jeune homme-type de 19 ans qui avait bien sûr conduit après avoir bu. »

Étant donné que le personnel l'avait assuré que Vance avait seulement besoin de temps et de repos, son père rentra chez lui. Mais à mesure que les heures passaient, il devint de plus en plus évident à Donna que l'état de son fils empirait.

« J'ai fait part de mes inquiétudes au personnel à de nombreuses, nombreuses reprises au cours des trois jours suivants », dit Donna, qui regarda, frustrée, le transport de Vance dans une aile en dehors des soins intensifs.

L'état de Vance finit par attirer l'attention du personnel. L'hôpital rappela Donna à 3 h du matin et elle rencontra le neurochirurgien de garde. Il était frustré. Il avait été présent à l'hôpital pendant toute la durée du séjour de Vance mais personne ne lui avait parlé de son cas.

Une opération fut finalement pratiquée. Mais lorsque le docteur entra dans la chambre, il luttait pour trouver les mots justes. « Il est en état de mort cérébrale, n'est-ce pas? » lui demanda Donna.

Ayant perdu confiance dans les prestataires de soins, elle exigea qu'une scintigraphie myocardique au thalium soit effectuée pour confirmer le pire. Les deux techniciens de service semblèrent indifférents à la douleur de la famille, ils riaient et se faisaient même un donne-moi cinq pendant le déroulement de l'examen.

« Je me souviens juste que je mourrais en mon for intérieur, en voyant la façon dont ils traitaient notre fils bien aimé », raconte Donna.

Dans son agonie, la famille décida de faire don des organes de Vance. Elle rentra chez elle pour faire son deuil. Mais pendant les mois et les semaines qui suivirent, Donna commença à chercher des réponses.

La famille Davis, disait-elle, voulait que la mort de Vance ait un sens. Elle voulait voir l'hôpital prendre ses responsabilités et changer ses procédures.

Cela prit presque six ans avant que Donna et Jack Davis puissent avoir un entretien de divulgation avec l'hôpital. Des résultats en découlèrent, notamment un protocole intitulé le Vance's Stop Sign qui permet à quiconque impliqué dans un cas d'initier une révision. Désormais, un patient ou une patiente ne sera plus autorisé(e) à sortir ou à être transféré(e) jusqu'à ce que les inquiétudes soient traitées.

Les procédures de communication et de transfert des soins ont aussi été améliorées. Les familles sont maintenant incluses dans les visites du personnel médical au sein des unités de soins intensifs. Une alerte provinciale a aussi été lancée.

Le message de Donna aux professionnels de la santé est le suivant : Veuillez écouter les familles de patients, car ce sont elles qui connaissent le mieux leurs proches.

Donna dit que Vance est toujours avec elle, en particulier dans son travail en tant que coprésidente de Patients pour la sécurité des patients du Canada.

« Chaque fois que je raconte l'histoire de Vance, je fais honneur à sa vie », explique Donna. « Vance rendait service dans la vie. Il rend maintenant service dans la mort. J'espère, j'espère vraiment que les choses sont en train de changer ».

L'histoire de Vance montre l'importance d'une communication ouverte entre les prestataires de soins de santé, les patients et les familles. La Semaine nationale de la sécurité des patients, qui se déroulera du 31 octobre au 4 novembre 2011, encourage les prestataires de soins de santé et les patients à partager le message que « des soins efficaces commencent par une communication efficace ». Pour en savoir plus sur la Semaine nationale de la sécurité des patients, veuillez consulter le site www.questionnezecoutezparlez-en.ca.