Connexion

Prévention de l'embolie gazeuse pendant/suite à une injection thérapeutique, une perfusion et une transfusion

(Feil, 2012; Infusion Nurses Society, 2011a, 2011b)

  1. Avant une injection ou une perfusion, amorcer complètement toutes les tubulures de perfusion et expulser l'air des seringues.
  2. Les cathéters ou autres tubes insérés dans le corps doivent être insérés et retirés à l'aide d'une technique qui minimise la possibilité de laisser l'air s'infiltrer dans les vaisseaux sanguins.
  3. Au cours des interventions chirurgicales, les patients doivent être surveillés de près pour s'assurer qu'aucun bulle d'air ne se forme dans les vaisseaux sanguins.
  4. S'assurer que tous les cathéters artériels et veineux et les raccords soient intacts et correctement branchés.
  5. S'assurer que toutes les valves auto scellantes des cathéters artériels et veineux fonctionnent correctement.
  6. Utiliser des pompes à perfusion avec des détecteurs d'air dans la tubulure pour toutes les perfusions continues.
  7. Retirer l'air des sacs à perfusion avant d'injecter des fluides.
  8. Vérifier le trajet de la tubulure, faire une double vérification de tous les raccords et prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir le débranchement des tubulures.
  9. Inspecter régulièrement le site de l'insertion, le cathéter et tous les raccords pour évaluer la présence de fissures ou d'ouvertures par lesquelles l'air pourrait s'infiltrer dans le système.
  10. Assurer l'intégrité du pansement du cathéter central autour du site d'insertion de la peau.

Prévention de l'embolie gazeuse consécutive à l'insertion d'un dispositif d'accès veineux central

(Feil, 2012; Joint Commission, 2010; Mirski et al., 2007)

  1. Prendre les mesures nécessaires pour augmenter la pression veineuse centrale, diminuant ainsi le gradient de pression qui favoriserait normalement le mouvement de l'air dans le système sanguin. La pression veineuse centrale est habituellement inférieure dans tous les vaisseaux sanguins situés au-dessus du niveau du cœur et pendant l'inspiration.
    • Placer le patient en position de Trendelenburg avec une inclinaison vers le bas de 10 à 30 degrés durant l'insertion du cathéter central.
    • Éviter de pratiquer l'insertion pendant que le patient inspire. Demander au patient de retenir son souffle, puis de faire la manœuvre de Valsalva, s'il le peut.
    • Hydrater le patient pour corriger l'hypovolémie avant l'insertion, dans la mesure du possible.
  2. S'assurer que tous les cathéters et les raccords soient intacts et correctement branchés.
  3. Occlure l'embase du cathéter et/ou de l'aiguille.
  4. S'assurer que toutes les valves auto scellantes fonctionnent correctement.

Prévention de l'embolie gazeuse consécutive au retrait d'un dispositif d'accès veineux central

(Feil, 2012; Joint Commission, 2010; Mirski et al., 2007)

  1. Placer le patient en position de Trendelenburg. Si cela s'avère impossible, le placer en position entièrement couchée sur le dos.
  2. Positionner le point d'émergence du cathéter (p.ex., le cou, le bras) à une hauteur inférieure à celle du cœur du patient.
  3. Couvrir le point d'émergence d'une gaze et la maintenir en place avec une légère pression tout en retirant le cathéter d'un mouvement lent et constant.
  4. Demander au patient de retenir son souffle et de faire la manœuvre de Valsalva au moment où la dernière partie du cathéter est retirée; si le patient ne peut le faire, la retirer pendant que le patient expire.
  5. Appliquer une pression sur le site jusqu'à ce que l'hémostase soit terminée. Une à cinq minutes sont recommandées.
  6. Appliquer un pansement occlusif stérile, comme de la gaze imprégnée de gelée de pétrole et recouverte d'une pellicule adhésive transparente. Laisser le pansement en place pendant au moins 24 heures. Le changer toutes les 24 heures jusqu'à ce que le site de sortie ait cicatrisé. Les pansements de gaze ordinaires ont été associés à une infiltration d'air passant dans la circulation sanguine à travers la canule d'un cathéter permanent, causant des embolies gazeuses, ainsi que les pansements occlusifs laissés en place pendant de plus courts laps de temps.
  7. Demander au patient de rester en position allongée pendant 30 minutes après le retrait du cathéter.

Prévention d'une phlébite consécutive à un cathétérisme intraveineux

(O'Grady et al., 2002)

  1. Lorsque vous choisissez le site du cathétérisme intraveineux, rappelez-vous que :
    • Les sites d'insertion dans les membres inférieurs sont associés à un risque d'infection plus élevé que les sites d'insertion dans les membres supérieurs.
    • Les veines des mains présentent un moindre risque de phlébite que les veines du poignet ou du haut du bras.
  2. Observer de bonnes pratiques d'hygiène des mains avant d'insérer le cathéter ou d'en faire l'entretien. Utiliser une technique d'aseptie appropriée quand vous manipulez le cathéter afin de prévenir l'infection.
  3. Envisager l'utilisation de filtres dans la tubulure pour réduire l'incidence de phlébites liées à la perfusion.

Prévention d'une réaction d'incompatibilité ABO

(Callum et al., 2016)

  1. Prêter particulièrement attention à l'identification du patient et à l'étiquetage des tubes lors du prélèvement de l'échantillon (pour vous assurer que le patient se voit attribuer le bon groupe sanguin).
  2. Prêter particulièrement attention à la vérification de l'identité du patient, en vérifiant son bracelet d'identification de l'hôpital avant de procéder à la transfusion.
  3. Si possible, impliquer le patient ou l'aidant au processus d'identification.

Prévention d'une réaction d'incompatibilité Rh chez les femmes enceintes

(National Heart Lung, and Blood Institute, 2011; Réseau régional ontarien de coordination du sang, 2016).

  1. Faire passer des tests aux femmes enceintes pour savoir si elles sont de type Rh négatif.
  2. Si le père de l'enfant est de type Rh positif, ou si on ne connaît pas son groupe sanguin, la mère devrait recevoir une injection d'immunoglobuline anti Rh au cours du deuxième trimestre. Si le bébé est de type Rh positif, la mère doit recevoir une deuxième injection d'immunoglobuline anti Rh au cours des quelques jours qui suivent l'accouchement.
  3. S'assurer que les femmes au sang de type Rh négatif reçoivent de l'immunoglobuline anti Rh (p.ex., RhoGAM ou WinRho®) :
    • À chaque grossesse.
    • Après une fausse couche ou une interruption de grossesse.
    • Suite à des tests prénatals tels que l'amniocentèse et la biopsie des villosités choriales.
    • Suite à une lésion abdominale pendant la grossesse.
    • Suite à un traumatisme physique (p.ex., un accident de la route).
    • Suite à un décollement placentaire (saignements utérins).
    • Suite à un accouchement d'un bébé de type Rh positif.

Incompatibilité Rh causée par une transfusion de sang incompatible

(Callum et al., 2016)

  1. Prêter particulièrement attention à l'identification du patient et à l'étiquetage des tubes lors du prélèvement de l'échantillon (pour vous assurer que le patient se voit attribuer le bon groupe sanguin).
  2. Prêter particulièrement attention à la vérification de l'identité du patient, en vérifiant son bracelet d'identification de l'hôpital avant de procéder à la transfusion.
  3. Si possible, impliquer le patient ou l'aidant au processus d'identification.

Choc anaphylactique dû au sérum : prévention de l'anaphylaxie récurrente

(Callum et al., 2016)

  1. Administrer par voie intraveineuse une prémédication de stéroïdes et de diphenhydramine.
  2. Si un patient souffre d'une carence en IgA avec des anticorps anti-IgA, les produits suivants sont recommandés :
    1. Produits sanguins dépourvus d'IgA provenant de donneurs déficients en IgA, par l'entremise de la Société canadienne du sang.
    2. GR lavés (2 L de solution saline normale en 6 cycles de lavage) ou plaquettes lavées.

Réaction allergique mineure : prévention de l'urticaire récurrente

(Callum et al., 2016)

Les mesures préventives suivantes peuvent être prises, bien que leur niveau d'efficacité demeure inconnu :

  1. Administrer une prémédication de diphenhydramine, ou autres antihistaminiques et/ou corticostéroïdes sans somnolence.
  2. Envisager la déplétion du plasma des GR ou des plaquettes.
  3. Envisager l'utilisation de plaquettes ou de GR lavés.

Révisions clinique et systémique (voir détails ci-dessous)

Étant donné la grande diversité de causes potentielles de complications consécutives aux injections, aux perfusions et aux transfusions, en plus des recommandations mentionnées plus haut, nous recommandons de procéder à des révisions clinique et systémique afin d'identifier les causes latentes et de déterminer les recommandations appropriées.

Si votre révision démontre que vos cas de complications consécutives aux injections, aux perfusions et aux transfusions sont liés à des processus, procédures ou conditions particulières, vous pourrez retrouver ici des lignes directrices associées à vos procédures spécifiques :

  1. Société canadienne du sang, Formation professionnelle
  2. Réseau régional ontarien de coordination du sang
  3. National Institute for Health and Care Excellence (NICE), Soins aigus et intensifs.
  4. National Institute for Health and Care Excellence (NICE), Hôpitaux.
  5. Norfolk D (Ed). Handbook of Transfusion Medicine, 5e éd. United Kingdom Blood Services. 2013.

Analyses cliniques et systémiques, analyse des incidents

La survenance des incidents préjudiciables est souvent complexe, avec de nombreux facteurs contributifs.

Les établissements doivent :

  1. mesurer et faire le suivi des types et de la fréquence de ces incidents.
  2. utiliser des méthodes d'analyse appropriées pour comprendre les facteurs contributifs sous-jacents.
  3. élaborer et mettre en œuvre des solutions ou des stratégies visant à prévenir la récurrence de tels incidents et à réduire le risque de préjudice.
  4. mettre en place des mécanismes visant à atténuer les conséquences de l'incident.

Pour acquérir une meilleure compréhension des soins prodigués aux patients, l'étude de dossiers, l'analyse des incidents ainsi que des analyses prospectives peuvent être fort utiles pour reconnaître et saisir les opportunités d'améliorer la qualité. Des liens vers des ressources sur les méthodes d'analyse sont fournis sous la rubrique des ressources pour l'analyse des incidents et/ou l'analyse prospective du document de présentation de la Ressource d'amélioration pour les préjudices à l'hôpital.

Les vérifications de dossiers sont recommandées comme moyen de développer une compréhension plus approfondie des soins prodigués aux patients identifiés par la mesure des préjudices à l'hôpital. L'étude de dossiers permet de reconnaître les secteurs nécessitant des améliorations.

Ressources utiles pour effectuer des analyses cliniques et systémiques :