Connexion

Évaluer et identifier les patients à risque

(ADA, 2015; CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013)

  1. Connaître les antécédents de diabète de tous les patients admis à l'hôpital.
  2. Indiquer clairement le diagnostic de diabète dans le dossier médical du patient.

Surveillance de la glycémie

(CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013).

Surveiller la glycémie sur une base routinière et individualisée chez tous les patients atteints de diabète (Rubin & Golden, 2013). Envisager d'effectuer la surveillance du glucose avant les repas et au coucher chez les patients qui mangent. Envisager la surveillance du glucose tous les quatre à six heures chez les patients à qui l'on ne doit « rien donner par la bouche » (NPO) ou qui reçoivent une alimentation entérale continue. Surveiller la glycémie une à deux fois chaque heure pour les patients sur de l'insuline IV en continu.

Insulinothérapie

(ADA, 2015; CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013; IHI, Reduce adverse drug events, 2012; Moghissi et al., 2009; Roberts et al., 2012; Rubin & Golden, 2013)

  1. Les patients atteints de diabète de type 1 doivent recevoir en tout temps un traitement à l'insuline pour prévenir l'acidocétose diabétique.
  2. Utiliser une approche proactive chez tous les patients atteints de diabète (soit de type 1 ou de type 2) traités à l'insuline en leur administrant des doses d'insuline en basal, en bolus ou en correction (doses supplémentaires).
  3. Évitez l'utilisation de l'échelle d'insuline comme seul régime de gestion de l'hyperglycémie.
  4. Les cibles de glycémie préprandiale devraient être de comprises entre 5,0 et 8,0 mmol/L en combinaison avec des valeurs de glycémie aléatoires <10,0 mmol/L pour la majorité des patients qui ne sont pas gravement malades et qui sont traités à l'insuline. Pour les patients gravement malades, les niveaux de glucose dans le sang doivent être maintenus entre 8,0 et 10,0 mmol/L.
  5. À condition que leur état de santé, leur alimentation et leur contrôle glycémique soient acceptables, les personnes atteintes de diabète doivent continuer à recevoir les anti-hyperglycémiants oraux ou leur régime d'insuline de pré hospitalisation.
  6. Envisagez d'utiliser l'insuline par voie intraveineuse pour les patients qui sont gravement malades, les patients qui ne mangent pas ou ceux dont le contrôle glycémique requiert une amélioration rapide.
  7. Utiliser des protocoles de perfusion d'insuline de lors de l'administration de l'insuline par voie IV afin de réduire au minimum le risque d'hypoglycémie.
  8. Sauf dans des cas d'urgences hyperglycémiques (par exemple, l'acidocétose diabétique, l'état hyperglycémique hyperosmolaire), les patients recevant de l'insuline par voie IV doivent recevoir du glucose sous une forme ou une autre (par exemple, du glucose par voie IV ou par nutrition parentérale totale ou par alimentation entérale).

Insuline avec alimentation entérale ou parentérale

(CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013)

  1. Envisager l'administration de l'insuline avec l'alimentation lorsque de l'insuline est nécessaire.
  2. Pour déterminer la dose quotidienne totale d'insuline nécessaire pour l'alimentation entérale ou parentérale, envisager d'utiliser une perfusion d'insuline régulière par voie IV.
  3. Envisager d'utiliser de l'insuline de correction sous-cutanée (supplémentaire) en plus de l'insuline mélangée à la nutrition parentérale pour l'hyperglycémie inhabituelle.
  4. Les patients atteints de diabète de type 1 doivent recevoir de l'insuline sous-cutanée si la nutrition parentérale totale est interrompue pour prévenir l'acidocétose diabétique.

Patients péri opératoires

(CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller et al., 2013)

  1. Maintenir les niveaux glycémiques péri opératoires entre 5,0 et 10,0 mmol/L pour la plupart des situations chirurgicales.
  2. Pendant la chirurgie, veiller à ce que la thérapie à l'insuline et la surveillance du glucose soient poursuivies selon un protocole approprié.
  3. Assurez-vous que le personnel péri opératoire ait reçu une formation sur la mise en oeuvre sécuritaire et efficace du traitement du diabète.

Patients recevant une corticothérapie

(CDA, Houlden, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013).

Lorsque des patients reçoivent des corticostéroïdes dans le cadre d'un traitement à l'insuline, s'assurer que ces patients ainsi que le personnel sachent que lorsque la dose de corticoïdes est réduite, la dose d'insuline devrait probablement être réduite pour éviter l'hypoglycémie.

Autogestion par les patients

(ADA, 2015 ; CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013)

  1. Envisager l'autogestion de l'insuline pour certains patients jeunes et adultes qui sont compétents, qui ont des exigences quotidiennes d'insuline stables, qui gèrent eux-mêmes avec succès leur diabète à la maison, qui ont la capacité physique de s'autoadministrer l'insuline, qui sont capables d'effectuer l'autosurveillance de leur taux de glucose, qui ont une alimentation orale adéquate, qui sont compétents dans le calcul des glucides, qui s'injectent de l'insuline plusieurs fois par jour /ou utilisent une pompe à insuline et qui comprennent la gestion de l'insulinothérapie les jours de maladie.
  2. Lorsque les patients autogèrent leur insuline, veiller à ce que des ajustements soient apportés afin de tenir compte des différences dans les repas et dans les niveaux d'activité, et les effets de la maladie et d'autres médicaments.
  3. Pour les patients traités par une pompe à insuline, veiller à ce que l'hôpital ait en place des politiques et procédures claires.

Thérapie nutritionnelle

(ADA, 2015; CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013; Curll et al., 2010; Gosmanov et al., 2012)

  1. Veiller à ce que tous les patients atteints ou non de diabète subissent une évaluation nutritionnelle à l'admission avec mise en œuvre ultérieure d'un soutien calorique dont la justification physiologique est claire.
  2. Pour les patients souffrant de diabète, s'assurer d'utiliser un système de planification des repas respectant un apport de glucides cohérent pour le diabète et qui est basé sur la quantité totale de glucides proposée plutôt que sur la teneur en calories spécifique à chaque repas.

Actions organisationnelles

(ADA, 2015; CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013)

  1. Chez les patients hospitalisés, l'hypoglycémie doit être évitée. Des protocoles pour la prévention, la reconnaissance et la gestion de l'hypoglycémie doivent être mis en oeuvre avec un traitement amorcé par le personnel infirmier, y compris le glucagon pour l'hypoglycémie grave lorsque l'accès IV n'est pas facilement disponible. Il faut prévoir l'accès facile à une source appropriée de glucose pour les patients à risque d'hypoglycémie (par voie orale ou IV) en tout temps, en particulier lors de procédures diagnostiques ou de restrictions à ne rien donner par la bouche (NPO).
  2. Établir des plans de patients individualisés pour la prévention et le traitement de l'hypoglycémie.
  3. Consigner et suivre les épisodes d'hypoglycémie dans le dossier médical.
  4. Veiller à ce qu'il y ait des ordonnances normalisées pour les doses d'insuline prévues et les doses d'insuline de correction.
  5. Si ce n'est déjà fait, mettre sur pied un comité directeur multidisciplinaire pour créer des programmes de formation, mettre en œuvre des politiques visant à évaluer et à contrôler la qualité de la gestion de la glycémie et à produire des ensembles d'ordonnances, de protocoles et d'algorithmes standardisés pour le traitement du diabète au sein de l'institution.
  6. Mettre en place des ensembles d'ordonnances pour les régimes d'insuline en basal, en bolus et de correction ainsi que des algorithmes de gestion de l'insuline.
  7. Mettre en œuvre et maintenir un programme de contrôle de la qualité pour assurer la précision des contrôles de glycémie pris au chevet.
  8. Veiller à ce qu'il y ait en place des protocoles de traitement normalisés amorcés par le personnel infirmier pour traiter l'hypoglycémie légère, modérée et grave.
  9. S'assurer de former et de sensibiliser le personnel sur les facteurs qui augmentent le risque d'hypoglycémie comme la réduction soudaine de l'alimentation orale, l'arrêt de la nutrition parentérale ou entérale, le transfert inattendu de l'unité de soins après l'administration d'insuline à action rapide ou une réduction de la dose de corticostéroïdes.

Transition de l'hôpital au domicile

(CDA, Houlden, Capes, Clement, Miller, 2013)

S'assurer que les patients et leur famille ou les aidants reçoivent des directives écrites et orales concernant leur gestion du diabète au moment du congé de l'hôpital. S'assurer que ces directives comprennent des recommandations pour l'horaire et la fréquence de la surveillance de la glycémie à domicile, l'identification et la gestion de l'hypoglycémie, un BCM achevé comprenant l'insuline et d'autres médicaments hypoglycémiants et l'identification et les coordonnées des professionnels de la santé responsables des soins de diabète en continu et l'ajustement de la médication hypoglycémiante. Les patients et leurs prestataires de soins primaires doivent être conscients de la nécessité des ajustements potentiels de l'insulinothérapie qui peuvent accompagner les réglages de d'autres médicaments prescrits au moment du congé, comme des corticostéroïdes ou l'octréotide.

Coma hypoglycémique non diabétique et hypoglycémie induite par médicament sans coma

  1. Surveiller le niveau de glucose sanguin des patients après avoir démarré un traitement médicamenteux de Bactrim (sulfaméthoxazole et triméthoprime, un antibiotique), de bêta-bloqueurs, d'halopéridol, d'inhibiteurs de la MAO (monoamine-oxydase), de pentamidine, de quinidine, de quinine, d'inhibiteurs d'ECA (enzyme de conversion de l'angiotensine), de lithium et d'antipsychotiques de deuxième génération (Cryer, 2011; Desimone & Weinstock 2016;. Murad et al, 2009;. Suzuki et al, 2009).
  2. Surveiller le niveau de glucose dans le sang si les patients reçoivent de l'insuline ou des médicaments pour le diabète de type 2 par erreur.
  3. Surveiller la glycémie chez les patients qui consomment de l'alcool.
  4. Surveiller la glycémie après une chirurgie bariatrique.