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1/1/2010 5:00 PM

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Dans ce numéro

Les superbactéries – un super-défi? Prévention des infections nosocomiales

 
Dr Michael Gardam
Pendant que vous consacrerez les dix prochaines minutes à la lecture du présent bulletin, environ cinq patients auront contracté une infection nosocomiale vraisemblablement évitable. Cette situation peut-elle se produire dans votre établissement?

Au cours des 30 à 40 dernières années, les hôpitaux canadiens ont lutté pour faire en sorte de réduire les infections nosocomiales. Ces infections entraînent la prolongation des séjours à l’hôpital et souvent des complications graves. En effet, chaque année des milliers de personnes meurent des suites de ces infections qui sont, pour la plupart, évitables.

Quand il s’agit de lutte contre les infections, de nombreuses stratégies s’offrent à vous et ciblent différents aspects de notre système de soins de santé. Si nous voulons que la situation s’améliore, il nous faut utiliser plusieurs de ces stratégies; aucune d’entre elle n’est en mesure de tout régler. La publication des taux d’infections ainsi que les pratiques organisationnelles requises (POR) d’Agrément Canada sont des outils de lutte contre les infections à l’intention des cadres supérieurs qui surveillent la conformité quant à l’hygiène des mains et le respect des protocoles, et qui assurent le suivi et le signalement des infections nosocomiales. Quant à elles, les techniques behaviorales, comme la déviance positive, utilisent l’expertise et les idées des prestataires de soins sur le terrain afin que ces travailleurs s’approprient et mettent en œuvre leurs propres stratégies de changement. Les stratégies de marketing social peuvent influencer l’ensemble des intervenants afin de les motiver à modifier leurs actions et éventuellement, leur attitude vis-à-vis les infections. Une autre stratégie visant l’amélioration, consiste à mettre à l’essai, à petite échelle, les changements proposés grâce à l’utilisation du cycle planifier-exécuter-étudier-agir (PEÉA) avant la phase d’implantation finale.

D’abord et avant tout, l’attitude à adopter par rapport à la lutte contre les infections doit s’éloigner de celle du policier pour devenir plutôt celle de soutien des travailleurs de la santé. Les membres de l’équipe de la prévention des infections sont experts quant à ce qui doit être accompli. Alors que nous pouvons vous informer sur l’importance de l’hygiène des mains, il nous est toutefois impossible de vous laver les mains! Dans le passé, les membres des équipes de lutte contre les infections avaient tendance à se sentir responsables pour tout problème lié aux infections au lieu de se concentrer sur les stratégies permettant aux fournisseurs de soins sur le terrain de s’approprier ces problèmes. Les personnes qui s’occupent de la lutte contre les infections doivent être impliquées dès que le problème est soulevé, mais ce sont ceux qui travaillent sur le terrain qui ont la charge de provoquer les changements de culture, ce rôle relevant de leur champ d’activité.

Dans le présent bulletin, nous avons réuni des idées de changement qui montrent ce que vous pouvez faire pour réduire les infections nosocomiales. Nous savons qu’il nous faudra travailler et envisager les problèmes de façon différente. Vous lirez de nombreux textes portant sur les stratégies pour réduire les infections nosocomiales que sont la déviance positive et l’hygiène des mains. La déviance positive en tant qu’approche behaviorale est très utile lorsque vous devez faire face à un problème sérieux qui semble impossible à résoudre et que les ressources additionnelles sont inexistantes. L’approche de la déviance positive profite des pratiques à succès déjà EXISTANTES et nous enseigne COMMENT les utiliser pour faire de ces dernières et de celles qui émergent, des pratiques généralisées et durables. Voilà ce dont nous avons besoin pour mener la lutte contre ces superbactéries!

La trousse de départ Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! pour l’intervention ORA/SARM est actuellement en réécriture et sera disponible sous peu sur le site Internet Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! Je vous invite à passer en revue ce nouveau guide pour obtenir des renseignements à jour sur la lutte contre les organismes résistants aux antibiotiques.

Je remercie tous ceux qui ont contribué au présent numéro sur les infections nosocomiales. Des avancées positives se produisent à ce propos, et grâce à la mise en commun de nos expériences, nous apprendrons tous les uns des autres et contribuerons à faire une différence dans notre manière de relever ce défi universel.

Michael Gardam, MSc, MDCM, MSc, FRCPC
Chef de la stratégie d’intervention sur les organismes résistants aux antibiotiques, Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!
Directeur, Prévention et contrôle des maladies infectieuses, L’Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé
Directeur médical, Prévention et contrôle des infections, University Health Network

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Des idées de changement qui font la différence! Avez-vous essayé . . .?

La chasse aux papillons?

Les « papillons » sont les petits autocollants sur lesquels on note ces merveilleuses petites idées que quelqu’un formule au cours d’une conversation. Ces idées sont souvent si simples ou si évidentes qu’en pratique régulière il nous arrive fréquemment de ne pas les retenir parce qu’on ne les remarque pas. Réservez-vous un espace pour les capturer et les transformer en actions par la suite.

D’utiliser une liste de contrôle pour le nettoyage?

Travaillez de concert avec les membres du personnel de l’entretien ménager afin d’élaborer une liste des articles qui doivent être nettoyés quotidiennement et de ceux qui sont visés lors d’une désinfection « finale » au moment du congé. Affichez la liste sur tous les chariots d’entretien et dans les placards à fournitures.

Le pudding au chocolat?

Durant les séances de formation, utilisez du pudding au chocolat ou de la peinture à tempéra comme marqueur visible des microbes afin de renforcer une utilisation adéquate de l’équipement individuel de protection et démontrer la marche à suivre appropriée pour retirer cet équipement.

L’étiquette de la toux?

Pour renseigner ceux qui vous entourent sur l’étiquette de la toux, montrez-leur la vidéo intitulée « Why don’t we do it in our sleeves » (Pourquoi ne pas le faire dans sa manche?) que vous trouverez à l’adresse suivante : http://www.coughsafe.com

De créer un écran de protection?

Quand vous soutenez un patient infecté au SARM, placez un drap propre entre le patient et vous afin d’empêcher un transfert microbien direct.

Les petits gâteaux?

Cette expérience amusante visant à améliorer la conformité en matière d’hygiène des mains renseigne sur les stratégies et les principes à la base des changements de comportement grâce à un groupe de 80 enfants sans méfiance et aux petits gâteaux. www.crucialskills.com/2009/09/all-washed-up/

Les dialogues sur la découverte et l’action?

Ces brèves séances permettent aux membres du personnel de partager leurs idées et de les transformer en actions. Les facilitateurs qui animent les dialogues de « découverte et action » agissent comme catalyseurs en posant des questions plutôt que comme des experts qui apportent des réponses.

D’attendre 20 secondes avant de parler?

Après avoir posé une question, attendez au moins 20 secondes pour laisser le temps à quelqu’un d’autre de parler. Une bonne façon d’encourager les autres à répondre consiste à baisser votre regard et à regarder vos souliers. Cette façon de faire interrompt le contact visuel avec les autres membres du groupe et signale qu’il s’agit d’un moment consacré à la réflexion et au partage des idées.

De laisser tomber la cravate?

Le SARM peut survivre pendant neuf jours sur du coton. Laissez tomber la cravate, le sarrau blanc et les manches longues qui sont tous des vecteurs favorisant la propagation des infections au SARM.

Les sacs de plastique?

Certaines personnes assignées au transport des patients utilisent des sacs de plastique pour couvrir les dossiers lors des déplacements. Il s’agit là d’un autre vecteur favorisant la transmission de l’infection au SARM.

De changer l’horaire des tournées?

Quand les médecins rendent visite aux patients infectés au SARM à la fin de leur tournée, le risque de transmission de l’infection au SARM s’en trouve considérablement réduit.

De partager les données?

Utilisez des tableaux, des graphiques, des affiches, des courriels et des discussions afin de partager les renseignements concernant les données sur les infections nosocomiales. Soulignez les réussites et procédez à un auto-examen pour savoir si vous devez apporter des améliorations.

Les lumières ultraviolettes?

Les produits fluorescents, comme ceux émettant des rayons ultraviolets, constituent un outil efficace pour l’évaluation de la salubrité des lieux et la réduction de la transmission des organismes résistants aux antibiotiques.

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Rendre visible l’invisible

Utiliser la déviance positive et le pudding au chocolat pour soutenir les changements de culture

Les participants de la collaboration sur le SARM du synapse de l’Ouest du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! ont appris par l’exemple au cours d’une présentation donnée par Carlos Arce, directeur, Organisation et Leadership à la Billings Clinic (à Billings, au Montana). Cette conversation survenue à la suite de la collaboration montre comment l’utilisation de la déviance positive dans cet établissement permet d’y réduire le taux d’infections au SARM.

La Billings Clinic a réduit le taux des infections nosocomiales associées au SARM de son établissement de 84 % au cours des deux dernières années et demie. Comment avez-vous obtenu ces remarquables résultats?

Nous avons utilisé ce que j’appelle une méthodologie de « changement social » connue sous le nom de « déviance positive ». La déviance positive nous a permis de découvrir certains des éléments de base qui sous-tendent un changement proactif et durable du comportement humain. Au cours de cette expérience, nous sommes arrivés à comprendre que certains de nos processus linéaires, c’est-à-dire les méthodologies de cause à effet que nous utilisions dans nos efforts pour améliorer la qualité, n’avaient qu’un impact limité quand il s’agissait de provoquer des changements dans les comportements d’une personne. La déviance positive nous a permis de surmonter cet obstacle.

Nous comprenons que même si les gens savent ce qu’ils devraient faire, ils choisissent d’agir différemment. La plupart des gens savent bien que le fait de se laver les mains constitue une excellente façon de réduire l’incidence des infections nosocomiales. Cependant, le défi réside dans la manière d’influencer véritablement le comportement des personnes pour qu’elles effectuent le changement et qu’elles gardent  le nouveau comportement. Au lieu de nous concentrer sur notre approche traditionnelle qui consistait à dire aux gens ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, ou de récompenser ou de punir les employés afin qu’ils respectent les règles de sécurité, nous nous sommes plutôt concentrés sur la création d’occasions de conversations et d’interactions qui permettent aux gens de découvrir et d’essayer de nouvelles actions qui préviennent la propagation de l’infection au SARM.

Comment la déviance positive permet-elle d’effectuer un changement de culture?

La déviance positive consiste à accéder à l’esprit et au cœur des gens d’une manière subtilement différente de façon à ce que les nouvelles idées s’y implantent. Cette différence réside dans la qualité de l’interaction, dans la façon d’inviter les gens à essayer quelque chose de nouveau et dans la manière de leur fournir l’occasion de découvrir ces nouveautés par eux-mêmes. Il est plus probable que le changement sera adopté si les personnes découvrent par elles-mêmes le nouveau comportement.

Nous avons appris qu’il nous fallait être moins directif parce que les membres du personnel étaient devenus habitués de se faire diriger quand il s’agissait des pratiques courantes liées à la prévention des infections nosocomiales. Cette méthode ne permettait d’atteindre que des taux de conformité limités, car il y manquait la rigueur et l’appropriation nécessaires pour arriver à vraiment réduire la propagation. Nous nous sommes alors demandé comment nous pourrions changer la nature de l’interaction. Pouvions-nous avoir des conversations portant sur les infections nosocomiales qui soient davantage des questionnements? Des conversations au cours desquelles les gens parlent de ce qu’ils font pour prévenir ce type de situation? Au cours desquelles nous discutons de ce qui nous empêche d’adopter systématiquement les comportements appropriés? Au cours desquelles nous pourrions demander « Connaissez-vous des personnes avec lesquelles vous travaillez qui font preuve de ces comportements de manière constante, malgré les obstacles que vous avez décrits »? Ces questions sont subtilement différentes. Il ne s’agit pas de science pure. Il s’agit de modifier votre façon d’écouter et de poser des questions, et de donner l’occasion aux gens de découvrir et de comprendre les possibilités par eux-mêmes en les faisant participer à l’exercice plutôt qu’en prenant des mesures à leur égard.

Nous avons entendu dire qu’à la Billings Clinic il se fait des choses intéressantes avec du pudding au chocolat! Veuillez nous en dire davantage.

Nous aimons beaucoup le concept qui consiste à rendre visible l’invisible. Le pudding au chocolat est utilisé comme marqueur visible des microbes. C’est ludique, mais extrêmement efficace. Nous avons étalé du pudding au chocolat sur « la plaie du patient » au cours de séances de formation de manière à ce que les participants puissent voir les microbes invisibles. Nous avons adopté l’improvisation théâtrale comme méthode d’apprentissage au sein de notre organisation dans le cadre des séances de formation pratique portant sur la manière de revêtir et de retirer l’équipement individuel de protection. Le pudding au chocolat est étalé sur les chemises d’hôpital et les gants pour simuler la contamination. Quand les participants retirent les chemises et les gants, ils peuvent sentir et voir comment ils ont été contaminés. Dans le cadre des foires sur la santé des employés, nous avons utilisé de la peinture à tempéra ou du pudding au chocolat comme moyen efficace de démontrer qu’il faut se laver les mains après avoir retiré des gants.

Comment utilisez-vous la déviance positive pour aider les membres de votre personnel à fonctionner différemment? 

La déviance positive est une méthodologie d’inclusion, d’innovation et de découverte. Dans mon rôle lié au développement organisationnel, je dois aider à bâtir des compétences au sein de notre organisation et à enseigner aux gens à collaborer et à inclure les autres, à innover et à favoriser la découverte. L’organisation en bénéficie, quelle que soit l’activité en cause. Les gens sentent que leur opinion compte et cela favorise les changements. Ceci a été un facteur déterminant dans la réduction de la propagation de l’infection au SARM et d’autres infections nosocomiales.

L’impact est positif à l’égard de la culture de la sécurité en général, alors que les gens sentent qu’ils peuvent s’exprimer, qu’ils peuvent saisir l’occasion de voir les choses différemment et qu’ils peuvent mettre leurs idées en commun pour voir ce qu’il est possible d’en retirer. Cette façon de faire a définitivement contribué à améliorer la culture de notre organisation.

Un autre avantage découlant de la méthodologie de la déviance positive a été de découvrir qu’il en existe d’autres applications, notamment en ce qui a trait à la prise en charge de l’hypertension chez les patients. Nous sommes à la recherche de façons plus efficaces de normaliser la tension artérielle et avons commencé à faire appel à des techniques et à des méthodes apprises grâce à la déviance positive.

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Le projet canadien sur la déviance positive
Travailler dans le but de réduire les infections nosocomiales

Dr Michael Gardam, chef de la stratégie d’intervention sur le SARM du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!, de concert avec l’Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé, mène une initiative novatrice de changement de la culture visant à réduire les infections nosocomiales dans tout le Canada. Le projet canadien sur la déviance positive est une étude de 18 mois financée par l’Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP) qui pilote l’utilisation de la déviance positive comme méthode favorisant le changement de la culture et des comportements dans six hôpitaux à l’échelle du pays. En lisant ces mots, de nombreux lecteurs penseront : « Pas une autre initiative pour le changement de la culture! » Malgré tout, il faut noter que la déviance positive est reconnue pour entraîner un meilleur taux de réussite lorsqu’elle est appliquée à des problèmes pour lesquels on ne semble pas trouver de solution, des problèmes pour lesquels d’autres méthodes ont été essayées à plusieurs reprises sans succès. Par exemple, la déviance positive a été utilisée pour réussir à diminuer les taux d’infections au SARM dans plusieurs hôpitaux aux États-Unis de même que pour réduire la malnutrition chez les enfants au Vietnam.

Contrairement à de nombreuses stratégies utilisées pour instaurer des changements, la déviance positive est une approche inversée qui se concentre sur les personnes sur le terrain, celles qui, somme toute, connaissent bien la réalité et la complexité du problème et qui pourraient également avoir des idées et des solutions à proposer pour le résoudre. Une partie du processus de la déviance positive consiste à identifier les « déviants positifs » qui évoluent dans un cadre particulier et qui sont des personnes qui, malgré qu’elles connaissent les mêmes limites et restrictions de ressources que d’autres personnes les entourant, arrivent à de meilleurs résultats. Une fois ces « déviants positifs » identifiés, ils peuvent être amenés à partager leurs pratiques fructueuses avec d’autres qui peuvent à leur tour les trouver utiles. Une autre composante clé de la déviance positive réside dans le fait que les personnes qui s’engagent dans l’initiative doivent être intéressées à le faire. Il est crucial pour le processus de déviance positive que personne ne soit obligé d’y participer et que ceux qui décident de collaborer aient choisi de le faire et, de surcroît, avec enthousiasme.

Au cours de l’été 2009, les chefs du projet sur la déviance positive ont disséminé la nouvelle à propos de l’initiative canadienne sur la déviance positive dans le secteur des soins de santé et, à la suite de trois cyberséminaires auxquels ont assisté de nombreux participants de partout au pays, six hôpitaux ont proposé leur candidature pour devenir des établissements pilotes dans le cadre de l’étude. Les six établissements pilotes participant à l’initiative sont les suivants : Vancouver General Hospital, Colombie-Britannique, Winnipeg Health Sciences Centre, Manitoba, Kelowna General Hospital, Colombie-Britannique, Trillium Health Centre, Ontario, Joseph Brant Memorial Hospital, Ontario et Toronto East General Hospital, Ontario.

Le projet canadien de déviance positive a débuté officiellement le 30 septembre 2009 au moment du coup d’envoi qui a réuni tous les membres pendant deux jours à Toronto. Les représentants de chacun des six établissements pilotes étaient présents et ont passé du temps à étudier le processus de la déviance positive et à acquérir des compétences en ce qui a trait à divers outils de déviance positive tels que les dialogues sur la découverte et l’action et le théâtre d’improvisation. Le coup d’envoi a connu un énorme succès et tous ont quitté la réunion avec le sentiment d’être prêts à mettre en œuvre leur plan d’action déjà élaboré pour tirer parti de la déviance positive dès leur retour dans leur établissement respectif

Actuellement, avec l’aide de personnes-ressources, on travaille fort à la mise en œuvre de la déviance positive dans les établissements. Grâce au partage des expériences de chacun, les chefs de projet en apprennent toujours plus sur le processus. Dans de nombreux établissements, on a déjà commencé à parler de déviance positive avec les membres du personnel et dans d’autres, on travaille à planifier l’introduction de la déviance positive dans son cadre de soins. Au fur et à mesure du déroulement du projet, chaque établissement recueillera les données relativement aux mesures du processus et à celles des résultats. Pour obtenir des renseignements additionnels sur la déviance positive, sur le projet et sur les progrès des six établissements pilotes au cours des 18 mois du projet, rendez-vous sur le site Internet à l’adresse suivante : www.positivedeviance.ca. Des mises à jour seront affichées sous peu!

   

Lancement du projet canadien sur la déviance positive, septembre 2009  

Une approche ingénieuse du Winnipeg Health Sciences Centre

« Toutes les pratiques de routine que tout le monde doit respecter en tout temps sont en place, mais les gens me disent qu’il est trop difficile de les respecter quand les journées sont chargées. De plus, ils ne croient pas toujours que les pratiques de routine empêchent la propagation des infections. ... Puis, j’ai pris connaissance de ce projet sur la déviance positive comme outil pour l’amélioration de la conformité, et JE SAVAIS que le temps était venu pour moi d’essayer cette stratégie. »
Extrait de la demande du Winnipeg Health Sciences Centre pour faire partie des établissements pilotes

Les gens du Health Sciences Centre de Winnipeg savaient qu’ils souhaitaient vraiment faire partie du projet pilote sur la déviance positive et ils ont adopté une approche innovatrice qui consistait à personnaliser leur établissement dans leur demande de participation. Leur formulaire d’inscription distinctif a pris la forme d’un journal écrit selon la perspective de l’établissement qui s’exprimait en permettant à tous « de vous laisser jeter un coup d’œil à certaines de mes pensées profondes dont celles qui, d’une part, font valoir sans honte mes attributs et celles qui, d’autre part, dévoilent mes verrues et mes rides. »

Le formulaire d’inscription comprenait un bulletin autoévalué ainsi qu’une liste de lectures suggérées sur la prévention et la prise en charge des infections. Jetez un coup d’œil à leur approche.

Bulletin

Des histoires de réussite dans la lutte contre les infections

NOM : Health Sciences Centre Winnipeg
CLASSE : Prévention et contrôle des infections
NOTE : B–
REMARQUES : Pas mal, mais amélioration souhaitée!

Nous avons remarqué que vous devez régulièrement faire face à des infections/colonisations à Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM), à l’entérocoque résistant à la vancomycine (ERV) et au Clostridium difficile. Un dépistage rapide et une intervention déterminée de la part de votre unité de contrôle des infections permettent de maîtriser ces situations. Cependant, n’oubliez pas que ces bactéries peuvent entraîner des problèmes graves et des épidémies.

Vous travaillez très bien, mais votre attitude manque de constance. Nous aimerions vous voir vous appliquer davantage à ce propos et faire de votre mieux en tout temps.

Le va-et-vient considérable des patients qui entrent et qui sortent de l’établissement, de même que les déplacements dans l’établissement même – d’une chambre à l’autre dans la même unité ou d’une unité à l’autre – constituent un défi qu’il vous faut relever.

Vous avez fait preuve de vigilance continuelle en ce qui a trait aux problèmes liés aux infections, aux préoccupations à l’égard des microorganismes résistants aux antibiotiques ainsi qu’aux conséquences pour votre établissement de soins de santé et vos patients.

Vous avez également démontré votre implication dans la communauté scientifique/académique grâce à vos articles paraprofessionnels publiés traitant de vos expériences personnelles relativement aux problématiques suivantes :

  • MRSA on your Burn Unit1 (Le SARM à votre unité des soins aux brûlés)
  • Clostridium difficile disease with a unique strain of C. Difficile2,3 (La maladie à Clostridium difficile causée par une souche particulière de C. difficile)
  • Spondylodiscitis in the dialysis units4 (La spondylodiscite à l’unité de dialyse)
  • Your experience with MRSA5 (Votre expérience avec le SARM)
  • Bed resource utilization and MRSA6 (L’utilisation des ressources de lits et le SARM)
  • MRSA in your diabetic foot and complicated wound clinic7 (Le SARM et votre pied diabétique, et la clinique des plaies difficiles à traiter)

Nous avons fait mention de ces rapports dans notre liste de lectures suggérées sur la prévention et le contrôle des infections.

Je vous encourage à poursuivre votre participation au Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales, ce qui vous permettra de prendre part activement à ce qui se fait de mieux dans la prévention et le contrôle des infections.

Continuez votre bon travail. Vous avez ce qu’il faut pour devenir chef de file – il est temps de passer à l’étape suivante!

CLASSE DE PRÉVENTION DES INFECTIONS –
lectures suggérées

  1. Embil JM, McLeod JA, Al-Barrack AM, Thompson GM, Aoki FY, Witicki EJ, Stranc MF, Kabani AM, Nicoll DR, Nicolle LE. An Outbreak of Methicillin-resistant Staphylococcus aureus on a Burn Unit: Potential Role of Contaminated Hydrotherapy Equipment. Burns 2001; 27: 681-688.
  2. Al-Barrak A, Embil JM, Dyck B, Olekson K, Nicoll D, Alfa M, Kabani A. An Outbreak of Toxin-A Negative Clostridium difficile Associated Disease/Diarrhea in a Canadian Tertiary Care Centre. Can Dis Wkly Rep 1999; 25: 65-72
  3. Alfa MJ, Kabani A, Lyerly D, Moncrief S, Neville LM, Al-Barrak A, Harding GK, Dyck B, Olekson K, Embil JM. Characterization of a Toxin A-negative, Toxin B-Positive Strain of Clostridium difficile Responsible for a Nosocomial Outbreak of Clostridium difficile-Associated Diarrhea. J Clin Micorbiol 2000; 38: 2706-2714.
  4. Helewa RM, Embil JM, Boughen CG, Cheang M, Gopytan M, Zacharias JM, Trepman E. Risk Factors for Infectious Spondylodiscitis in Patients Receiving Hemodialysis. Infect Control Hosp Epidemiol 2008; 29: 567-71.
  5. Embil JM, Almuneff M, Nicoll D, Makki S, Cunningham G, Wylie J, Nicolle L. Memish AZ. Methicillin –resistant Staphylococcus aureus Profiles Oceans Apart – A Canadian and Saudi Arabian Experience.  J Chemother 2001; 13 (Supl1): 28-33.
  6. Cooper CL, Dyck B, Nicoll D, Olekson K, McLeod J, Nicole LE, Embil JM.  Bed Utilization in Inpatient Care of Patients with Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) in a Canadian Tertiary Care Centre. Infect Control Hosp Epidemiol 2002; 23: 483-484.
  7. Lagace-Wiens P, Ormiston D, Nicolle LE, Hilderman T, Embil J.  The Diabetic Foot Clinic: Not a Significant Source of Acquisition of Methicillin Resistant Staphylococcus aureus (MRSA) In Press AM J Infect Control Feb 23 2009 [Epub ahead of print]

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L’équipe Canmore en fait plus pour combattre la propagation des infections

 
L’équipe du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! du Canmore Hospital nous montre certaines des armes qu’elle utilise dans la lutte contre les infections. De gauche à droite, Marcy Kaminski, infirmière auxiliaire; Gwyneth Meyers, agent de prévention et contrôle des infections en milieu rural; Nina Livesley, infirmière et chef du programme de prévention et de contrôle des infections; Lisa Lynch, spécialiste de la TI et Dave Bateman, directeur des Services des soins de courte durée.
En 2007, l’équipe du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! du Canmore Hospital, à Canmore en Alberta, a remarqué une hausse des manifestations des infections au SARM – Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline – qui cause des infections de la peau et des tissus mous et qui est résistant à certains antibiotiques, y compris la pénicilline. L’équipe a passé plus d’un an à faire de la recherche et à recueillir des données, et elle a découvert qu’en grande partie, les infections au SARM avaient leur origine dans la collectivité. Cette situation présentait un défi car il fallait informer et sensibiliser les membres de la communauté plutôt que ceux du personnel de l’hôpital. L’équipe a commencé à sensibiliser les gens à l’hôpital même à propos du SARM, et Nina Livesley, infirmière qui dirige le programme de prévention et de contrôle des infections au Canmore Hospital, s’est rendue au Stoney Health Centre à Morley, à 50 km à l’est de Canmore, afin de fournir les mêmes renseignements aux membres de la Première nation de Stoney.

Le centre de santé de la Première Nation est exploité par le gouvernement fédéral et non par les Services de santé de l’Alberta, mais cela n’a pas dissuadé Mme Livesley. « Nous avons un hôpital entouré de murs et ce groupe se trouvait hors des murs, dit Mme Livesley. Nous avons constaté qu’il fallait aller plus loin pour s’attaquer au SARM, et nous l’avons fait. »

Dave Bateman, directeur des services de soins de courte durée au Canmore Hospital déclare que les professionnels de la santé et les leaders de la collectivité de Morley se sont montrés réceptifs au message concernant la manière de prévenir la propagation de l’infection au SARM. Des séances de formation ont eu lieu à la clinique, dans les écoles et dans la collectivité même, ce qui constitue un exemple de véritable sensibilisation en santé publique.

Depuis, l’objet des efforts est passée du SARM à la pandémie. Mme Livesley explique que les outils et les renseignements du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! ont été d’une valeur inestimable et qu’ils ont été intégrés à la planification concernant la grippe H1N1 au Canmore Hospital. Elle considère que l’utilisation de la méthode de gestion de la qualité du cycle planifier-exécuter-étudier-agir (PEÉA)   est  à la base d’une diffusion réussie de l’information en vue de la formation du personnel sur le virus H1N1, sur l’indication pour l’utilisation précoce du masque filtrant N95 et pour les ajustements personnalisés de ces masques.

Mme Livesley a d’abord considéré l’impact à la fois du SARM et du virus H1N1 afin de viser les populations les plus à risque d’être infectées. Pour communiquer l’information, elle a prépa ré une présentation sur affiches qu’elle utilise pour former les membres du personnel de l’hôpital, ceux du personnel de l’entretien et des hôtels de la collectivité, sachant que le H1N1 aurait des impacts importants sur les taux d’admissions à l’hôpital. « Vous n’avez pas besoin d’outils complexes pour transmettre le message, et une présentation sur affiches est très efficace pour procurer un impact visuel. » Sachant que les Autochtones sont particulièrement à risque étant donné le surpeuplement, le mauvais état nutritionnel, le revenu disponible plus faible et souvent, le manque de services d’aqueduc et d’égouts, les réunions s’adressent aux Chefs dans le but de les sensibiliser et de répondre à leurs préoccupations.

Alors qu’on se préoccupe moins du SARM actuellement, le personnel du Canmore Hospital demeure concentré sur la lutte contre les infections. Le format utilisé pour leur projet Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! est maintenant appliqué à leur approche de nombreux autres problèmes comme la prévention et la prise en charge des infections, le H1N1 et même les certifications annuelles continues des membres du personnel. En outre, Dave Bateman a récemment fait une présentation sur le H1N1 à l’intention des chefs des ressources humaines des hôtels Fairmont.

« Au départ, nous visions la réduction des incidents attribuables au SARM, mais le programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! a jeté les bases pour permettre d’accomplir tellement plus », ajoute Mme Livesley.

Le présent article a été compilé à partir des dossiers fournis par Chris Simnett, des Services de santé de l’Alberta. La photo est une gracieuseté des Services de santé de l’Alberta.

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Réduction soutenue des infections nosocomiales associées au SARM dans le Toronto’s University Health Network

 

Cet article rend compte du travail du Dr Michael Gardam, chef de la stratégie d’intervention ORA/SARM du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!, visant la réduction de la propagation de l’infection au SARM dans le University Health Network à Toronto, en Ontario.

L’University Health Network (UHN), qui comprend trois hôpitaux universitaires, a connu une réduction soutenue des colonisations ou infections nosocomiales associées au SARM au cours des trois dernières années. Malgré l’admission d’un nombre plus élevé de patients présentant une colonisation au SARM que jamais auparavant, la réduction a pu être constatée dans les trois établissements. En effet, les hôpitaux Toronto General, Toronto Western et Princess Margaret ont respectivement signalé des réductions des taux de l’ordre de 68 %, de 25 % et de 58 %, par rapport aux données d’il y a trois ans. Par rapport à ce qui se passait il y a quelques années alors que pour chaque patient atteint d’une infection au SARM lors de son admission à l’hôpital on comptait en moyenne deux patients additionnels qui contractaient le SARM en milieu hospitalier, actuellement, on compte quatre patients infectés au SARM pour chaque cas d’infection transmise en milieu hospitalier.

Depuis plusieurs années, l’UHN concentre ses efforts sur la lutte contre la propagation de l’infection au SARM en raison des conséquences attribuables à cette bactérie sur les taux de morbidité et de mortalité des patients ainsi que sur les déplacements de la clientèle et les congés. Profitant d’un soutien solide de la part de la haute direction, y compris du conseil d’administration, l’équipe de prévention et de prise en charge des infections de l’UHN a élaboré une nouvelle stratégie de lutte améliorée pour s’attaquer au problème du SARM. La réussite de leur intervention dans la lutte contre le SARM résulte de l’adoption d’un programme de surveillance universelle au moment de l’admission. Il s’agit essentiellement de procéder à des prélèvements chez tous les patients qui doivent passer une nuit à l’hôpital et de déterminer s’ils sont porteurs du SARM.

On ne peut attribuer tout le succès à cette seule intervention, car de nombreuses stratégies ont été utilisées dans le but de diminuer les taux d’infection, notamment une amélioration d’environ 50 % de la conformité aux règles en matière d’hygiène des mains, l’usage systématique de la décolonisation/suppression du SARM chez les patients grâce à la chlorhexidine et à un onguent antibactérien, la surveillance de la prévalence ponctuelle et de l’état des patients lors du congé dans les régions à risque élevé, l’amélioration du soutien à l’entretien ménager et l’utilisation du système de comptes rendus d’incidents de l’hôpital ayant pour but de renseigner la direction sur les cas de patients présentant des infections au SARM ou sur le non-respect des procédures de lutte contre les infections.

Au cours de la dernière année, l’UHN a également participé activement à un projet collaboratif basé à Indianapolis qui utilise la déviance positive afin de réduire encore davantage les taux de SARM et d’autres superbactéries. La déviance positive est une technique qui permet aux employés sur le terrain de trouver des idées pour la lutte contre les superbactéries et de les mettre en application. Cette technique a été étudiée dans quatre hôpitaux aux États-Unis et s’est avérée très efficace pour réduire les taux d’infections au SARM. Ce projet ainsi que la réussite dans la lutte contre le SARM ont entraîné une augmentation marquée de l’enthousiasme et de l’intérêt du personnel sur le terrain en ce qui a trait à la lutte contre les infections. Le succès est contagieux : on constate que le personnel sur le terrain s’approprie de plus en plus de responsabilités quant aux problèmes de lutte contre les infections.

Pour obtenir plus de renseignements sur l’utilisation de la déviance positive, visitez les sites aux adresses suivantes : www.positivedeviance.ca et www.plexusinstitute.org

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Une nouvelle façon de penser au Vancouver General Hospital

L’équipe du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! du Vancouver General Hospital (VGH) utilise la déviance positive pour promouvoir la conformité en matière d’hygiène des mains. La déviance positive reconnaît « qu’il est plus facile d’agir pour arriver à une nouvelle façon de penser, que de penser pour arriver à une nouvelle façon d’agir ». La déviance positive ainsi que le dialogue sur la découverte et l’action comblent le fossé qui existe entre ce que les gens savent et ce qu’ils font.

 
 Melissa Crump
Melissa Crump, infirmière et coordonnatrice des soins aux patients au VGH, raconte que leur unité a abordé le problème en commençant par un dialogue sur la découverte et l’action, une approche qui met l’accent sur l’apprentissage sur le terrain et sur les comportements traduisibles en actions. Tout a commencé par une conversation avec les employés sur ce que sont les infections nosocomiales et la façon d’en réduire l’incidence. L’hygiène des mains constituait l’une des actions au premier plan; ils ont alors conçu des stratégies pour arriver à améliorer la conformité aux règles d’hygiène des mains. Les solutions proposées comprenaient le recours à un plus grand nombre de distributeurs Microsan installés à des endroits plus visibles. Par ailleurs, ils ont également discuté de leur propre surveillance, c’est-à-dire de s’assurer que chacun d’eux se conformait aux règles.

« Je crois que les employés étaient nombreux à connaître des réussites ou à avoir des stratégies qui fonctionnaient pour eux, mais ils n’avaient tout simplement pas l’occasion de les partager avec d’autres, nous dit Melissa. Lorsqu’ils posent des questions comme avez-vous essayé ceci, avez-vous essayé cela? ou qu’arrivera-t-il si nous essayons ceci?, il est clair qu’ils se réfèrent à leurs propres solutions. »

Maintenant, le défi consiste à conserver l’impulsion pour maintenir la conformité aux règles d’hygiène des mains. Melissa raconte que les membres de l’unité se rencontrent toutes les deux semaines pour discuter de ce qui est arrivé, revoir les données et partager des idées. 

« J’ai trouvé que l’utilisation de la déviance positive était très enrichissante et qu’elle constitue une excellente expérience d’apprentissage, ajoute Melissa. Cela fait une différence quand vous permettez aux gens de s’exprimer à propos de ce qui se passe autour d’eux, dans leur propre milieu. Toutes les fois que vous engagez un dialogue sur la découverte et l’action, vous apprenez quelque chose. Le fait de passer du temps avec vos employés et de leur fournir les outils et le pouvoir nécessaires pour concrétiser leurs idées constitue un processus très gratifiant. »

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Campagne canadienne de l’hygiène des mains

Les pratiques optimales de l’hygiène des mains sont considérées comme étant les façons les plus efficaces de prévenir ou de réduire les taux de morbidité et de mortalité associés à l’incidence des infections nosocomiales à l’échelle mondiale. On croit que de 8 000 à 12 000 patients meurent chaque année au Canada à cause d’infections nosocomiales1, soit 22 à 33 décès par jour, tous les jours! À n’importe quel moment, à l’échelle mondiale, 1,4 million de personnes présentent une infection qu’ils ont acquise à l’hôpital2. On croit que les mains contaminées des travailleurs de la santé constituent la source la plus fréquente de la propagation, et pourtant, on sait également que les taux de conformité en matière d’hygiène des mains parmi les travailleurs de la santé au Canada et dans le monde entier se situent en général à moins de 50 %.

En plus d’un certain nombre d’interventions du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!, l’Institut canadien pour la sécurité des patients a mis sur pied une campagne d’hygiène des mains qui se conforme au travail exécuté par l’Organisation mondiale de la Santé. Dans tout le Canada, des équipes participent à cette campagne dans le but d’augmenter le taux de conformité aux pratiques d’hygiène des mains, ce qui permettra d’améliorer la sécurité des patients en réduisant l’incidence des infections nosocomiales dans leurs établissements respectifs.

Le temps est venu de consolider les diverses initiatives et campagnes visant l’hygiène des mains et la lutte contre les infections à l’échelle du pays en une seule série d’activités accessibles, ouvertes et interactives à l’intention des professionnels de la santé. Afin d’y parvenir, l’Institut canadien pour la sécurité des patients a engagé une consultante qui doit fournir des recommandations ainsi qu’un plan de travail détaillé pour réunir ces activités dans un seul processus.

Annamarie Fuchs est infirmière et conseillère en gestion du centre de l’Alberta, qui possède des compétences en lutte contre les infections, en gestion de projets et en leadership régional. Elle possède une expérience de plus de 20 ans dans le domaine des soins de santé ayant, ces dernières années, dirigé un certain nombre de projets d’envergure dans la région sanitaire pour laquelle elle travaillait précédemment et, dernièrement, pour les Services de santé de l’Alberta. Le projet, dont le lancement a déjà eu lieu, se poursuivra jusqu’au mois de mars 2010.

Annamarie aimerait beaucoup connaître vos expériences et votre opinion quant à votre participation à la Campagne canadienne de l’hygiène des mains ou à d’autres initiatives locales pour l’amélioration de l’hygiène des mains. Si vous avez des histoires de réussite au sujet de l’obtention de la conformité, du soutien à l’amélioration ou en ce qui a trait à toute autre idée pertinente que vous aimeriez partager, veuillez envoyer vos commentaires à l’adresse suivante: aafuchs1@shaw.ca ou communiquer avec l’Institut canadien pour la sécurité des patients au 1-866-421-6933.

  1. Zoutman, D., Ford, B.D. Bryce, E., Gourdeau, M., Hebert, G., Henderson, E., et Paton, S. Canadian Hospital Epidemiology Committee (CHEC), Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN) et Santé Canada.
  2. WHO Information Sheet: 1 "Clean Care is Safe Care Challenge"

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Des idées rafraîchissantes! 

Utiliser une stratégie de communication novatrice

Les infections nosocomiales atteignent chaque année des centaines de milliers de patients, de fournisseurs de soins et de membres de leur famille. Depuis le lancement du programme Des Soins propres sont des soins sécuritaire par l’Organisation mondiale de la santé en 2005, plus de 120 pays ont pris l’engagement de réduire les infections nosocomiales. Au Canada, les instances fédérales et provinciales ont reconnu l’hygiène des mains comme étant une composante cruciale dans la lutte contre les infections nosocomiales. Pendant des décennies, les professionnels de la lutte contre les infections ont insisté sur le fait que l’hygiène des mains constitue la méthode la plus importante pour maîtriser la propagation des infections. Mais cela signifie qu’il faut changer un comportement bien ancré. Il ne s’agit pas d’une mince tâche quand la réussite d’un projet repose sur le fait que chaque individu doit prendre la responsabilité de changer et de respecter les règles en matière d’hygiène des mains, et ce, toutes les fois qu’il est indiqué de le faire.

Afin de garder l’hygiène des mains au premier plan en s’adressant au personnel et à la collectivité et de promouvoir la conformité des membres du personnel en matière de pratiques liées à l’hygiène des mains, le Peterborough Regional Health Centre (PRHC) a procédé au lancement d’une campagne nouveau genre. Il s’agit d’une bande dessinée intitulée The Bug Stops Here! (La bactérie s’arrête ici!) qui souligne l’importance de l’hygiène des mains et qui sensibilise les gens à propos des infections nosocomiales. Voilà une façon d’expliquer un problème complexe de manière simple.

La bande dessinée a été lancée le 23 septembre 2009 au PRHC. Elle s’est alors attiré l’attention des médias locaux et provinciaux. En plus de préciser le rôle de chacun dans la réduction des infections nosocomiales, la bande dessinée reconnaît que les hôpitaux comprennent leurs responsabilités et que, chaque jour, des efforts importants sont déployés pour prévenir de tels événements qui mettent la vie des gens en danger.

Ont contribué : Margaret Jay, Chef de l’intervention de prévention et contrôle des infections au PRHC. Le Peterborough Regional Health Centre est l’un des plus de 1 100 participants à la campagne Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!

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Donner un coup de main à l’hygiène des mains

L’augmentation des taux de conformité des travailleurs de la santé quant à l’hygiène des mains représente un défi depuis des années. Les agences de soins de santé de la région de Waterloo Wellington en Ontario, participant au programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!, cherchaient de nouvelles façons de s’attaquer au problème tout en utilisant les économies d’échelle pour l’élaboration des activités de chacune des agences dans le cadre de la Semaine de la prévention des infections.

Les hôpitaux et les unités de santé publique ont travaillé en partenariat avec le Réseau régional Waterloo-Wellington de lutte contre les infections afin d’élaborer une campagne visant la sensibilisation à l’hygiène des mains à l’intention de quiconque (patients, visiteurs, bénévoles, membres du personnel) entrait dans n’importe lequel des hôpitaux de la région au cours de la Semaine de la prévention des infections en 2008. L’équipe de planification souhaitait que l’activité soit amusante, que les stratégies dépassent les actions habituelles menées dans les services et les affiches traditionnelles et que le matériel puisse être reproduit et utilisable dans le cadre d’autres activités au cours de l’année.

L’élaboration de la campagne a été fondée sur des principes de base du marketing social visant les collectivités. Ces principes se résument à l’utilisation d’un message clair qui provoque le rappel du comportement souhaité, à des engagements entérinés et exposés publiquement et aux interactions personnelles.

 
Début de journée – des représentantes de l’hôpital, de la santé publique, du Réseau de lutte contre les infections et d’autres hôpitaux.
Un « arbre » a été installé dans le hall d’entrée ou dans un autre endroit achalandé de chacun des dix hôpitaux de la région durant la Semaine de prévention des infections. En début de journée, les cadres supérieurs de chacun des hôpitaux signaient un engagement et disposaient leurs « feuilles/mains » dans l’arbre pour signifier au personnel l’importance de l’activité. Une équipe de professionnels de la prévention et de la lutte anti-infectieuse de l’hôpital hôte, de la santé publique, d’autres hôpitaux et du Réseau régional Waterloo-Wellington de lutte contre les infections était présente pour interagir avec les passants qui se rendaient à l’hôpital pour travailler, recevoir un traitement ou rendre visite à un proche. Alors que ces gens entraient dans l’hôpital, un des membres de l’équipe notait si la personne avait utilisé ou non le désinfectant pour les mains à base d’alcool. D’autres membres de l’équipe interagissaient avec chaque personne pour discuter de l’importance de l’hygiène des mains et pour les inviter à signer une « feuille/main » et à accrocher cette dernière dans l’arbre, à la vue des autres passants. On offrait à chacun des participants une bouteille de désinfectant pour les mains à base d’alcool ainsi qu’un signet leur rappelant leur engagement de se garder les mains propres. Chaque hôpital a conservé son « arbre » afin de l’utiliser ultérieurement lors de divers événements tels que les foires sur l’orientation et les compétences.

Apprentissages clés

 
Un arbre déjà plein de feuilles en mi-journée!
Bon nombre de bonnes leçons ont été apprises et incorporées au programme. Par exemple, il est recommandé que l’endroit où se tient l’activité soit choisi en fonction de l’achalandage des lieux et de la raison de la visite des gens afin de s’assurer qu’ils ont le temps de bavarder (par ex. devant le casse-croûte plutôt qu’à l’entrée du service des urgences). Il est important d’avoir un bon message clé et de s’en tenir à celui-ci – il doit être court car les gens n’ont pas le temps d’écouter un long discours. Certains facteurs doivent être pris en considération, notamment la barrière linguistique et les populations particulières (si on s’adressait par exemple à des patients qui consultent pour des problèmes de santé mentale, on n’offrirait pas de désinfectant pour les mains à base d’alcool et on utiliserait le mot « consentement » avec précaution*). Les gens n’aiment pas que l’on retire leur « main » de l’arbre quand il devient trop plein, alors il faut prévoir une solution de rechange si la participation est plus importante que prévu. Certains médecins étaient « trop occupés » pour s’arrêter alors que d’autres ont participé et ont par la suite encouragé d’autres médecins à le faire. C’est une bonne idée d’intégrer un médecin à l’équipe. 

L’utilisation des techniques de marketing social a permis la réalisation d’une activité unique visant à promouvoir l’hygiène des mains dans les hôpitaux, activité qui a par ailleurs reçu une réponse positive de la part du personnel et des passants. De nombreux hôpitaux participants ont maintenant des arbres dans leurs unités qui servent à rappeler constamment aux membres du personnel leur engagement envers l’hygiène des mains.

*N.D.T. Faisant référence au terme « hospitalisation sans consentement ».

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La campagne du Québec reçoit un prix pour la sécurité des patients

La campagne du Québec « Ensemble, améliorons la prestation sécuritaire des soins de santé! », a reçu la « mention d'honneur » de la part du Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec dans le cadre d’un concours sur la sécurité des patients. Ce prix, ainsi qu’un chèque de 5 000 $, a été présenté lors d’une cérémonie qui s’est tenue à Québec, en octobre 2009.

La campagne du Québec a été mise sur pied en 2005 par le CHUM dans le but d’améliorer la prestation des soins de santé et la sécurité des patients pendant qu’ils reçoivent ces soins. Quelque 46 établissements de soins de courte et de longue durée participent à cette campagne et travaillent à la mise en œuvre de l’une ou de plusieurs des 10 stratégies fondées sur des données probantes et de lignes directrices de pratiques exemplaires éprouvées qui, lorsqu’elles sont appliquées, diminuent le risque pour les patients et réduisent les conséquences associées aux événements indésirables. Au Québec, plus de 86 équipes interdisciplinaires prennent part à la campagne pour l’amélioration des soins aux patients. En août 2009, les bureaux de la campagne ont été déménagés du CHUM vers l’Hôpital général juif.

Pour obtenir de plus amples renseignements, voyez le vidéoclip sur la remise du Prix qui présente la synapse du Québec et comprend des entrevues avec Anne Lemay et My Lan Pham Dang. On y présente également les membres suivants du personnel de l’Hôpital général juif : Dr Hartley Stern, chef de la direction et Lynne McVey, directrice des soins infirmiers; Dr Denny Laporta, chef de l'unité des soins intensifs, ainsi que l’unité des soins intensifs.

Le prix de 5 000 $ sera utilisé pour compenser les coûts liés à une activité éducative pour les établissements participant à la campagne du Québec.

Sincères félicitations de la part de vos collègues du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!

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Le programme de prix décerné aux hôpitaux pour la prévention de la thromboembolie veineuse (TEV) est maintenant établi

Dans le cadre de la campagne Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!, on a créé un prix sur la prévention de la TEV à l’hôpital pour reconnaître les hôpitaux qui se sont engagés à prévenir la TEV et qui ont affecté les ressources nécessaires à l’atteinte de cet objectif. Le programme de reconnaissance prévoit présenter les détails relatifs aux stratégies d’amélioration et aux plans de mise en œuvre de trois hôpitaux, afin d’aider d’autres hôpitaux à améliorer leurs initiatives en matière de prévention de la TEV et de ses complications potentiellement fatales.

Tout hôpital canadien dans lequel on effectue des chirurgies générales majeures ou des traitements chirurgicaux de la fracture de la hanche et qui participe à la campagne Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! peut s’inscrire et courir la chance de remporter le prix sur la prévention de la TEV à l’hôpital.

Les prix seront remis à trois centres d’excellence en novembre 2010, au cours de la Semaine nationale de la sécurité des patients. Les trois hôpitaux seront reconnus à l’échelle nationale sur le site Internet des SSPSM, par la communauté de pratique sur la TEV des SSPSM et dans le bulletin des SSPSM. Les lauréats recevront une subvention à visée éducative sans restriction de 5 800 $ afin d’appuyer de nouvelles initiatives sur la sécurité des patients dans leur établissement.

Le prix sur la prévention de la TEV à l’hôpital est rendu possible grâce à une subvention à visée éducative de Pfizer Canada Inc. Pour obtenir plus de renseignements, rendez-vous sur le site du programme Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!

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Inscrivez cette date à votre agenda!

Le Forum canadien sur la sécurité des patients et l’amélioration de la qualité se tiendra du 12 au 14 avril 2010 à l’hôtel Westin Harbour Castle à Toronto, en Ontario.

Le thème du 2e Forum annuel est : « Améliorer la qualité dans l’ensemble du continuum des soins ». Notre édition 2010 du Forum réunira des conférenciers parmi les meilleurs au monde comme Jim Easton du Royaume-Uni, un leader du domaine du changement et de la transformation des systèmes, et Rahaf Harfoush, qui a utilisé les médias sociaux lors d’une campagne qui a changé l’histoire, celle de Barak Obama! Cliquez ici pour en savoir plus

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Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! Conférence préliminaire

Des Soins de santé plus sécuritaires maintenant! Aller de l’avant avec une énergie renouvelée, une conférence préliminaire d’une journée, se tiendra le lundi 12 avril 2010, de 9 h à 16 h à l’hôtel Harbour Castle de Toronto. Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez notre site Internet grâce au lien suivant : Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!

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Liste de vérification dans le cadre de chirurgies sécuritaires
Lancement du Collectif « Les chirurgies sécuritaires sauvent des vies » – Série sur la liste de vérification

Le Collectif « Les chirurgies sécuritaires sauvent des vies » a pour but de réunir des gens qui travaillent à améliorer la sécurité des chirurgies dans le système de soins de santé canadien. Le collectif consistera en une série de projets portant sur divers sujets liés à la sécurité dans le cadre d’une chirurgie (liste de vérification, thromboembolie veineuse [TVE] prévention des infections du site opératoire [ISO]). La série sur la Liste de vérification est le premier programme à être lancé. Il s’agit d’un projet virtuel d’une durée de trois mois offert gratuitement et destiné à aider les responsables de programmes de chirurgie, ainsi que les équipes et les personnes travaillant dans un bloc opératoire à mettre en œuvre la Liste de vérification d’une chirurgie sécuritaire. La série sur la Liste de vérification sera offerte à divers moments, si elle suscite suffisamment d’intérêt. Cliquez ici pour en savoir plus.

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