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5/20/2014 6:00 PM

​​L’hôpital Bridgepoint Health (Bridgepoint) a adopté une approche innovante d’autonomisation pour faire progresser la sécurité des patients à l’échelle de l’établissement. Basé sur le modèle et le cadre du Programme d'éducation en sécurité des patients — Canada (PESP-Canada) axé sur la formation des formateurs, Bridgepoint a instauré un programme de formation en sécurité des patients qui a eu un effet d'entraînement sur l’évolution de sa culture de sécurité des patients.

Kate Wilkinson, directrice de la qualité et de la sécurité des patients à Bridgepoint et maître-animateur du PESP — Canada, a joué un rôle clé dans l’instauration du programme PESP – Canada à Bridgepoint. Kate, avec l’aide de trois animateurs — Steve Hall (spécialiste en éducation d’Allied Health), Carla Gibson (infirmière éducatrice) et Zahir Hirji (infirmière en pratique avancée, prévention des infections) — a personnalisé le programme PESP — Canada pour Bridgepoint en vue d’effectuer des modifications pratiques dans les attitudes, les comportements et les connaissances touchant la sécurité des patients. « Nous devions élargir nos compétences, ça ne pouvait pas venir d'un seul individu », explique Wilkinson. « Le modèle PESP – Canada nous a donné l'occasion de former un groupe plus important d'individus au rôle d’animateur et est structuré afin de permettre aux participants de devenir formateurs en sécurité des patients. »

Le programme inaugural d'éducation en sécurité des patients à Bridgepoint a formé 40 membres du personnel; 48 autres individus suivent le programme actuellement. Pour prendre part au programme de Bridgepoint, les individus ont dû suivre un processus de demande et présenter un projet de travail spécifique dont la mise en œuvre ferait progresser la sécurité des patients et avoir un impact positif sur les soins des patients.

En créant un programme d'éducation en sécurité des patients, Bridgepoint a cherché à améliorer le contenu du cours afin de le rendre plus pertinent pour ses participants. Adapter le programme du PESP — Canada pour qu’il réponde à ses besoins et intérêts a pris beaucoup de temps et d’efforts. Toutefois, en intégrant des exemples provenant de Bridgepoint dans les modules, les organisateurs ont pu accroître la compréhension de ce qui était déjà en place et aider les participants à cerner l’essentiel en matière de sécurité des patients.

Chacun des animateurs a eu la tâche de créer des modules selon ses intérêts particuliers. « Nous avons aimé le fait de pouvoir prendre les modules PESP — Canada et les modifier pour nos besoins avec une perspective locale », a dit Gibson. « Nous avons consciemment pris des décisions sur ce que nous voulions offrir, sur les éléments importants, le fonctionnement, comment présenter et quels outils utiliser », ajoute Wilkinson. « Nous avons également créé des pré/post-tests afin de comprendre l'application des connaissances et d'évaluer le cours d'un point de vue des résultats. »

Le groupe a fait preuve d’innovation en trouvant l’idée d’assigner un thème pour chaque session et d’y lier un aspect de la sécurité. Par exemple, une session sur le travail d'équipe a été conçue selon le thème des courses de Formule Un. « Lorsque nous avons pris des exemples particuliers de nos expériences pour les études de cas et les jeux de rôle, le message était vraiment bien compris et le contenu a été adapté pour les participants à Bridgepoint », souligne Hall.

Quatre séances d'une journée ont été élaborées — des séances conçues pour se compléter sans répéter le contenu. Les animateurs voulaient s'assurer d’avoir des séances interactives et pertinentes pour les participants, et les activités étaient souvent changées pour maintenir l’engagement des apprenants avec le contenu du cours. Chaque séance offrait une bonne répartition de jeux de rôles et d’études de cas. « Nous avons créé des modules couvrant quatre jours de cours, mais en pratique, nous avons modifié le contenu en cours de route suite aux commentaires reçus à la fin des séances et aux besoins des apprenants », indique Wilkinson.

Avant chaque session, les participants ont reçu une trousse contenant deux ou trois articles pertinents et cette documentation préparatoire a été utilisée dans les séances pour lier le contenu. Conscients des modes d'apprentissage des adultes, les animateurs prévoyaient que les articles ne seraient pas nécessairement lus par tous, mais savaient aussi que certains participants souhaiteraient les lire à l'avance. Les animateurs ont pu démontrer la valeur de la documentation préparatoire en l’envoyant à l’avance et en l'utilisant dans les séances.

Chaque séance débutait avec une plénière visant à attirer l'attention des gens, à la retenir tout au long de la journée, et à aider les participants à comprendre l'importance réelle du travail qu'ils accomplissent. « Nous avons limité la durée de la séance plénière et l’avons moins axée sur le contenu afin de favoriser un impact fort et le « facteur wow », dit Wilkinson.

Certains modules ont présenté la formation en partenariat avec des coanimateurs. Les animateurs soulignent que cette approche est plus longue à planifier d’office parce qu’il faut travailler en groupe plutôt qu'individuellement. « D'une certaine façon, nous avons modélisé des comportements interprofessionnels au sein de notre équipe et les séances étaient beaucoup plus dynamiques grâce à la coanimation », précise Hall. « Présenter le contenu, animer et gérer les questions représente beaucoup de travail pour une seule personne. L’approche a très bien fonctionné et nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler en équipe. »

Les animateurs ont rapidement reconnu que plus les séances étaient interactives, plus les gens réagissaient et participaient. « Quand nous avons fait le jeu de rôles, nous avons créé un environnement sécuritaire où les gens se sentaient pris en charge », dit Gibson. « Ils se sont engagés dans le processus, un signe évident qu’on a bien fait les choses. »

Certaines séances proposaient des conférenciers collaborant avec les animateurs. Certains de ces conférenciers étaient du public et d'autres venaient de l'extérieur. Le fait d'avoir des experts au sein de l’établissement et de les entendre s’exprimer à propos de la sécurité des patients offrait une perspective rafraîchissante et ajoutait de la variété aux séances.

Toutefois, les animateurs ont rappelé que le fait d’assister à un cours ne suffit pas car pour être efficace, il faut avoir le soutien de la direction et la présence de gens dévoués au sein de l'établissement qui savent animer et qui ont aussi un intérêt pour la sécurité des patients. Grâce à l’intégration de projets de travail dans le programme, ils ont pu garder le contact avec les participants et apporter des compétences indispensables de résolution de problèmes sur la ligne de front.

Toutes les équipes ont préparé des affiches sur leurs projets, qu’ils ont ensuite présentés lors de leurs visites cliniques. Deux des équipes ont présenté leurs projets aux membres du Conseil et à la direction de l’hôpital. « Ce n'est pas souvent qu’on voit des membres du Conseil engagés et posant des questions au personnel sur des thèmes communs de sécurité des patients », dit Hall. « Pouvoir observer ça et voir l’évolution était très enrichissant et les deux parties ont pu apprendre grâce à cette interaction. »

« Les participants apprennent beaucoup à propos de ce qu’il faut faire pour améliorer la sécurité des patients dans leur pratique et comment y parvenir; et ils savent maintenant ce qu'ils feraient différemment dans une situation où la sécurité des patients est compromise », dit Wilkinson. « Le plus important, c'est qu'ils sentent désormais qu’ils ont les moyens d’agir. »

Au printemps de 2013, Bridgepoint emménagera dans de nouvelles installations de pointe. L'hôpital passera de 10 à 14 unités-les unités seront plus petites et les équipes changeront. Les besoins en formation et en éducation de chaque membre du personnel seront évalués en vue de la transition. Étant donné un plus grand nombre d'équipes et une configuration des lits différente, il y aura beaucoup de défis de travail d'équipe et de communication à régler du point de vue la sécurité des patients. « Nous devons intégrer la formation en sécurité des patients dans l’apprentissage de base. Il pourrait s’agir d’un module autonome de quatre heures ou d’un thème commun intégré dans l’ensemble du contenu – ce n'est pas encore décidé », dit Wilkinson. « Notre objectif est que chaque membre du personnel de soins directs bénéficie d’un programme de formation de base en sécurité des patients qui touchera au travail d'équipe et aux communications, à la technologie et aux facteurs humains et à la pensée systémique. »

Cet article est le premier d'une série en trois parties sur la façon dont Bridgepoint Health a personnalisé le Programme d'éducation en sécurité des patients — Canada pour faire progresser la sécurité des patients dans l’établissement. Cliquez ici pour en savoir plus sur les participants et leurs projets en milieu de travail.