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Public; Fournisseur; Leader
3/21/2018 6:00 PM

Avec la collaboration de Dr Thuy-Nga Pham et des résidents Roarke Copeland et Stephanie Goddard de l'hôpital Michael Garron et le soutien de l'Université de Toronto, Dre Margarita Lam-Antoniades, de l'hôpital St. Michael de Toronto, a participé à la création d'une série d'outils d'enseignement aux résidents de médecine familiale sur les incidents liés à la sécurité des patients.

Le Département de médecine familiale de l'hôpital St. Michael compte six cliniques communautaires affiliées à l'Université de Toronto. À l'heure actuelle, on compte 40 résidents en médecine familiale en formation à l'hôpital St. Michael.

Pourriez-vous nous parler de votre projet?

Bon nombre de nos résidents ont reçu quelques notions sur l'amélioration de la qualité qui ne référent pas explicitement à la sécurité des patients. Y voyant là une belle occasion à saisir, nous avons dès lors examiné comment nous pourrions souligner le rôle de la sécurité des patients dans la pratique clinique quotidienne.

Il est difficile d'inculquer les notions de sécurité des patients dans une salle de cours. Aussi, nous avons mis au point un outil destiné aux précepteurs et aux résidents pour mieux intégrer les leçons tirées des incidents liés à la sécurité des patients dans leur pratique clinique quotidienne. Stephanie et Roarke ont proposé l'idée du signalement des incidents par les résidents. Résidents à l'Hôpital Michael Garron, ils y ont mis au point un outil de déclaration des incidents dans le cadre de leur projet d'amélioration de la qualité (AQ). De concert avec le Département de médecine familiale et communautaire de l'Université de Toronto, nous avons collaboré pour peaufiner cet outil d'enseignement. À l'hôpital St. Michael, nous avons décidé de l'adapter pour en faire un outil de discussion des incidents – un support non intimidant –, car nous avions déjà un système de déclaration des incidents liés à la sécurité des patients. Destiné à être utilisé pendant l'enseignement clinique, un outil bref et pratique a donc été conçu pour dresser un bilan et réfléchir sur les derniers incidents.

L'outil se compose d'un diagramme cause‑effet (ou Ishikawa) et d'une brève liste de questions pour guider la réflexion sur les changements systémiques. Le diagramme en arête de poisson invite les résidents à recadrer les incidents dans un contexte plus global en examinant les facteurs contributifs au-delà de leurs propres actions. Parfois très sévères envers eux-mêmes, les cliniciens hésitent à sortir des sentiers battus; ce processus leur fait enlever leurs œillères. L'emploi de l'outil invite à formuler un jugement. Est-ce que l'incident soulève des problèmes systémiques? Doit-il être signalé par le système officiel de déclaration des incidents liés à la sécurité des patients? Tous les trimestres, les dirigeants du département examinent les cas soumis pour déterminer la nécessité d'apporter des changements systémiques et coordonner, s'il y a lieu, leur mise en œuvre.

Le nombre d'incidents liés à la sécurité des patients dans les soins primaires tend à être plus élevé en raison du plus grand nombre de patients soignés; toutefois, le nombre d'incidents critiques est moindre en raison d'un niveau de discernement plus élevé. L'outil de discussion peut mener à une réflexion sur une multitude de questions, y compris la prévention des erreurs de médication, un diagnostic tardif ou manqué, la mauvaise communication des résultats des tests outre entre les fournisseurs de soins.

Quels besoins sont considérés par cet outil de discussion de la sécurité des patients et pourquoi?

L'outil répond au besoin d'un dispositif pour guider la réflexion des résidents sur les incidents liés à la sécurité des patients. Son emploi doit s'intégrer aisément à leur apprentissage quotidien. Encouragés par leurs précepteurs, les résidents sont alors incités à réfléchir à la façon de changer les systèmes environnants pour réduire le risque pour les patients. L'outil est suffisamment adaptable pour la discussion de tout type d'incident, mineur ou majeur, y compris les accidents évités de justesse.

En quoi cet outil est-il innovateur?

Il l'est par sa façon pragmatique, engageante et non intimidante d'initier les résidents en médecine familiale à la sécurité des patients dans un milieu clinique achalandé, une problématique qui n'est actuellement pas abordée dans le programme d'études.

Cette initiative est susceptible d'opérer un changement personnel, clinique, départemental et systémique.

Quelle est la principale leçon que vous retirez de ce projet que vous aimeriez transmettre?

Il est important de reconnaître qu'il est difficile de changer.

La diversité de la clientèle que nous traitons, conjuguée à la réalité du travail dans de multiples sites, a représenté un défi. Nous devions évaluer l'importance des partenariats. Nous avons dû affronter des défis liés à l'infrastructure et à divers processus aussi, la souplesse était de mise.

Est-ce que les outils sont reproductibles? D'autres personnes peuvent-elles les adopter?

Ces outils d'enseignement de la sécurité des patients sont suffisamment génériques pour être adaptés au contexte local de la plupart des milieux de médecine familiale. Nous aimerions les voir essaimer d'autres sites d'enseignement des soins primaires.

Grâce à l'appui du programme d'amélioration de la qualité du Département de médecine familiale et communautaire de l'Université de Toronto, nous évaluerons notre travail et nous espérons publier nos résultats dès que possible.

Où peut-on trouver de plus amples renseignements?

Écrivez à Margarita Lam-Antoniades à antoniadesm@smh.ca