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Fournisseur; Leader; Public
2/28/2018 5:00 PM

Fraser Health, c'est en moyenne par jour 42 naissances, 1208 visites à l'urgence, 457 chirurgies, 630 visites d'infirmières et infirmiers à domicile et 740 clients prestataires de services en santé mentale à l'un de nos 12 hôpitaux de soins aigus et sites de soins communautaires ou de nos 80 établissements de soins en résidence. Ou, dit autrement, c'est 10 000 lits, un personnel de 25 000 personnes, 2600 médecins et 8000 bénévoles répartis dans la région du Lower Mainland de la Colombie-Britannique.

​Kevin Hare​Nicole Quilty

Les #SuperSHIFTERS Kevin Hare, directeur principal, qualité clinique et priorités stratégiques et Nicole Quilty, directrice, qualité clinique et sécurité des patients, nous entretiennent sur la façon dont les indicateurs de qualité ont permis de réduire les préjudices aux patients et amélioré les résultats en matière de qualité à Fraser Health.

Parlez-nous de votre projet.

À partir de 2015, nous sommes passés d'une approche réactive aux préjudices à une approche proactive axée sur la prévention, en misant sur des pratiques fondées sur les données probantes qui mettent l'accent sur six indicateurs visant un changement de culture.  

En tant qu'organisation, nous avons pris le temps d'examiner les indicateurs de mesure et de voir ce qui se passe et où les préjudices se produisent.  Lorsque l'hôpital a entrepris une restructuration en 2014, sous la direction d'un nouveau DG, nous sommes passés d'une gestion programmatique à un modèle de leadership basé sur le site. Le portefeuille des priorités en matière de stratégie, de sécurité des patients et de qualité a été assigné pour créer une structure de la qualité ainsi que pour élaborer des plans de gestion intégrés en matière de qualité et de sécurité des patients, et pour éventuellement arrimer ceux-ci au plan opérationnel.  

La première étape a consisté en une revue en profondeur de la littérature, menée par notre équipe des services de bibliothèque, et en la création d'une liste exhaustive d'indicateurs. À partir de là, nous avons dépouillé nos données internes et celles émanant du ministère de la Santé et de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) pour créer une liste globale d'indicateurs à examiner – nous avons dressé une impressionnante liste de 150 indicateurs. Nous avons ensuite épluché les indicateurs de la qualité pour en dégager ceux ayant trait à la sécurité des patients.  Parallèlement, nous faisions notre travail sur les indicateurs de la sécurité.  L'ICIS en était aux dernières étapes de l'élaboration des indicateurs des préjudices à l'hôpital. Lorsque ces indicateurs ont été publiés, nous nous en sommes servis comme points de référence pour valider notre propre liste d'indicateurs.

Nous avons été heureux de constater que nos indicateurs de la sécurité correspondaient aux indicateurs des préjudices à l'hôpital. Cela confirmait que les deux processus visaient vraiment la bonne cible, la prévention des préjudices évitables aux patients dans notre système.  Voyant que les indicateurs des préjudices à l'hôpital correspondaient parfaitement avec notre système et qu'ils n'étaient pas simplement des indicateurs au hasard sélectionnés par une organisation tierce, nous avons mis davantage d'accent sur leur utilisation. Nous avons identifié 18 priorités de la sécurité des patients, dont six ont été retenues par la direction pour être mises en œuvre pendant une période de deux ans.  Nous avons ensuite élaboré des impératifs stratégiques et opérationnels de prévention des préjudices en créant des priorités organisationnelles de la sécurité des patients.

Les six priorités de la sécurité des patients identifiées sont l'hygiène des mains, le clostridium difficile (C. diff), la sepsie, le bilan comparatif des médicaments, les infections des voies urinaires et la pneumonie. Nous nous sommes initialement fixé un objectif de 50 pour cent d'amélioration dans chacune des priorités. Toutes les priorités devaient demeurer partie intégrante du plan pendant au moins deux ans afin d'assurer une mise en œuvre durable.

Votre initiative de prévention des préjudices visait quelle problématique et pourquoi? 

Les recherches menées par l'ICIS ont révélé qu'un patient hospitalisé sur 18 était victime d'un événement préjudiciable dans les établissements de soins aigus au Canada. Cette inquiétante statistique nous a incités à s'attaquer au problème en faisant quelque chose de différent. Faisant suite à la vérification d'Agrément Canada en 2015, nous nous sommes engagés dans un processus qui a mené à notre plan de la qualité global. Ce plan visait une meilleure correspondance entre la formation dispensée à notre personnel et les priorités de la sécurité des patients, ceci nous assurant d'avoir un réel impact sur la sécurité des patients.

En quoi le processus mis en place était-il innovateur?

C'était un processus robuste qui a changé les perceptions au sein du personnel. Le programme Safety Starts with Me mobilise l'engagement du personnel envers les six priorités de la sécurité des patients. La campagne évoluait vers un appel à l'action, où les priorités étaient associées à des actions précises que pouvaient poser les membres du personnel pour prévenir les préjudices. De plus, des outils et ressources étaient mis à leur disposition pour les aider à réaliser l'objectif. Nous avons assigné des leaders du personnel à des indicateurs spécifiques pour soutenir le progrès. Nous avons mis sur pied des comités de planification composés de représentants de la pratique professionnelle ainsi que de la prévention et du contrôle des infections, et de différentes ressources apportant une perspective organisationnelle.  Des porte-parole des patients et des familles ont également été inclus dans tous les comités.

Nous avons assuré le suivi des progrès et partagé les résultats avec les membres du personnel à l'échelle des unités. Nous tenions de vastes réunions trimestrielles de mise à jour où nous faisions le point sur les progrès effectués et le travail en cours. Les équipes y présentaient leur travail.

Les données des indicateurs étaient compilées dans les fiches de compte rendu à l'échelle de l'unité, du site et de l'organisation. Nous partagions les résultats au terme de chaque période de compte rendu, qui s'étendait sur 28 jours. Certains indicateurs faisaient l'objet de rapports trimestriels, selon les chiffres obtenus. Les fiches de compte rendu étaient distribuées aux équipes responsables de la qualité, au comité directeur régional de la qualité et de la sécurité des patients, au comité exécutif clinique, au comité de la qualité relevant du conseil d'administration et au conseil d'administration de Fraser Health. Entre autres éléments importants de notre suivi des progrès, nous partagions les données à l'échelle du site, avec les équipes de la ligne de front et à travers la structure de gouvernance de la qualité. Cela permettait de concevoir des plans de la qualité en fonction de l'information que nous procuraient les données.

Du point de vue statistique, tous les indicateurs ont démontré des améliorations importantes pour la période de deux ans. De plus, nous avons constaté une réduction des écarts du processus, ce qui a conduit à une sécurité des patients accrue.

Quelle leçon ou apprentissage a-t-on pu en tirer?

Le temps consacré à la planification avant la mise en œuvre des mesures d'amélioration s'est avéré fort précieux. Grâce à un processus minutieux, rigoureux et engageant, nous avons suscité un plus grand engagement envers les priorités de la sécurité des patients de la part de notre personnel.

Trois importantes leçons à retenir : Premièrement, il est important que vos experts des données soient présents pour aider à décomposer les données. Cela permet d'approfondir la compréhension et la discussion. Les personnes doivent bénéficier de l'espace voulu pour mener les discussions dont elles ont besoin.  Deuxièmement, le travail sera votre premier guide. Dès le départ, obtenez l'appui de personnes qui pourraient être intéressées. Trouvez des gens particulièrement passionnés par leur travail et mobilisez-les. Troisièmement, n'hésitez pas à recruter des personnes que vous n'incluez pas normalement dans le processus de planification et d'amélioration. Vous serez étonné de la valeur de leur contribution à la discussion.  

Est-ce que d'autres peuvent s'inspirer de ce que vous avez fait et répliquer votre succès? 

Si la sécurité des patients est un enjeu que priorise votre organisation, alors vous aussi pouvez faire ce que nous avons fait! Investissez du temps, examinez vos données/vos indicateurs et comprenez-les entièrement. La plupart des organisations ont une structure déjà en place dont ils peuvent se servir pour encadrer le processus. L'indicateur des préjudices à l'hôpital de l'ICIS a été notre point de départ pour amorcer la discussion – Ces indicateurs nous posent-ils quelque problème? – Que nous disent nos données? Sélectionnez vos indicateurs et faites en sorte qu'ils demeurent centrés sur la sécurité des patients.

Où peut-on trouver de plus amples renseignements?

Kevin Hare, directeur principal, qualité clinique et priorités stratégiques
Kevin.Hare@fraserhealth.ca

 Nicole Quilty, directrice, qualité clinique et sécurité des patients
Nicole.Quilty@fraserhealth.ca 

Voyez le webinaire (en anglais seulement) qui montre comment Fraser Health utilise la Mesure des préjudices à l'hôpital pour documenter ses initiatives et priorités en matière de qualité et de sécurité des patients : Hospital Harm Measure: Can it really be used for Improvement?