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5/20/2014 6:00 PM

​​Lorsque les patients sont lésés, il y a souvent une deuxième victime - un prestataire de soins de santé traumatisé par l’événement. Le soutien aux professionnels de la santé touchés par des événements indésirables de sécurité des patients a été l’objet du webinaire Quand soigner fait mal : aider les aidants à soigner du 27 avril 2015. Près de 1000 participants se sont inscrits à la présentation de 90 minutes organisée par Alberta Health Services et l’Institut canadien pour la sécurité des patients.

La Dre Katrina Hurley, médecin à l’urgence du Centre de santé IWK à Halifax, en Nouvelle-Écosse, a relaté son expérience lors de la perte d’un garçon de deux ans et raconté les erreurs qui ont été faites. « En tant que médecin et parent, j’ai fait beaucoup d’erreurs, admet la Dre Hurley. Bien que je ne me considère pas comme une experte en erreurs, j’ai assez ruminé tout cela pour apporter mon point de vue sur l’impact pour les praticiens de soins de santé. Chaque erreur que vous faites devrait vous aider à prendre de meilleures décisions. »

La Dre Hurley souligne que, souvent, les médecins sont les derniers à rechercher le soutien de leurs pairs. Elle s’est tournée vers un collègue médecin et vers le soutien de sa famille après la mort de son patient. Elle rappelle aussi combien il est important d’étouffer les ragots lorsque survient un événement indésirable, soulignant que les ragots peuvent saper la confiance dans votre capacité à effectuer vos tâches cliniques. 

Le Dr Bruce MacLeod, médecin d’urgence en service actif et conseiller médical provincial pour la qualité et la sécurité des patients auprès d’Alberta Health Services (AHS) a montré comment le stress environnemental affecte les prestataires de soins de santé, citant un taux de roulement de 80 % en soins infirmiers après la la perte d’un jeune enfant dans un hôpital de l’Alberta. « Trop souvent, nous jugeons alors que nous devrions apporter notre appui, explique le Dr MacLeod. Nous devons fournir de meilleurs soins à notre propre personnel, ici à Alberta Health Services. »

 

Disponible en anglais seulement

AHS a réuni une équipe multidisciplinaire pour développer un cadre sur les principes d’intervention et de soutien, visant à favoriser le bien-être psychologique après un événement indésirable. Le Dr MacLeod a invité d’autres organisations de soins de santé à parler de leurs défis et de leurs procédures, pour que nous puissions apprendre les uns des autres et poursuivre le dialogue sur l’aide aux secondes victimes.

Le Dre Verna Yiu, vice-présidente à la qualité et médecin hygiéniste en chef pour AHS, a reconnu les sentiments de culpabilité, de honte et de remise en question ressentis par les prestataires de soins de santé à la suite d’événements indésirables. Elle a salué le courage de ces personnes qui prennent les devants pour raconter leur histoire, rappelant qu’on ne peut pas changer les mentalités sans d’abord apprendre de ceux qui en ont personnellement fait l’expérience.

« Nous ne devons jamais perdre de vue les conséquences de ces incidents sur les patients et les familles, explique la Dre Yiu. Fournir davantage de soutien pour nos deuxièmes victimes et promouvoir une culture psychologiquement saine est une autre façon de rendre hommage à nos patients. »

Le Dr Albert Wu, qui pratique la médecine interne, codirige le RISE (Resilience in Stressful Events - résilience face aux événements stressants), le programme d’aide au personnel de l’hôpital John Hopkins à Baltimore, au Maryland. L’objectif de l’équipe de RISE est de fournir un soutien par les pairs en temps opportun à tout employé qui fait face à un événement stressant relié aux patients. « Il y a toujours des secondes victimes, pas seulement en cas d’erreur, mais souvent aussi lors des accidents évités de justesse, souligne le Dr Wu. Tout ce qui vous choque ou vous émeut peut se traduire par un traumatisme émotionnel où vous êtes une seconde victime. »

L’équipe de RISE est un groupe volontaire d’individus qui fournissent de l’aide sûre, sans jugements et entre pairs aux employés qui ont vécu un événement stressant lié au patient. Elle comprend des gestionnaires, des infirmières en position d’autorité, la pastorale, des travailleurs sociaux, des médecins, des chirurgiens, des inhalothérapeutes, des pharmaciens et d’autres encore, qui sont disponibles 24 heures par jour, sept jours par semaine. Son rôle ne consiste pas à enquêter ou à rendre compte au superviseur de l’individu. 

L’équipe de RISE fournit des premiers soins psychologiques RAPID. RAPID est l’acronyme de Reflective Listening, Assessment of Needs, Prioritization, Intervention and Disposition - écoute active, évaluation des besoins, priorisation, intervention et disposition. Le Dr Wu explique que les premiers soins psychologiques apportent de la compassion et une assistance pratique aux personnes récemment exposées à de graves facteurs de stress. Cette pratique non intrusive de soins et de soutien comprend :

  • Évaluer les besoins et les préoccupations
  • Écouter, mais ne pas mettre de pression sur les gens pour parler
  • Réconforter les gens et les aider à se sentir calmes
  • Aider les gens à trouver l’information, les services et du soutien social

L’hôpital John Hopkins a développé un programme pour aider d’autres organisations de soins de santé à mettre en œuvre des programmes d’aide aux secondes victimes. Le guide de mise en œuvre de RISE décrit les étapes d’implantation du programme et propose des modules de formation pour appuyer les aidants des premiers soins psychologiques, procurant aux pairs intervenants toutes les compétences dont ils ont besoin pour agir efficacement.

Pour en savoir plus sur l’aide aux soignants après des incidents traumatisants liés aux patients. Le webinaire a été archivé et est disponible à www.soinsplussecuritairesmaintenant.ca