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10/2/2018 6:00 PM

Par : Madeline Kubiseski:

Madeline est étudiante à la maîtrise en administration de la santé à l'Université Dalhousie. Bachelière en biologie de l’Université McMaster, elle obtient une maîtrise ès sciences en santé mondiale dans cette institution. L’ICSP l’a accueillie cet été dans le cadre d’un internat au cours duquel elle a collaboré à divers projets. Ayant obtenu au printemps sa maîtrise en administration des affaires, elle prévoit retourner au Népal et présenter une demande de stage à l’Organisation mondiale de la Santé.



« Que dirais-tu de l’
Institut canadien pour la sécurité des patients? » a proposé mon professeur lorsque je me suis demandé effectuer ma résidence d’été. 

C’était au début d’octobre. Je venais de terminer le premier mois de ma maîtrise en administration des services de santé à l’Université Dalhousie, et déjà il me fallait choisir où j’allais faire ma résidence, dans huit longs mois. Cette décision était difficile à prendre, au moment où j’essayais encore de m’adapter à ma ville d’adoption et au programme de maîtrise après un été à l’étranger. J’avais du mal à définir le but que je visais avec mes études, et spécialement avec ma résidence. 

J’ai dû avouer à mon professeur que je n’avais jamais entendu parler de l’ICSP, mais j’étais intriguée. Pourtant, j’avais déjà accumulé plusieurs expériences de travail et de bénévolat dans le système de soins de santé. Durant mes études de baccalauréat, je passais mes étés à travailler comme adjointe administrative dans une clinique familiale, comme assistante en pharmacie chez Rexall et comme bénévole au centre de soins palliatifs ou à l’hôpital local, et j’ai eu la chance de grandir dans une famille comptant un médecin de famille. À 17 ans, mes passions pour les voyages et les soins de santé m’ont menée au Kenya, chargée de fournitures médicales pour une clinique de Nairobi, et j’ai récemment séjourné pendant trois mois au Népal pour établir un poste sanitaire dans une région rurale. Mais malgré toutes ces expériences, je n’avais jamais eu d’interactions avec le domaine de la sécurité des patients et son incidence sur notre système de soins de santé. 

En rétrospective, la sécurité des patients m’avait effleuré l’esprit lorsque j’étais alitée dans un hôpital du Népal où j’avais été admise pour des symptômes gastro-intestinaux. Je me trouvais dans une salle en compagnie de plusieurs femmes népalaises, toutes entourées de leurs proches, vêtus de beaux habits colorés. Malgré la prévalence plus élevée qu’à l’habitude de tuberculose au Népal, je me suis rendu compte à ce moment que l’hôpital n’était doté d’aucune salle d’isolement, comme on retrouve couramment au Canada. On n’y trouvait aucune barrière ni aucun équipement protecteur, aucun dispositif de prévention des infections, et j’étais incapable de lire les renseignements relatifs aux médicaments que je prenais. J’ai commencé à minquiéter de la possibilité que je quitte l’hôpital plus malade que je ne l’étais à mon arrivée. Pendant les 48 heures que j’y ai passées sans télévision ni téléphone, avec seulement un livre que j’avais déjà terminé, j’ai commencé à réfléchir aux préjudices évitables et inévitables qui peuvent résulter d’un séjour dans un établissement de soins de santé. Je me suis demandé ce qui arriverait si je contractais une maladie infectieuse ou si on m’administrait les mauvais médicaments. Je me suis questionnée sur l’occurrence de tels incidents au Canada et dans d’autres pays développés. 

En effectuant des recherches sur la sécurité des patients et l’ICSP au début d’octobre, je ne pouvais m’empêcher de repenser à ces deux jours d’hospitalisation. Rapidement, j’ai compris que la peur que j’ai vécue dans cet hôpital isolé du Népal existait ici même, au Canada. Sur le site Web de l’ICSP, j’ai consulté la longue liste de ses sujets d’intérêt dans les quatre catégories suivantes : sécurité des médicaments; prévention et contrôle des infections; travail d’équipe et communication; et sécurité des soins chirurgicaux. J’ai découvert des statistiques alarmantes au sujet des incidents liés à la sécurité des patients au Canada, du coût qu’ils représentent pour le système de santé et du taux de mortalité extrêmement élevé dans ces situations. Bien qu’au fil de mes années d’expérience de travail, de formation et de bénévolat, j’avais constaté que le système canadien avait besoin d’être amélioré dans plusieurs secteurs, je n’avais pas conscience de la gravité et de la prévalence des incidents en matière de sécurité des patients au Canada. J’étais scandalisée, mais ce constat m’a aussi instantanément inspirée et motivée à me renseigner au sujet de cette problématique et à demander un placement à l’ICSP. 

Depuis le début de mon baccalauréat et possiblement auparavant, j’ai toujours su que je souhaitais poursuivre une carrière dans le système de santé. J’admirais le travail acharné que ma mère accomplissait, son dévouement à sa carrière et sa passion pour l’amélioration de la santé et de la vie des autres. Durant de nombreuses années, j’ai eu du mal à envisager ce que je pourrais faire dans le système de santé, puisquune formation clinique en soins infirmiers ou en médecine ne m’intéressait pas. Toutefois, mon cheminement dans le programme dadministration des services de santé ainsi que mon séjour à l’ICSP m’ont permis de mieux comprendre l’important travail qui doit être accompli aux niveaux local, provincial, national et international pour améliorer la qualité, la sécurité et l’accessibilité des soins de santé. 

Au moment où je me prépare à ma deuxième année au programme d’administration des services de santé, je songe sans relâche à ce que l’avenir me réserve et à l’impact que j’espère avoir sur le système. Je me réjouis à l’avance de poursuivre des occasions professionnelles qui me permettraient de collaborer avec des professionnels de la santé, des dirigeants, des patients et des familles partout au pays dans le but de réduire les inefficacités du système, d’améliorer la qualité des soins, de réduire les incidents liés à la sécurité des patients et d’améliorer l’accessibilité et l’abordabilité des soins, particulièrement pour les populations marginalisées du Canada. En outre, je désire me consacrer à la sécurité des patients sur la scène mondiale afin de renforcer la compréhension et les recherches disponibles au sujet de cet enjeu dans les pays en développement et en transition. Je suis enchantée de réaliser un stage postuniversitaire à l’Organisation mondiale de la Santé, où j’aurai la chance d’acquérir de l’expérience au sein des services responsables de la sécurité des patients; de la gouvernance et du financement du système de santé; et de la prestation et de la sécurité des services dans le système de soins de santé. À mesure que nous continuons à faire progresser la sécurité des patients au Canada, j’espère que nous serons en mesure d’utiliser le savoir et les principes fondamentaux que nous possédons pour améliorer les systèmes de santé dans des pays en développement et en transition. J’espère que ce faisant, nous forgerons un avenir où les soins de santé seront abordables, accessibles, équitables, efficaces et sécuritaires pour tous.