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5/20/2014 6:00 PM

​​Réduire le nombre d’événements indésirables que subissent les enfants dans les hôpitaux canadiens

En tant que mère et infirmière, Sabina Robin fait infatigablement la promotion de soins de santé plus sécuritaires pour les enfants hospitalisés. Madame Robine a perdu sa jeune fille de sept mois, Mataya, suite à un événement indésirable survenu dans un hôpital. « Les enfants sont souvent incapables de s’exprimer et leur sécurité devrait être une priorité dans tous les contextes de soins, dit-elle. En fin de compte, tout repose sur le travail d’équipe et sur la communication, dans le respect des suggestions des proches concernés par les soins apportés à l’enfant. »

Plus de 9 % des enfants hospitalisés subissent des préjudices, qui peuvent mener à la mort, à l’incapacité, à une hospitalisation plus longue ou même à une nouvelle hospitalisation. L’étude canadienne sur les événements indésirables en soins pédiatriques, la première étude nationale sur les événements indésirables que subissent les enfants hospitalisés, identifie des secteurs où des efforts soutenus pourraient réduire les préjudices et rendre les soins pédiatriques plus sécuritaires.

La Dre Anne Matlow, chercheure principale et ex-directrice médicale de la sécurité des patients au Hospital for Sick Children (SickKids) estime que les résultats devraient agir de signal de réveil dans le dossier des événements indésirables chez les enfants hospitalisés et qu’ils présentent pour les centres et les cliniques communautaires pédiatriques l’occasion rêvée de mieux comprendre ce qui se passe dans leurs propres murs.

« Bien qu’il y ait beaucoup d’intérêt pour améliorer la qualité des soins pédiatriques et que beaucoup de travail se fasse en ce moment, il reste un grand nombre de problèmes à régler, comme fournir des effectifs, des outils et des ressources en quantité suffisante, mettre à jour les directives et normaliser l’équipement,  » raconte la Dre Matlow. « Ce rapport identifie les secteurs à risque dans les établissements, ceux qui devraient être prioritaires et les points précis où doivent s’exercer les efforts d’amélioration. »

Les résultats de l’étude se basent sur l’examen de 3 669 dossiers médicaux, provenant de 22 hôpitaux de sept différentes provinces canadiennes. Les dossiers des patients admis d’avril 2008 à mars 2009 ont été étudiés à l’aide des Paediatric Trigger Tool (CPTT) de l’Association Canadienne des centres de santé pédiatriques. L’analyse a été uniformément menée à travers quatre tranches d’âge (0 à 28 jours ; 29 à 365 jours ; 1 à 5 ans ; 6 à 18 ans).

Elaine Orrbine, présidente et chef de la direction de l’Association Canadienne des centres de santé pédiatriques souligne que bien que les événements indésirables soient presque tous involontaires et que bien que notre système de santé soit parmi les plus sécuritaires, nous pouvons apprendre des résultats de l’étude et y trouver les moyens d’améliorer la qualité normale des soins.

« Les incidents médicamenteux représentent près de la moitié de tous les événements indésirables. Il se fait beaucoup de recherche sur les moyens d’améliorer la manière dont nous administrons les médicaments à risque élevé aux enfants, résume-t-elle. La collaboration et nos travaux communs nous permettent d’établir des normes nationales et des lignes directrices qui peuvent être adoptées partout dans le système, de manière à lutter contre ces événements indésirables. »

L’étude canadienne sur les événements indésirables en soins pédiatriques a révélé qu’il se produit trois fois plus d’événements indésirables dans les hôpitaux universitaires (11,2 %) que communautaires (3,3 %). Les hôpitaux universitaires ont tendance à s’occuper d’une population plus diversifiée de patients psychiatriques, dont plusieurs présentent des conditions médicales et des besoins d’une grande complexité, ce qui peut expliquer cet écart. Les hôpitaux universitaires pratiquent également plus d’interventions chirurgicales et de procédures compliquées que les hôpitaux communautaires.

L’étude recommande, parmi les occasions d’ensemble pour réduire les préjudices, de se concentrer sur la sécurité des soins chirurgicaux, les soins intensifs et les erreurs de diagnostic; chaque organisme doit aussi  identifier ses propres difficultés en sécurité des patients et agir en conséquence. Les nouveau-nés nécessitant des soins intensifs pendant au moins une journée sont dix fois plus susceptibles de subir un événement indésirable que ceux qui n’en ont pas besoin. En chirurgie, les patients de plus de 28 jours ont deux fois plus de chances de subir un événement indésirable que ceux des soins médicaux. Bien que les événements indésirables reliés au diagnostic soient fréquents et habituellement évitables, l’étude montre que les enfants y sont plus vulnérables à partir de l’âge d’un an. Dans les hôpitaux communautaires, il faut porter plus d’attention à la salle d’urgence pour les nourrissons et dans l’unité d’obstétrique.

L’étude canadienne sur les événements indésirables en soins pédiatriques a été en partie financée par L’institut canadien pour la sécurité des patients, The Hospital for Sick Children et d’autres centres de soins pédiatriques à travers le pays. Merci à l’Association Canadienne des centres de santé pédiatriques pour leur aide et leur travail de conception du CPTT, de même que pour leur engagement soutenu envers la sécurité et la santé des enfants canadiens, www.caphc.org/patient-safety/. 

Pour plus de renseignements sur l’étude canadienne sur les événements indésirables en soins pédiatriques et d’autres études du genre, visitez le www.securitedespatients.ca. Pour visionner un court vidéo racontant l’histoire de Sabina Robin, visitez le www.YouTube.com/patientsafetycanada.