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5/20/2014 6:00 PM

​​​Dans ce numéro :

Une réflexion sur le Forum canadien sur la sécurité des patients et l’amélioration de la qualité

 

 
Forum canadien 2010 — (de gauche à droite) Rangée du haut : Jim Easton, UK National Health Service; un auditoire attentif. Rangée du bas : Steven Lewis, modérateur; Doug Cochrane, président du Conseil d’administration de l’Institut canadien pour la sécurité des patients; Hugh MacLeod, directeur général de l’Institut canadien pour la sécurité des patients; Dr Michael Leonard, conférencier invité; et l’Honorable Deb Matthews, ministre de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario.

 

Plus de 400 délégués ont assisté au 2e Forum canadien sur la sécurité des patients et l’amélioration de la qualité tenu à Toronto (ON) du 12 au 14 avril 2010. Grâce aux six conférenciers invités et à plus de 60 exposés divisés en six grands thèmes présentés au cours des séances simultanées, les délégués ont quitté le Forum gonflés à bloc et mieux informés au sujet de la sécurité des patients et la qualité des soins.

C’est la ministre ontarienne de la Santé et des Soins de longue durée, Deb Matthews, qui a donné le coup d’envoi ouvert du forum. Elle a mis l’accent sur les défis communs que pose l’amélioration de la sécurité des patients pour tous et suggéré que la démographie est un vecteur de changement sous-utilisé. La conférence du Dr William Jarvis a porté sur les conséquences des infections nosocomiales. Dans son allocution d’ouverture, Hugh MacLeod, le nouveau directeur général de l’Institut canadien pour la sécurité des patients, a décrit sa vision de la transformation de la sécurité des patients. Le volet international du Forum incarné par Jim Easton (UK National Health Services) et de Jason Leitch (Scotland National Health Service) a beaucoup intéressé les délégués. Pour sa part, le Dr Michael Leonard s’est penché sur les façons d’amener les gens à participer à l’amélioration de la sécurité des patients. Enfin, Rahaf Harfoush a prononcé une allocution des plus intéressantes sur les médias sociaux.

« Le Forum a su équilibrer l’évaluation et la constatation des choses merveilleuses qui se passent au Canada, tout en se faisant la vitrine de divers points de vue internationaux. C’est ce judicieux mélange que les délégués ont trouvé particulièrement utile, » a déclaré Christina Krause, co-présidente du Forum et directrice générale du British Columbia Quality and Patient Safety Council.  « Les exposés des conférenciers étrangers ont vraiment trouvé écho auprès des délégués du Forum qui ont pu constater le lien entre l’amélioration réelle de la sécurité et de la qualité des soins et la pérennité du système. Nous faisons certaines grandes choses à l’échelle locale et le Forum a été une occasion de célébrer nos succès partout au pays, d’échanger de l’information et d’apprendre les uns des autres. »

« La qualité des conférenciers a été l’un des points forts de l’édition 2010 et nous avons été ravis d’entendre Jim Easton et Jason Leitch présenter les mesures qui sont mises en œuvre dans d’autres pays, a ajouté Marie Owen, directrice des opérations à l’Institut canadien pour la sécurité des patients et co-présidente du comité de planification du Forum. Je pense que les participants ont très bien compris le message que nous devons nous concentrer sur la diffusion. Une fois rentrés chez eux, ils ont sûrement insisté auprès de leurs organisations pour qu’elles rehaussent d’un cran leurs efforts afin que le Canada puisse atteindre ses cibles en matière de sécurité des patients. »

Le première journée ARRÊT! Nettoyez-vous les mains au Canada (tenue le 5 mai 2010) a été lancée aussi, à l’occasion du Forum, par Wendy Nicklin, présidente d’Agrément Canada, et Anne Bialachowski, présidente de CHICA-Canada (les partenaires de l’ICSP dans ce projet). Hugh MacLeod, directeur général de l’Institut canadien pour la sécurité des patients, a invité les délégués à se joindre à ce défi planétaire. Tout en reconnaissant que l’hygiène des mains est une pratique toute simple que tout le monde peut comprendre, le partenariat a insisté sur la nécessité d’apporter des changements systémiques qui vont au-delà des habitudes de tous les jours si nous voulions vraiment faire changer les choses. Un coin a été réservé dans le kiosque consacré à l’hygiène des mains où les délégués pouvaient se réunir et discuter de leurs stratégies d’hygiène des mains et évaluer le matériel du défi ARRÊT! Nettoyez-vous les mains. L’Association des hôpitaux de l’Ontario et le Vancouver Coastal Health ont présenté les outils d’hygiène des mains qu’ils utilisent dans leurs établissements.

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Conférences principales

Les enregistrements audio de ces conférences sont affichés sur le site  www.securitedespatients.ca

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Voir les infections nosocomiales comme un problème de sécurité des patients : un défi clé

Conférence principale : Dr William Jarvis, Jason and Jarvis Associates

Le Dr William Jarvis est un spécialiste de la lutte anti-infectieuse de réputation mondiale. Il a présenté un survol des défis à relever et des stratégies à utiliser pour contrôler les infections nosocomiales au Canada et aux États-Unis.

En résumé, le Dr Jarvis a insisté sur les points suivants : 

  • Les infections nosocomiales sont fréquentes.
  • Elles ont un impact majeur sur les patients et sont une cause importante de morbidité et de mortalité. De plus, elles sont coûteuses.
  • Les programmes de prévention des infections et de lutte anti-infectieuse sont rentables.
  • La plupart des interventions de prévention des infections font appel à des technologies rudimentaires et sont peu coûteuses.
  • La mise en œuvre de mesures de prévention des infections nosocomiales fondées sur l’expérience clinique devrait venir en priorité dans tous les établissements de soins de santé.
  • Il faut mettre en œuvre des recommandations fondées sur l’expérience clinique (et non la politique) à défaut de quoi les consommateurs ou les législateurs les réclameront.
  • La prévention des infections nosocomiales est un problème essentiel de sécurité des patients.
  • La tolérance zéro doit devenir la priorité du personnel administratif en matière de lutte anti-infectieuse et d’assurance de la qualité.

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L’amélioration des soins de santé dans un monde difficile

Conférence principale : Jim Easton, UK National Health Service

Fer de lance d’un plan de réduction des dépenses de 15 milliards de £ (23 milliards $ CDN) et d’amélioration de la qualité des services à l’intention des 51 million d’habitants en Angleterre, le National Health Service (NHS) s’est engagé à relever ce défi financier tout en prenant des mesures importantes pour rehausser la qualité des soins. Pour Jim Easton, directeur national de l’amélioration et de l’efficacité, il s’agit d’une occasion de s’attaquer à des problèmes qu’on a toujours cru inattaquables – de prendre des mesures qui vont à contre-courant d’une culture profondément ancrée. Pour pouvoir offrir des soins de plus grande qualité et redessiner le système, le NHS a posé deux questions : Que feriez-vous? Si vous saviez quoi faire, comment procéderiez-vous? Voici quelques exemples de ce que le NHS fait pour améliorer l’efficacité :

  • Offrir des soins externes – afin de réduire le nombre de centres hospitaliers dont il a besoin et de gérer des affections à l’extérieur des établissements de soins de courte durée.
  • Voir la normalisation comme un problème de santé – les médecins doivent pouvoir faire preuve de pensée créative, tout en évitant de trop s’éloigner des soins et de l’équipement standard.
  • Utiliser la technologie – informer beaucoup de gens des façons dont ils peuvent utiliser la technologie pour favoriser le changement.
  • Économiser du temps – les gens sont pressés – ne veut pas nécessairement dire mieux utiliser son temps.
  • Réduire les erreurs cliniques – les patients dont les soins sont les plus coûteux sont ceux qui subissent le plus de préjudices. Examiner les soins de fin de vie.
  • Réduire le gaspillage – c’est le système lui-même qui est ruineux.

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La prochaine décennie de l’Institut canadien pour la sécurité des patients

Exposé de Hugh MacLeod, directeur général, Institut canadien pour la sécurité des patients

En tant que nouveau directeur général de l’Institut canadien pour la sécurité des patients, Hugh MacLeod a abordé un certain nombre de sujets dans son discours de bienvenue intitulé :  Un appel en faveur de l’action et, d’un leadership visionnaire et engagé.  En voici quelques-uns en survol : la réduction de la complexité, les modèles dans les relations, le pouvoir d’une question, les nouvelles conversations, les droits des patients, l’équipe, le leadership, la culture, la vérité et non le blâme, la transformation, l’imputabilité et la responsabilité et un avenir nouveau.

En résumé, Hugh MacLeod est convaincu que nous pourrions créer le système de santé le plus sécuritaire au monde si seulement nous étions prêts à changer ». Il s’est engagé à favoriser l’innovation et la créativité et à travailler en collaboration avec les gens qui sont préparés à faire bouger les choses en matière de sécurité des patients.

Si vous désirez nous faire part de vos projets d’amélioration de la sécurité des patients, n’hésitez pas à communiquer avec nous par courrier électronique à l’adresse : hmacleod@cpsi-icsp.ca.

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« Ne présumez jamais de la sécurité »

Conférence principale : Dr Michael Leonard, Pascal Metrics

Comme son titre l’indique, le Dr Michael Leonard voulait faire comprendre aux délégués qu’il ne faut jamais « présumer de la sécurité ». Voici quelques points saillants de l’exposé de 60 minutes du Dr Leonard sur la façon d’amener les gens à participer à l’amélioration de la sécurité des patients :

  • L’engagement de la haute direction est primordial. Définissez comme objectif, non pas ce qu’il faut faire, mais comment le faire. Traitez tous les intervenants avec respect; donnez-leur les outils et la latitude pour faire leur travail; sachez reconnaître le travail bien fait.
  • La culture est la clé – rendez l’apprentissage sécuritaire. Enseignez aux gens – ne mettez pas l’accent sur qui a fait quoi, mais sur la façon dont cela s’est produit.
  • Le travail d’équipe et les communications doivent être cohérents – clarifiez et simplifiez votre message et réitérez-le sans être redondants. 
  • La mise en œuvre de processus de soins fiables – facilitez et simplifiez la tâche des intervenants.
  • L’apprentissage du processus d’amélioration continue – si vous ne pouvez pas mesurer, vous ne pouvez pas améliorer. Posez trois questions – Qu’avons-nous fait correctement? Qu’avons-nous appris? Que ferons-nous différemment la prochaine fois?
  • La transparence des données – ce n’est pas tant ce que vous mesurez, mais ce que vous faites des données. Cherchez des modèles et soyez proactifs dans la communication des mesures d’amélioration. Rendez vos données publiques.

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Des leçons de qualité des soins de santé du meilleur petit pays au monde

Conférence principale : Dr Jason Leitch, Scotland National Health Service

En 2008, le gouvernement écossais a lancé un programme visant à réduire la mortalité dans tous ses établissements de soins de courte durée de 15 pour cent sur cinq ans, à diminuer de 30 pour cent la survenue des événements indésirables telle que mesurée par un outil déclencheur et à mettre sur pied une infrastructure d’amélioration de la qualité dans tout le pays afin de changer la culture dans ses hôpitaux. Pour assurer la pérennité des interventions, le NHS s’est concentré sur cinq champs de travail : les soins critiques, les salles communes, la médecine, les blocs opératoires et le leadership, et il utilise le cycle Planifier – Exécuter – Étudier – Agir (PEÉA) pour accélérer le changement. Après deux ans, le NSH  s’est donné pour cible de réduire à néant les préjudices évitables. Il a pour but de faire de l’Écosse un chef de file mondial de l’amélioration de la qualité et de le faire d’une manière dans le respect de toutes les parties concernées.

Le Dr Jason Leitch a fait un survol des leçons apprises grâce à cette initiative nationale de sécurité des patients et à son objectif d’offrir en tout temps à tous les patients des soins sécuritaires et fiables et fait les recommandations suivantes :

  • concentrez-vous inlassablement sur les données et les résultats;
  • augmentez les capacités le plus rapidement possible et utilisez les ressources des infrastructures existantes;
  • rationalisez les mesures (ne comptez pas tous les patients, utilisez un échantillon au hasard);
  • concentrez-vous sur les améliorations locales là où les patients reçoivent les soins car c’est l’échelle à laquelle les changements se produisent;
  • constituez une coalition pour orienter le projet et amener le grand public à y croire;
  • soyez conscients de l’importance critique de la voix des patients – plus particulièrement des objectifs et des mesures axées sur les patients;
  • amusez-vous!

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Oui nous l’avons fait : Réflexions et stratégies liées aux médias sociaux lors de la campagne qui a changé l’histoire
Rahaf Harfoush, spécialiste des nouveaux médias

Les médias sociaux sont des outils puissants qui sont là pour rester et qui changeront la façon dont nous interagissons. Rahaf Harfoush, membre de l’équipe des médias sociaux du Président Barack Obama, a fait un exposé inspirant et divertissant sur la façon d’appliquer certains des nouveaux outils des médias sociaux émergents pour soutenir les objectifs stratégiques d’une organisation. Elle a décrit brièvement les plateformes existantes et a donné des trucs pratiques pour repérer et saisir les occasions de créer du contenu de grande valeur.

Pour leur apprendre à utiliser les médias sociaux dans le but de faire progresser la sécurité des patients, Mme Harfoush a invité les délégués à participer à une conversation plus générale et à aborder leur plus grand défi stratégique : Quel est le plus gros problème auquel vous faites face? Quel est l’obstacle le plus important qui vous empêche d’utiliser les médias sociaux pour vous attaquer à ce problème?

« Plus j’en apprenais sur le travail de votre organisation, plus j’étais reconnaissante de savoir qu’il y a des gens qui veillent à la sécurité de notre système de santé, dit Rahaf Harfoush. J’apprécie énormément les efforts que vous faites. »

Les questions reçues portent sur des sujets aussi variés que le marketing et la logistique de la planification d’une campagne. « Mes réponses traduisent mes commentaires à des courriels, de sorte qu’elles devraient être considérées comme un point de départ ou une piste de réflexion en vue de passer à l’action, explique Mme Harfoush. En fin de compte, une campagne doit reposer sur une approche stratégique alignée sur les buts de l’organisation. De nombreux facteurs entrent en jeu, y compris la familiarité avec le milieu, les ressources, le moment choisi et le budget. Chaque projet aura son identité propre, qui reflètera le caractère unique de l’organisation.

Voici quelques conseils généraux pour vous aider à planifier vos campagnes :

  1. Ciblez précisément votre auditoire. Si vous savez qui vous voulez joindre, vous n’aurez pas de difficulté à déterminer OÙ ces gens se trouvent sur le web. Ce savoir sera le fondement de votre stratégie.
  2. Ayez un plan clair et des dates de commencement et d’achèvement bien établies. Avant même de créer votre premier élément de contenu, assurez-vous que l’équipe entière comprend à quel moment la campagne prendra fin. Cela vous aidera à vous doter d’un calendrier et à prévoir le contenu que vous afficherez et le rythme auquel vous procéderez.   
  3. Prévoyez un plan de rechange. Tout va très vite dans les médias numériques et vous devez savoir réagir rapidement, surtout lorsque survient un imprévu. Vous ne pouvez peut-être pas prévoir tout ce qui peut arriver (des commentaires désobligeants à l’absence de réactions sur le site), mais si vous avez convenu d’un processus en cas d’imprévu, vous pourrez réagir rapidement, ce qui peut sauver une campagne. 

Les questions reçues et les réponses à Rahaf ont été publiées dans la section du Forum Canadian du site Web, sous Exposés à télécharger.  Cliquer ici afin de télécharger les réponses immédiatement.

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Les leçons clés par Steven Lewis

Le modérateur Steven Lewis a résumé les leçons clés apprises pendant le Forum avec son humour et son esprit habituels :

  • Nous savons comment être en sécurité, mais nous ne savons pas l’être partout. Dans ce pays, le défi consiste à apprendre comment!
  • Nous ne pouvons pas continuer de nous illusionner et de croire que le problème réside dans la transmission du savoir et la disponibilité de l’information. On peut assez facilement trouver de l’information valable et les gens sont exceptionnellement généreux quand vient le temps de partager de l’information pour faire avancer les choses.
  • Tous les conférenciers laissent entendre que les améliorations sont trop lentes – certaines choses ne réussissent pas toujours du premier coup. Le message d’amélioration de la qualité et de sécurité des patients doit être entendu des Canadiens. Nous ne pouvons pas être complaisants et nous contenter d’avancer à pas de tortue.
  • Nous devons discuter de politiques et de mandats. Le changement n’est pas impossible et nous devons commencer à réclamer les mesures qui doivent être prises relativement aux politiques et aux mandats. Le changement a été trop lent.
  • L’autonomie clinique sans responsabilité est notre grand ennemi. Au Canada, les gens sont habitués à faire ce qu’ils veulent quand ils le veulent sans égard à l’information et à la planification.
  • Les médias sociaux sont là pour rester. Participez au dialogue et trouvez une façon d’utiliser les médias sociaux pour le bénéfice du public et des patients.
  • Les changements démographiques et technologiques ne se produiront pas aussi rapidement que cela. Utilisez la technologie comme une influence réactive mais positive pour rendre le monde meilleur.

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Séances simultanées

Au cours de ce forum de deux jours, les participants pouvaient assister à 60 exposés et choisir eux-mêmes les six séances auxquelles ils désiraient assister. Les Séances simultanées portaient sur les six thèmes suivants :

  1. l’acquisition des habiletés en sécurité et en amélioration de la qualité
  2. la prévention des infections et la lutte anti-infectieuse
  3. l’utilisation sécuritaire des médicaments
  4. les partenariats pour la sécurité des patients
  5. les leçons à tirer des événements indésirables
  6. la création d’une culture de la qualité et de la sécurité

Vous trouverez des copies des exposés sur le site Web www.securitedespatients.ca

Nous remercions toutes les personnes qui ont participé au Forum canadien sur la sécurité des patients et l’amélioration de la qualité et ont contribué à son succès!

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