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5/20/2014 6:00 PM

​​​Le programme Gouvernance efficace pour assurer la qualité et la sécurité des patients a été élaboré spécifiquement pour le secteur des soins primaires de l’Ontario. Dans le cadre de ce programme, on a donné des séances d’une journée partout dans la province plus tôt cette année. L’une de ces séances était adaptée aux communautés des Premières Nations. Elle comprenait des éléments de cérémonies traditionnelles. Le programme Gouvernance efficace pour assurer la qualité et la sécurité des patients aide les conseils d’administration à élaborer et mettre en œuvre des méthodes de gouvernance et de leadership éclairées par les données probantes et à échanger des pratiques, des ressources et des outils de gouvernance de la santé novateurs.

Pour les membres des Premières Nations, la gouvernance est indissociable d’un esprit de cérémonie et non seulement d’une responsabilité fiduciaire. De fait, l’expérience cérémoniale est le fil conducteur de leurs réunions et ils se fient sur la sagesse collective de leurs aînés d’hier et d’aujourd’hui.  Pour eux, la gouvernance est affaire de consensus; les décisions sont prises avec l’accord de tous.

Le programme Gouvernance efficace pour assurer la qualité et la sécurité des patients qui a été adapté aux Premières Nations a commencé, s’est poursuivi et s’est terminé avec des cérémonies. À leur arrivée, on a demandé aux participants, qu’ils soient membres des Premières Nations ou non, de se joindre à un grand cercle. Puis, un aîné a parlé du cercle, symbole de l’équilibre dans les cultures et les coutumes des Premières Nations. En effet, personne n’est au-dessus ni en dessous des autres. Tous sont égaux, côte à côte, assis comme une seule personne pour échanger des enseignements et des points de vue. Le caractère sacré du tabac a été expliqué et introduit au moment d’offrir des prières pour la réunion afin d’inviter les esprits à aider les participants à prendre des décisions de manière attentive et ciblée, car toute décision aura des conséquences sur sept générations. De plus, le groupe a participé à une cérémonie de purification pour dissoudre tout mal éventuellement présent, réaligner et protéger la pièce et augmenter les aspects favorables. Tout au long de la journée, une autre herbe médicinale a été utilisée, la sauge. De la sauge a été brûlée pour aider les participants à demeurer conscients de leur capacité à maîtriser leurs émotions et leur attitude et pour leur rappeler de se concentrer sur les actions à entreprendre et non sur les personnes, et ce, pour les aider à poursuivre des discussions difficiles.

Pour les membres des Premières Nations, le fait de communiquer de manière harmonieuse est honorable. Ils ne terminent jamais une réunion sans permettre à tous de s’exprimer et de contribuer à la discussion ou de partager leurs expériences. La réunion s’est terminée par une prière pour les voyageurs et une bénédiction. Les participants sont repartis avec la certitude qu’ils ont la responsabilité et l’obligation de rapporter les messages et les informations à leur communauté pour que la communauté ou la tribu comprenne davantage les décisions prises et leurs conséquences.

Ancrés dans les valeurs et les cérémonies traditionnelles les Premières Nations et sites partenaires N’Mninoeyaa (I am Fine) Aboriginal Health Access Centre (AHAC) ont une meilleure compréhension de leur obligation de guider l’amélioration de la qualité et ce que cela suppose, depuis qu’ils ont participé au programme Gouvernance efficace pour assurer la qualité et la sécurité des patients. Leur conseil d’administration prend maintenant la mesure de la performance en utilisant des documents sur l’amélioration de la qualité dans le but de faire état de ces indicateurs. Le centre N’Mninoeyaa AHAC regroupe sept communautés des Premières Nations situées au nord du lac Huron, de Sudbury à Sault Ste. Marie, ainsi que le Indian Friendship Centre, situé à Sault Ste. Marie.

« Après la séance, l’un des membres de notre conseil a dit qu’il n’a jamais su qu’il était responsable ni quelles questions il devait poser, dit Rober Boyer II, du N’Mninoeyaa Aboriginal Health Access Centre. Le membre ne voulait pas outrepasser les limites entre la gouvernance et les opérations. Il a appris à poser des questions de manière efficace et sécuritaire. Les cas étudiés étaient très utiles pour rendre le contenu plus réel et pertinent. »

Pour l’une des séances, Roger Pilon, un infirmier praticien qui enseigne à l’École des sciences infirmières de l’Université de Sudbury, a élaboré une étude de cas qui aborde la sécurité des patients du point de vue communautaire. Le scénario présente un membre d’une Première Nation qui se rend à un hôpital local, est examiné et reçoit un nouveau diagnostic de maladie chronique. La personne est hospitalisée, reçoit des traitements et des médicaments, puis reçoit son congé.

L’étude de cas démontre qu’il y a souvent un fossé entre l’hôpital et la communauté et que cela expose les patients à des risques. À son congé, le patient a reçu la consigne de faire faire des analyses de laboratoire afin de mesurer sa réponse au traitement. Mais, on ne lui a pas fourni beaucoup de renseignements sur la façon de s’assurer d’un suivi. Le patient n’avait ni connaissance du système de santé afin de faire faire les analyses ni prestataire de soins de santé dans la communauté.

« De nombreux participants avaient eu une expérience similaire, mais n’avaient pas songé à leur responsabilité par rapport à ces problèmes dans la communauté, dit Roger Pilon. Le fait d’utiliser des situations ou des cas les plus réalistes possible rend l’expérience plus réaliste aussi. L’étude de cas a généré de bonnes discussions et renforcé le sentiment que les dirigeants des communautés et les établissements de soins doivent travailler de concert pour élaborer des politiques localement pour prévenir ce type d’événements. »

« Quand on siège à un conseil, notre rôle est plus général. Il s’agit de fournir une supervision générale plutôt que de participer à la gestion quotidienne, ajoute M. Pilon. Le programme sur la gouvernance efficace aide les personnes qui sont membres d’un conseil d’administration à mieux comprendre ce qu’on attend d’eux dans leur rôle de gouvernance. »

« Notre conseil a maintenant des discussions importantes sur les méthodes LEAN et l’amélioration de la qualité comme stratégie de l’organisation et non comme un simple programme, dit Rober Boyer II. Quand on observe les exemples au Canada et dans la province, on peut maintenant se demander ce que l’on peut apprendre des expériences des autres. Notre conseil et notre personnel comprennent que la qualité est l’affaire de tous. »

Pour plus de renseignements sur le programme Gouvernance efficace pour assurer la qualité et la sécurité des patients, visitez www.securitedespatients.ca