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5/20/2014 6:00 PM

​​Le programme de pharmacie de l’Université de Toronto est l’un des cinq sites à avoir participé à un projet pilote visant à cartographier les Compétences en matière de sécurité de l’Institut canadien pour la sécurité des patients en l’appliquant à son programme de cours, afin de définir un ensemble de compétences interprofessionnelles de base, exigées de tout le personnel soignant dans la prestation de soins sécuritaires pour le patient. Ce projet pilote comprenait cinq facultés de pharmacie, quatre facultés de médecine et quatre facultés de sciences infirmières de collèges et d’universités partout au pays.

L’Université de Toronto souhaitait muer son programme pratique de baccalauréat ès sciences en pharmacie (BScPhm) en un programme de doctorat en pharmacie (PharmD) permettant de faire passer leur fréquentation traditionnelle de huit à douze étudiants à pas moins de 240 PharmaD. Le Dr Olavo Fernandes a été désigné comme Coordonnateur de l’équipe de sécurité des patients pour aider à mener à bien le projet de cartographie pour la faculté de pharmacie de l’Université de Toronto.

Il y a environ trois ans, il s’est lancé dans un travail ardu d’harmonisation des  six domaines de compétences de sécurité pour tout le programme de pharmacie et pour chacune les années de formation (première année, deuxième année, troisième année et quatrième année), ainsi que pour toutes ces années conjointement, afin d’assurer une communication optimale et la coordination des divers individus prodiguant la formation et la manière dont ils dispensent les compétences de sécurité par l’intermédiaire d’un certain nombre de moyens d’enseignement, comme les cours, la formation expérientielle et les laboratoires de pratique professionnelle.

Monsieur Fernandes a d’abord lancé son projet de cartographie en rencontrant chacun des coordonnateurs de cours (il y en a une dizaine pour chaque année de formation) pour les former aux compétences de sécurité et pour examiner leurs plans de cours afin de déterminer si certaines des compétences habilitantes y étaient déjà incorporées ou si elles pouvaient l’être à l’avenir.

« Cela s’est avéré être une excellente occasion d’examiner l’ensemble du programme pour voir comment se faisait la formation en sécurité des patients et comment cela répondait aux compétences de sécurité », relate le Dr Fernandes, directeur clinique du secteur pharmacie au University Health Network et professeur adjoint à la faculté de la pharmacie Leslie Dan  de l’Université de Toronto « En cartographiant nos programmes en fonction des compétences de sécurité, nous avons pu vraiment comprendre et regarder nos forces et plus important encore, comprendre quelles étaient nos lacunes, pour que nous puissions les corriger apprendre de l’expérience des autres facultés partout au pays. »

Le Dr Fernandes rapporte que l’un des avantages de la participation au programme de cartographie a été d’apprendre des façons novatrices d’enseigner et d’apprendre des expériences des autres. Cela a également renforcé le dialogue et les liens entre les écoles à l’échelle nationale, ce qui a facilité l’émergence d’un réseau de champions qui peuvent discuter et se partager les meilleures pratiques.

Le projet pilote de cartographie a permis d’apprendre que, collectivement, toutes les facultés (pharmacie, médecine et soins infirmiers) avaient des lacunes dans le domaine 6, qui exige que l’on reconnaisse, relève et divulgue les événements indésirables. C’est pourquoi l’Université de Toronto a incorporé un atelier sur la divulgation des événements indésirables et sur les pratiques exemplaires dans l’un de ses cours de deuxième année. En outre, on a mis sur pied un atelier interprofessionnel optionnel d’une demi-journée sur la sécurité médicamenteuse auquel les étudiants en soins infirmiers, en médecine et en pharmacie peuvent assister de concert se pour renseigner sur la divulgation des événements indésirables.

« Le programme de cours cherche à faire beaucoup de choses et on essaie d’y caser énormément d’information, admet monsieur Fernandes. À l’avenir, en intégrant proactivement des compétences clés en sécurité des patients dans les examens d’accréditation obligatoires, on augmentera les chances que ces connaissances soient durablement intégrées. Avec l’exercice de cartographie, les facultés qui passent elles-mêmes par un processus d’accréditation ont maintenant de meilleurs moyens de présenter leur propre analyse sur la manière dont elles répondent aux exigences et de démontrer qu’elles livrent réellement des compétences de sécurité aux étudiants et aux praticiens. »

Le logiciel de cartographie ne retrace pas seulement les compétences de sécurité; il offre également la capacité de faire le correspondre les programmes d’études à une variété de normes d’accréditation professionnelles, de résultats scolaires et de compétences nationales. En pharmacie, le logiciel permet d’effectuer des cartographies distinctes pour les résultats de l’enseignement de l’Association des facultés de pharmacie du Canada et pour les programmes d’admission à la profession de pharmacien.

« Le logiciel de cartographie de l’ICSP est un outil génial en ce sens que nous pouvons maintenant faire tout cela de façon beaucoup plus systématique, souligne monsieur Fernandes. Il facilite la production de plusieurs rapports, comme la cartographie des cours en fonction à la fois des  compétences interprofessionnelles et des compétences de sécurité. »

« La cartographie permet une auto-analyse significative pour comprendre les lacunes et les points forts dans la livraison des compétences et connaissances ainsi que, dans une certaine mesure, pour favoriser des attitudes de sécurité des patients et une proposer une approche structurée pour comprendre ce que vous devez faire pour l’améliorer », estime-t-il.

La prochaine étape, pour monsieur Fernandes, consistera à déterminer quelles compétences sont incorporées et appliquées en pratique. Selon lui, établir quels sont les domaines cruciaux dont l’enseignement est essentiel dans les facultés nous oblige à réfléchir à ce que l’on fait dans la vie réelle, plutôt que sur ce que l’on fait en théorie.​