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5/20/2014 6:00 PM

​​​Cet article est le troisième d'une série en trois parties sur la façon dont le Programme d'éducation en sécurité des patients — Canada (PESP – Canada) contribue à faire progresser la culture de sécurité des patients à l’hôpital Bridgepoint Health à Toronto, en Ontario. Voici une occasion d’apprendre comment les participants et leurs projets de travail ont contribué à la sécurité des patients.

Bridgepoint Health utilise le modèle du PESP – Canada, axé sur la formation des formateurs, pour réorganiser son approche à l’égard de l'éducation en sécurité des patients. À l’aide du cadre du PESP – Canada, Bridgepoint Health a créé son programme d'éducation en sécurité des patients pour aider les participants à en apprendre davantage sur les thèmes suivants : l'application des facteurs humains sur les lieux de travail, les méthodes scientifiques pour améliorer la sécurité, la culture organisationnelle et le traitement du changement, la compréhension du travail en équipe, aller au-delà du blâme vers un mode de pensée systémique, enseigner la sécurité des patients aux autres et la mise en œuvre d’initiatives en sécurité des patients qui se traduisent par des améliorations. Au cours du programme, les participants ont travaillé en équipe pour appliquer ce qu’ils ont appris à un projet de travail. Voici les faits saillants de quatre de ces projets et l'impact du programme sur l'amélioration de la sécurité des patients sur la ligne de front.

Aborder les problèmes de sécurité et de qualité

En respectant la politique sans retenue de Bridgepoint, une équipe s'est penchée sur l'utilisation de transpondeurs pour des patients souffrant de changements dans le comportement tels que l’errance ou le risque de désorientation et de se perdre. L'équipe a réévalué la documentation et ses processus et politiques actuels, et a réfléchi sur le profil des clients qui auraient besoin d’un transpondeur. Ils ont ensuite élaboré des critères pour évaluer l’accès à un transpondeur et validé la nécessité du dispositif de retenue pour le client. Il en a résulté un arbre de décision/ordinogramme, des études de cas, une mnémonique facile à retenir pour le personnel, et du contenu de formation pour donner des indications sur ce qu'il faut rechercher lors de l'évaluation du client et ce qu’il faut faire une fois que la décision est prise concernant l’utilisation d’un transpondeur.

Selon Richard Kellowan, un ergothérapeute de l'équipe, le programme PESP – Canada a ouvert une avenue pour discuter plus librement avec le personnel de première ligne. « Le programme offre une plate-forme structurée pour identifier et traiter la sécurité et la qualité, sans la stigmatisation associée au fait d'être un « dénonciateur », explique Kellowan. « Lors de la déclaration d'un risque ou d’un problème, on doit être assez à l'aise pour s’exprimer et impliquer les autres pour connaître leur point de vue. Essentiellement, ça facilite la tâche d’aborder les questions de sécurité et de qualité sans préjugés, et il n'y a pas de blâme attribué pour les problèmes soulevés. »

Les points de vue différents offrent des leçons

Selon Patricia Ruiz-Skol, directrice des soins aux patients, le cycle Planifier-Exécuter-Étudier-Agir (PEÉA) est un outil pratique et utile, produisant des résultats concrets et illustrant l’impact sur le comportement. Son équipe a utilisé le cycle PEÉA dans son unité pour créer un protocole et des lignes directrices claires à suivre lorsqu’un patient a besoin d'un transpondeur. Une approche interprofessionnelle a apporté aux membres de l’équipe des connaissances et de l'expérience provenant de sources différentes et selon elle, tous ont partagé ce qu’ils ont appris entre eux.

« Le programme m'a aidé à être plus consciente de la sécurité des patients et de son importance et du rôle que chacun joue », indique Ruiz-Skol. « Nous sommes mieux organisés, informés et sensibilisés afin d’être toujours vigilants et aux aguets de tout ce qui pourrait nuire au patient, en vue de pouvoir intervenir et corriger ce qui ne va pas. Le signalement des incidents évités de justesse reflète une nouvelle façon de penser et ce programme a renforcé le fait que la sécurité des patients est une priorité et qu’il ne faut pas hésiter à signaler ou à identifier des problèmes qui affectent la sécurité des patients. »

Effectuer des changements favorisant la sécurité des patients

Dans un environnement dynamique tel que les cliniques hospitalières et de soins externes des programmes de neuroréadaptation, l'équipe s'est concentrée sur les renseignements jugés importants par rapport au transfert vers les services de consultation externe. Grâce à des entrevues et à un sondage auprès du personnel, l’équipe a déterminé quelles informations étaient souvent manquantes ou non inscrites sur le formulaire de référence. Ce projet visait à déterminer si le ministère des Transports (MTO) avait été prévenu du fait que l'état du patient pouvait affecter sa capacité à conduire (dans quel cas son permis de conduire serait apte à être suspendu). On a trouvé que les patients se rendaient parfois à leurs rendez-vous en conduisant et que le personnel des cliniques externes ne savait pas si une lettre avait été envoyée au MTO, si le permis du patient avait été suspendu, si on en avait discuté durant leur hospitalisation, ou même si c’était sécuritaire pour le patient de prendre le volant.

« Nous voulions savoir si une discussion avait eu lieu à l'unité afin de pouvoir mieux informer nos patients concernant leur propre sécurité et la sécurité des autres sur les routes », indique Sandy Duncan, ergothérapeute.

D'abord, ils ont dû déterminer qui discutait de quoi avec les patients et si l'information au dossier était difficile à trouver. Le processus mis en œuvre prévoit maintenant une discussion lors de la réunion du patient à l'admission en milieu hospitalier, en présence de sa famille et de l'équipe entière, et documentée d'une manière très claire pour que tout le monde sache si une lettre avait été envoyée au MTO. Les commis de l'unité et le personnel de soutien administratif ont reçu des instructions concernant l’endroit où déposer des copies de la lettre envoyée et le formulaire de référence a été mis à jour avec l'ajout d'une case à cocher si la question n'avait pas encore été discutée avec le patient.

« Le Programme d'éducation en sécurité des patients de Bridgepoint a justifié les changements que nous avons faits et avoir un programme et des outils soutenant le projet a réellement contribué à le faire avancer », dit Duncan. « Souvent, on sent qu’on ne peut rien faire qui puisse produire des changements, mais ce programme a changé ma façon d'aborder les choses. Je sais que je peux effectuer des changements et que c’est important pour la sécurité des patients. »

Exprimez-vous! Tout le monde a un rôle à jouer dans la sécurité des patients

Dans son rôle de spécialiste en éducation interprofessionnelle, Elizabeth Hanna sait que c’est extrêmement utile lorsque des gens à différents niveaux de l'établissement apprennent ensemble. Selon elle le PESP-Canada est un programme bien conçu où l'interaction est prioritaire et de plus, le programme offre un bon équilibre entre l'enseignement didactique, le travail en petits groupes et les projets basés sur le travail.

L'équipe d'Elizabeth a mis l'accent sur le transfert de renseignements concernant les clients qui ont eu des blessures à la tête pour que le ministère des Transports puisse être averti. « Il y avait de la confusion entourant le processus tant pour le personnel que pour les patients », explique Hanna. Le groupe a effectué une évaluation des besoins et une enquête avant de concevoir et de mettre en œuvre un outil, mais a reconnu qu'il fallait aller plus loin; ils continuent donc à faire des contrôles de dossiers afin de vérifier que le nouveau processus fonctionne bien.

« Ce qui a m’a marqué, c’est que dans ce programme, il est question à la fois de leadership et de sécurité des patients et il faut s’exprimer », dit Hanna. « Il ne faut pas penser que c'est à quelqu'un d'autre de soulever un problème qui touche la sécurité des patients, si petit soit-il. Le programme met l'accent sur le leadership, la façon dont nous gérons un projet, la participation des intervenants et comment nous gérons le changement. Tous ces éléments vont ensemble et sont des aspects importants des changements durables. »

Cliquez ici pour consulter le premier article de cette série en trois parties sur la façon dont Bridgepoint Health a personnalisé le Programme d'éducation en sécurité des patients — Canada (PESP – Canada) pour faire progresser la sécurité des patients dans l’établissement. Cliquez ici pour accéder au second article de cette série en trois parties, qui traite des points de vue des participants et offre un aperçu de leurs projets de travail.

Pour en savoir plus sur le programme PESP - Canada offert par l’Institut canadien pour la sécurité des patients, cliquez ici.