
Témoignages
Vignette: tallahassee memorial
Le directeur général de l’Hôpital Tallahassee Memorial, Duncan Moore, a appris que le ratio normalisé de mortalité hospitalière (RNMH) de son établissement était de 30 pour cent plus élevé que la moyenne nationale. Moore a alors annoncé un nouveau but en matière de qualité : améliorer le RNMH de 30 % pendant la première phase, établir des repères de rendement pendant la deuxième phase et, par la suite, tendre vers la perfection – éliminer les décès inutiles. La première tâche de l’Hôpital Tallahassee Memorial consistait à comprendre les patterns des décès. Il s’est acquitté de cette tâche en prenant les données dans les dossiers de patients et en les insérant dans un tableau de mortalité 2x2, tel qu’il est illustré ci-dessous.
- Case 1 : Patients admis pour des soins de confort seulement et admis à l’unité de soins intensifs dès l’admission, mais que l’on s’attendait tout à fait à voir mourir.
- Case 2 : Patients admis pour des soins de confort seulement et admis dans une unité de soins ordinaires comme premier arrêt dans l’hôpital.
- Case 3 : Patients en phase critique non admis pour des soins de confort et qui ont été admis à l’unité de soins intensifs comme premier arrêt dans l’hôpital.
- Case 4 : Patients admis à l’hôpital pour des soins autres que des soins de confort, dont l’état s’est détérioré et qui sont morts par la suite.
| Tableau de mortalité 2x2 |
| |
Admis aux soins intensifs |
Non admis aux soins intensifs |
| Admis pour soins de confort seulement |
Case 1 3 % (Fourchette 0-14 %) |
Case 2 13, 3 % (Fourchette 0-40 %) |
| Non admis pour soins de confort |
Case 3 40, 6 % (Fourchette 16-64 %) |
Case 4 43, 2 % (Fourchette 18-64 %) |
Les cases 1 et 2 ne contiennent pas de décès inutiles, mais fournissent des données sur la façon d’améliorer les services de soins palliatifs et de soins de confort. La case 3 contient quelques des décès inutiles, par exemple des décès de patients qui développent des complications à la suite de soins critiques, comme une pneumonie sous ventilation assistée ou des infections des voies hématogènes associées aux cathéters centraux. Bien que ces complications consécutives à des soins critiques aient été jugées inévitables, un certain nombre d’hôpitaux ont réussi à éliminer en grande partie, car elles représentent des erreurs évitables. Les décès inutiles sont aussi courants dans la case 4 et sont généralement associés à des patients dont l’état s’est détérioré, ce qui constitue des indicateurs importants des caractéristiques culturelles et organisationnelles qui déterminent la grande efficacité et la résilience. Par exemple, ces patterns pourraient avoir été attribuables au défaut de réagir et de prodiguer des soins à un patient dont l’état se détériore ou au défaut de plusieurs médecins d’élaborer un plan de soins coordonné. Le travail fait dans le domaine des mesures du RNMH à l’Hôpital Tallahassee Memorial a démontré que l’utilisation d’indicateurs importants, par exemple si un patient est vivant ou mort après avoir séjourné à l’hôpital, est liée à des facteurs à l’échelle du système, comme les communications, le niveau de dotation en personnel, la planification des soins en fin de vie et l’organisation de l’unité de soins intensifs.
Adaptation de Reinertsen et Schellekens, 2005, 10 Powerful Ideas for Improving Patient Care, pgs. 18-21.